Variations de salinité chez la cyanobactérie toxique d'eau douce Microcystis aeruginosa dans un contexte de transfert en milieu estuarien : réponses physiologiques et métaboliques
| Auteur / Autrice : | Maxime Georges des Aulnois |
| Direction : | Zouher Amzil, Myriam Bormans |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biologie des organismes |
| Date : | Soutenance le 10/12/2019 |
| Etablissement(s) : | Nantes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la mer et du littoral (Plouzané) |
| Partenaire(s) de recherche : | COMUE : Université Bretagne Loire (2016-2019) |
| Laboratoire : Laboratoire phycotoxines IFREMER (Nantes ; 20..-2021) | |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Delavault |
| Examinateurs / Examinatrices : Claudia Wiegand | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-François Humbert, Christophe Six | |
| DOI : | 10.70675/47f850cdz4e07z4be1z994fz3e832490b63a |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Les efflorescences de Microcystis aeruginosa se développent sur l’ensemble des continents et leurs intensités et fréquences devraient s’accroître avec le changement climatique. Ces proliférations sont associées à la production de toxines appartenant à la famille des microcystines. Dans ce contexte, l’aire de répartition de M. aeruginosa tend à s’étendre aux zones estuariennes. Sa présence ainsi que celles des microcystines en zone côtière est principalement due au transfert des efflorescences d’eau douce par le continuum eau douce – estuaire. Ce transfert peut aboutir à la lyse des cellules libérant les microcystines dans l’environnement. Le risque sanitaire lié au transfert de M. aeruginosa et les conséquences d’une augmentation de la salinité sur sa croissance, sa production de microcystines et plus généralement sur sa physiologie ont été peu étudiés. L’objectif principal de cette thèse a été d’étudier les réponses physiologiques et métaboliques de M. aeruginosa à une augmentation de salinité. Cette étude a tout d’abord permis le développement d’une méthode d’extraction et d’analyse des microcystines par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse pour l’analyse d’échantillons de cellules et d’eau, prélevés en milieu salin. La réponse physiologique de M. aeruginosa confrontée à une augmentation de la salinité a été étudiée chez deux souches (PCC 7820 et PCC 7806) par stress et après acclimatation à la salinité. Ces travaux ont mis en évidence que M. aeruginosa peut tolérer des variations de salinité par l’accumulation de solutés compatibles tels que le tréhalose (PCC 7820) et le saccharose (PCC 7806). Les analyses conduites en métabolomique ont révélé l’existence d’une diversité de métabolites spécifiques d’une réponse à une augmentation de salinité. Chez les souches acclimatées, l’accumulation de lipides membranaires (monogalactosylglycerol) a été mise en évidence. Également, la production de microcystines est apparue corrélée au taux de croissance de M. aeruginosa en réponse à une augmentation de la salinité. Ces travaux suggèrent que les variations de salinité chez M. aeruginosa n’affectent pas directement la nature et la quantité des microcystines produites. Ces analyses menées sur des échantillons naturels et en laboratoire suggèrent que les cellules peuvent survivre et croître en condition mésohaline.