Les mères et la maternité dans les œuvres de George Eliot et d'Elizabeth Gaskell

par Aude Petit Marquis

Thèse de doctorat en Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes

Sous la direction de Georges Letissier.

Le président du jury était Nathalie Jaëck.

Le jury était composé de Nathalie Vanfasse, Pierre Carboni, Fabienne Gaspari.


  • Résumé

    A l’époque victorienne, plus qu’une expérience singulière et une réalité biologique et sociale, la maternité est un mythe, au sens barthésien du terme. Ce mythe est le produit d’une discursivité en mouvement, sans cesse renouvelée et renforcée par de nouveaux discours à son sujet, issus de domaines aussi divers que la médecine, les sciences sociales ou la littérature. En même temps qu’il s’élabore, ce mythe perd instantanément sa dimension de construction historique car il tire sa légitimité d’une vision essentialiste du corps de la femme ; ce qui rend sa remise en cause particulièrement difficile, si ce n’est en termes d’écarts pathologiques par rapport à la norme. La vision de la maternité qui prend forme dans ces discours est donc une construction idéologique et idéalisée, fondée sur le mode de vie des classes bourgeoises mais érigée en tant que norme à suivre par toutes les femmes. Mais est-ce bien la norme? Cet idéal se veut uniforme et universel (l’est-il vraiment?), malgré un décalage certain avec la réalité plurielle de la maternité à l’époque victorienne. Cette thèse a pour objet d’explorer la manière dont George Eliot et Elizabeth Gaskell mettent en mots le thème de la maternité et interrogent les discours qui définissent l’idéal maternel victorien dans les oeuvres suivantes : « Lizzie Leigh », Ruth et Wives and Daughters pour Elizabeth Gaskell ; Adam Bede, Silas Marner et Daniel Deronda pour George Eliot. Un examen attentif de ces oeuvres permet de mettre en lumière la manière dont ces deux auteurs s’emparent du thème de la maternité afin d’exprimer leur point de vue sur la question du rôle et de la place de la femme et de la mère dans la société victorienne. Leurs représentations de la banalité du quotidien domestique de ces mères servent également des intentions esthétiques et stylistiques. Plus qu’une simple thématique, la maternité est pensée comme le fondement d’une poétique féminine que l’on peut qualifier de « maternelle ».

  • Titre traduit

    Mothers and motherhood in the works of George Eliot and Elizabeth Gaskell


  • Résumé

    In the Victorian age, more than a personal experience or a social and biological reality, motherhood is a myth, as Roland Barthes defines it. This myth originates from the various types of ongoing discourses from different domains such as medicine, social sciences and literature that give shape to it. Despite the fact that motherhood, as a myth, is a historical construct, since it is produced by topical discourses, essentialist readings of the female body tend to naturalize this myth. This leads to transforming it into a stable and universal reality, so that it becomes difficult to question it, other than in terms of pathological differences, as compared to the norm. This vision of motherhood which stems from these discourses is both an ideological and an idealised construct, based on the middle classes’ way of life, but presented as the norm to follow for every woman. But is it really the norm? This ideal is said to be unvarying and universal (but is it?), despite its undeniable remoteness from the many singular experiences of motherhood in the Victorian age. This thesis aims at exploring how George Eliot and Elizabeth Gaskell write about motherhood and question the Victorian maternal ideal in the following works: “Lizzie Leigh”, Ruth and Wives and Daughters for Elizabeth Gaskell; Adam Bede, Silas Marner and Daniel Deronda for George Eliot. Close readings of their works reveal how these two female writers address the theme of motherhood to voice their own viewpoints concerning the role and place of women and mothers in the Victorian society. The way they write about the humdrum daily routine of these mothers also serves aesthetic and stylistic purposes. More than as mere topic of interest, motherhood is perceived as being the basis of what can be called a maternal writing style.


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