Combattre de loin chez les Romains et leurs adversaires : des réalités du combat aux représentations culturelles (Ier siècle av. J.-C. - IIIe siècle apr. J.-C.)

par Benoît Lefebvre

Thèse de doctorat en HISTOIRE spécialité Histoire ancienne

Sous la direction de Agnès Berenger et de Catherine Wolff.

Le président du jury était Pierre Cosme.

Le jury était composé de Michael P. Speidel.

Les rapporteurs étaient François Cadiou.


  • Résumé

    Il est commun d’affirmer que les Romains valorisaient le combat au corps-à-corps et méprisaient le combat de loin. Toutefois, les armes de jet (flèches, balles de fronde, javelots, pierres) ont joué un rôle important dans la guerre antique.Depuis plusieurs décennies, l’histoire militaire se penche sur d’autres thématiques comme le corps combattant, l’expérience du combat ou encore le rapport entre la guerre et la culture d’une société. Cet intérêt suscite de nombreuses interrogations et fonde de nouvelles pistes de réflexion. C’est pourquoi nous appliquons ces thématiques de recherche à l’étude du combat de loin dans la guerre antique à l’époque romaine (Ier siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.).Les Romains avaient recours aux projectiles dans diverses circonstances, contre différents ennemis et plus fréquemment qu’on ne le pensait. La puissance des armées romaines reposait en partie sur leur capacité à intégrer des tactiques et des armements de différents peuples. Cette intégration fut à l’origine d’une évolution de l'art de la guerre mais aussi des réflexions romaines autour de celle-ci.Notre analyse se fonde en partie sur une approche culturelle de l’histoire militaire et plus précisément sur les rapports qui unissent pratiques militaires et représentations culturelles. En effet, les représentations ont pu influencer les pratiques (par exemple, les tactiques et les manières de combattre) mais l'inverse est tout aussi vrai. L'étude de ces rapports nous aide à comprendre toute la complexité de la guerre romaine.Ces recherches visent à remettre en question certaines idées reçues. Premièrement, l’aspect de la bataille romaine, l’armement et l’équipement des unités et des combattants étaient en réalité beaucoup plus variés. Les sources montrent notamment que l’utilisation des projectiles se diffuse au sein des armées romaines pendant notre période. Deuxièmement, les représentations de ces armes et des combattants qui les utilisent ne se réduisent pas à un discours négatif hérité des Grecs. En effet, les Romains ont à plusieurs reprises valorisé les projectiles, et les archers, frondeurs et lanceurs de javelots ont su trouver leur place dans l’art de la guerre romain et plus généralement antique.

  • Titre traduit

    Fighting with long range weapons among the Romans and their opponents : from military realities to cultural representations (1st century BC - AD 3rd century)


  • Résumé

    It’s a commonplace to say that Romans valued hand-to-hand fighting and despised long range fighting. However, throwing weapons (arrows, slingshots, javelins, hand-thrown stones), played a key role in Ancient warfare.Military history has been interesting in other topics for several decades : fighting bodies, combat experience and relationships between war and culture. This interest raises numerous questions and opens new fields of research. That’s why we apply theses topics to a study of throwing weapons in ancient warfare in Roman times (1st century BC - AD 3rd century).However, Romans fought different enemies with long range weapons in several circumstances and more frequently than we usually thought. Roman armies’ power was partially based on their ability of borrowing tactics and weapons from different peoples. This progressive integration led to an evolution of the Roman art of war and the Roman discourses on it.Our analysis partially focuses on a cultural approach to the history of warfare and relationships between military practices and cultural representations. To some extent, representations could affect military practices (for example, tactics and fighting ways) but the opposite was true. Studying these relationships helps us to understand all the complexity of Roman warfare.These researchs aim at challenging some common misconceptions. Firstly, the ‘face’ of Roman battle, weapons and equipment of units and soldiers were far more varied than we thought. Sources prove especially that the use of throwing weapons during our period spreads among Roman armies. Secondly, the representations Romans had of these weapons and their users are not limited to a negative discourse borrowed from the Greeks. Indeed, Romans many times valued throwing weapons, and bowmen, slingers and javelin throwers could find their place in Roman warfare and more generally in Ancient warfare.


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