Three Essays on the Biological Hypothesis in Evolutionary Cliometrics

par Pierre Leviaux

Thèse de doctorat en Sciences Economiques

Sous la direction de Antoine Parent.

Soutenue le 02-12-2019

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques et gestion (Lyon) , en partenariat avec Laboratoire Aménagement Économie Transports (LAET) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Annie Louise Cot.

Le jury était composé de Philippe Solal, Alan Kirman, Véronique Dutraive.

Les rapporteurs étaient Geoffrey Martin Hodgson, Andrea Roventini.

  • Titre traduit

    Trois essais sur l'hypothèse biologique en cliométrie évolutionnaire


  • Résumé

    Historiquement, les échanges entre biologie et économie ont été fréquents et ont bien souvent suscité d’importantes controverses. Plus précisément, de nombreux chercheurs en sciences sociales, qu’ils soient économistes ou qu’ils exercent leur activité dans d’autres disciplines, ont régulièrement exprimé des réserves, des réticences et parfois même une forme d’aversion vis-à-vis de certaines formes d’échanges entre économie et biologie. Ces échanges se sont produits à travers différents canaux et selon différentes modalités. Ils ne se sont pas limités à de simples analogies ou métaphores. Cette thèse s'intéresse à deux formes distinctes d’importation de la biologie dans l’économie qui ont été particulièrement problématiques. La première consiste en l’explication de phénomènes économiques, que ceux-ci se manifestent au niveau micro-économique ou macro-économique, par des variables biologiques. Les travaux cliométriques de R. W. Fogel d’une part, et de Q. Ashraf et O. Galor d’autre part, dont les approches empiriques de la croissance économique reposent respectivement sur un réductionnisme physiologique et sur un réductionnisme génétique, illustrent cette première tendance, et constituent l’objet d’étude des deux premiers chapitres de cette thèse. Parallèlement à ce recours à des formes de réductionnisme biologique plus ou moins motivé, qui se produit principalement dans l’énonciation de théories économiques cherchant à fournir des fondements biologiques à la structure et au fonctionnement des systèmes économiques, un second recours à la biologie a également suscité d’importances controverses. Ce second usage de la biologie a pris la forme bien connue de la métaphore de la sélection naturelle. Alors que le réductionnisme biologique s’exprime principalement dans la dimension structuro-fonctionnelle des systèmes économiques, le recours à la métaphore de la sélection naturelle concerne quant à lui la dimension évolutive de ces mêmes systèmes. Le troisième chapitre de cette thèse est ainsi consacré à l’étude critique des conditions permettant l’extension des principes darwiniens de variation, de sélection et d’hérédité à la compréhension de la dynamique évolutive des systèmes économiques. A travers l’étude des enjeux à la fois méthodologiques et épistémologiques que ces deux grands types de recours à la biologie soulèvent, cette thèse vise à permettre de renouveler les échanges entre ces deux disciplines sous une forme qui échappe à la fois aux écueils d’un recours parfois naïf au réductionnisme biologique et à ceux d’un transfert trop audacieux des principes de l’évolution biologique dans le champ de l’évolution sociale et économique. Les développements proposés semblent au contraire inviter les économistes intéressés par le dialogue entre biologie et économie à se prémunir à la fois contre la tentation d’un réductionnisme biologisant et contre les multiples facettes d’un évolutionnisme naturalisant, qui ne constituent finalement que les deux faces d’une même pièce : celle de la négation du caractère profondément politique des objets sociaux et économiques et de la restriction arbitraire et néfaste du « champ des possibles » propre aux systèmes économiques et sociaux.


  • Résumé

    Historically, exchanges between biology and economics have been frequent and have often caused considerable controversy. More specifically, many social scientists, whether economists or conducting academic research in other disciplines, have regularly expressed reservations, reluctance and sometimes even a form of aversion toward certain forms of exchange between economics and biology. These exchanges between these two disciplines have occurred through different channels and in different ways. As this dissertation explains, they were not limited to mere analogies or metaphors. Indeed, two distinct forms of imports from biology into economics have been particularly problematic. The first is the explanation of economic phenomena, whether the latter take place at the micro-economic or macro-economic level, by biological variables. The cliometric approaches of RW Fogel on the one hand, and of Q. Ashraf and O. Galor on the other, whose empirical studies of the determinants of economic growth are respectively based on physiological reductionism and on genetic reductionism, illustrate this first trend, and constitute the subject matter of the first two chapters of this thesis. Along with the use of more or less motivated forms of biological reductionism, which occurs mainly in the formulation of economic theories that seek to provide a biological basis for the structure and functioning of economic systems, a second recourse to biology has also been used, and also aroused important controversies. This second use of biology in economics took the well-known form of the metaphor of natural selection. While biological reductionism mainly occurs in studies related to the structuro-functional dimension of economic systems, the use of the metaphor of natural selection obviously concerns the evolutionary dimension of these same systems. The third chapter of this thesis is therefore devoted to the study of the conditions that allows for the extension of the three Darwinian principles of variation, selection and inheritance to the understanding of the evolutionary dynamics of economic systems. Through the study of both some methodological and epistemological stakes that these two major types of recourse to biology raise, this thesis aims to allow for a renewal of the exchanges between these two disciplines in a form that eschews both the pitfalls of a sometimes naive recourse to biological reductionism and of an excessively daring transfer of the principles of biological evolution into the field of social and economic evolution. On the contrary, it seems necessary for economists interested in a fruitful dialogue between biology and economics to be able to guard against both the temptation of a biologizing reductionism and the many facets of a naturalizing evolutionism, which finally turn out to be the two sides of the coin: that of the negation of the deeply political nature of social and economic objects and of the arbitrary and harmful restriction of the "field of possibilities" which characterizes economic and social systems.

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