Mobilities, Translocal Economies and Emotional Modernity : from the factory to digital platforms between China and Taïwan

par Beatrice Zani

Thèse de doctorat en Sociologie, démographie

Soutenue le 03-12-2019

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Triangle, action, discours, pensée politique et économique (Lyon) (équipe de recherche) , Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de Triangle : action- discours- pensée politique et économique / TRIANGLE (laboratoire) .

Le président du jury était Michel Lallement.

Les rapporteurs étaient Anne Raulin, Isabelle Thireau.

  • Titre traduit

    Mobilités, économies translocales et modernité émotionnelle : de l’usine aux plateformes digitales, entre la Chine et Taiwan


  • Résumé

    Sur des routes secondaires, caché dans une valise, invisible aux contrôles frontaliers, un soutien-gorge orange fluorescent produit dans une usine textile dans la Chine du Sud traverse le Détroit et arrive à Taïwan. Là-bas il se promène et circule, sur des plateformes translocales physiques et digitales, et revient à son lieu de production en Chine. L’investigation des mouvements de cet objet revient à interroger les parcours sociaux et émotionnels de ses productrices : des jeunes travailleuses qui s’engagent d’abord dans une migration de travail des campagnes aux villes en Chine, et ensuite dans une migration par mariage à Taïwan. Les parcours sui generis de ce soutien-gorge illustrent les mobilités des femmes, qui franchissent plusieurs barrières sociales, économiques et morales, en traversant les frontières de régimes normatifs hiérarchiques, inégalitaires et rigides.Ma recherche analyse les stratégies translocales et créatives que ces femmes développent, au niveau physique et virtuel, pour « défaire » une condition de subalternité expérimentée tout au long des mobilités. Au sein du microcosme hyperlocal de leurs vies quotidiennes, les femmes contestent les marchés, produisent du désordre et redéfinissent une modernité émotionnelle. A travers une pluralité de pratiques matérielles et immatérielles, virtuelles et émotionnelles, les migrantes chinoises font face aux hiérarchies et inégalités locales et globales afin de « prendre leur place » dans des nouveaux espaces glocaux.L’entrepreneuriat transnational, sous la forme d’un petit capitalisme émotionnel, soutient les repositionnements de ces femmes. Navigant entre production globale et consommation locale, les femmes chinoises produisent des économies multipolaires qui connectent les espaces multiples physiques et digitaux de leurs migrations. La cartographie des mouvements labyrinthiques et bifurqués, au niveau social, économique et émotionnel, des objets commercialisés démontre la convergence hybride et syncrétique entre les logiques du marché et les pratiques hyperlocales.Sur le plan théorique, épistémologique et méthodologique, ce travail contribue à une sociologie économique globale, à une sociologie des émotions, et à une sociologie des migrations transnationales.Ce travail vise à repenser et reconsidérer les mouvements et mobilités des objets, sujets et émotions dans le cadre complexe d’une dialectique entre le domaine local et global, physique et virtuel, matériel et émotionnel. Le petit capitalisme émotionnel translocal des femmes, généré à travers les réseaux sociaux et développé dans les routes secondaires, constitue la substance mutable, malléable et polyédrique de la mondialisation. Dans cette perspective, les routes secondaires, parcours et chemins des économies glocales peuvent traverser, fusionner et se mélanger aux routes principales des marchés globaux. La mondialisation peut ainsi émerger de ces sections hyperlocales sociales, économiques et émotionnelles, toutes interconnectées à la fois.


  • Résumé

    On the backroads, hidden inside a suitcase, invisible to border controls, an orange, fluorescent bra made in a textile factory in Southern China crosses the Strait and arrives to Taiwan. There, it wanders and circulates, on translocal physical and digital platforms, and it moves back to its place of production in China. Questioning the movements of this object implies interrogating the social and emotional patterns of its producers: young female workers who engage into rural-to-urban labor migration in China first, and marriage-migration to Taiwan later. The sui generis path of this bra illustrates women’s mobilities, which cross several social, economic and moral barriers, circulating through the borders of hierarchical, inegalitarian and rigid normative regimes.My research investigates the translocal, creative strategies these women develop, on a physical and virtual level, to “undo” a condition of subalternity experienced all along mobilities. Inside the hyper local microcosmos of their daily translocal lives, women contest markets, produce disorder and re-define an emotional modernity. Through a plurality of material and immaterial, virtual and emotional practices, Chinese migrant women cope with local and global hierarchies and inequalities to “take their place” inside new glocal spaces.Transnational entrepreneurship, under the form of an emotional petit capitalism, sustains women’s social, economic and emotional re-positioning. Setting sails through global production and local consumption, Chinese women produce multipolar economies which connect the multiple physical and digital spaces of their migrations. The cartography of the social, economic and emotional labyrinthic and bifurcated movements of the commercialised objects demonstrates the hybrid and syncretic convergence between the logics of the market and hyperlocal practices.Theoretically, epistemologically and methodologically, this work contributes to a global economic sociology, to a sociology of emotions, and to a sociology of transnational migrations.This works seeks to rethink and reconsider the movements and mobilities of objects, subjects and emotions within the complex frame of a dialectic between the local and the global, the physical and virtual, the material and the emotional. Women’s translocal emotional petit capitalism, generated through social networks and developed on the backroads, constitutes the mutable, malleable and polyhedral substance of globalisation. In that respect, the backroads, trails and paths of glocal economies can cross, merge and mix with the main roads of global markets. Globalisation can thus emerge inside these social, economic and emotional hyperlocal sections, all at once interconnected.


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