Du manuscrit à l'imprimé : la révolution du livre à Lyon (1470-1520)

par Jean-Benoit Krumenacker

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Louis Gaulin et de Dominique Varry.

Soutenue le 26-01-2019

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (Lyon) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Laurence Moulinier.

Le jury était composé de Anne-Marie Turcan-Verkerk.

Les rapporteurs étaient Cristina Dondi, Neil Anthony Hariis.


  • Résumé

    Une quinzaine d’années après la bible à 42 lignes de Gutenberg, l’imprimerie s’installe à Lyon dans le tout début des années 1470. Alors que cette nouvelle industrie va révolutionner la modernité occidentale, notre travail vise à décrire le monde du livre à Lyon entre 1470 et 1520 et à en révéler les transformations.La première partie s’intéresse aux bibliothèques lyonnaises et, en premier lieu, à celles des églises de la ville même si les archives conservent surtout des données sur les bibliothèques de la primatiale Saint-Jean et de la collégiale Saint-Just. Le livre est un objet indispensable au culte et à l’instruction des clercs, aussi les chapitres veillent à leur entretien et nomment des officiers responsables de leurs fonds. Certaines églises lyonnaises ont également la spécificité d’hériter de collections extrêmement anciennes. En second lieu, les bibliothèques privées des Lyonnais permettent d’analyser des collections bien moins stables et où les évolutions sont plus rapides. Le livre y est un objet lié à la profession de son possesseur et souvent considéré comme faisant partie du patrimoine familial. Les descriptions de ces livres permettent d’analyser leurscaractéristiques matérielles ainsi que le regard posé sur eux par leurs contemporains et leurs évolutions. L’arrivée de l’imprimerie y est particulièrement remarquable.La seconde partie se penche sur la production lyonnaise. La création de manuscrits ne disparaît pas avec l’imprimerie et connaît, au contraire, un âge d’or avec une production enluminée par des ateliers lyonnais. La production imprimée présente en parallèle un développement important malgré plusieurs crises rapidement surmontées. Son modèle économique est très supérieur à celui du manuscrit mais aussi très différent de celui-ci. Un nouveau secteurprofessionnel apparaît et s’organise donc à Lyon. Cette nouvelle industrie s’adapte particulièrement à la situation de la ville marquée entre autres par la présence de foires d’envergure européenne. Celles-ci font de Lyon le troisième plus grand centre de production de livres en Europe vers 1500 après Paris et Venise alors même que la ville, sans université ni coursouveraine, s’était retrouvée en marge de cette activité depuis l’époque carolingienne. Ces évolutions entraînent également des transformations de l’objet livre. Enfin l’importance de la production permet également de mettre en lumière des pratiques sociales de la société lyonnaise de cette époque à travers l’analyse statistique de certains usages.Ce travail a donc cherché à décrire le livre et ses évolutions de façon globale dans la société lyonnaise de la fin du Moyen Âge et du début de l’époque moderne, depuis sa production jusqu’à son utilisation et sa conservation. Nous avons étudié le livre dans ses aspects techniques, économiques, financiers, sociaux, intellectuels, culturels et symboliques ainsi que les nombreux êtres humains – chanoines, imprimeurs, éditeurs, copistes, bibliophiles, intellectuels… – qui lui sont liés.

  • Titre traduit

    From manuscript to printed book : the revolution of the book in Lyons (1470-1520)


  • Résumé

    About fifteen years after the Gutenberg Bible, printing moved to Lyons in the early 1470s. While this new industry will revolutionize Western modernity, our work aims to describe the world of books in Lyons between 1470 and 1520 and to reveal its transformations.The first part focuses on Lyons libraries and primarily those of the city churches even if the archives mainly hold data on the cathedral and Saint-Just collegiate church libraries. The book is an indispensable object for the worship and education of clerics, so the canons chapters look after their maintenance and appoint officers responsible for their collections. Some churches in Lyons also have the specificity of inheriting extremely ancient collections. Secondly, Lyons private libraries allow the analysis of collections which are much less stable and have a quicker evolution. The book is an object related to the profession of its owner and often considered as part of the family legacy. The descriptions of these books also allow to analyse their material characteristics as well as the look put on them by their contemporaries and their evolutions. Thearrival of printing is particularly remarkable.The second part deals with Lyons production. The creation of manuscripts does not disappear with printing and knows, on the contrary, a golden age with an illuminated production by Lyons workshops. At the same time, the print production presents a significant development despite several crises quickly overcome. Its economic model is much higher than the manuscript’s but also very different. A new professional sector appears and is organized in Lyons. This new industry is particularly adapted to the situation of the city marked, among other things, by the presence of fairs of European stature which allow, around 1500, Lyons to become the third largest book production centre after Paris and Venice although the city, without university or sovereign court, had been on the fringe of this activity since the Carolingian era. These evolutions also lead to transformations of the book as an object. At last, the importance of the production also highlights social practices of Lyons society of that time through the statistical analysis of certain uses.This work has therefore sought to describe the book and its evolution in a global way in Lyons society of the late Middle Ages and the beginning of the modern era, from its production to its use and conservation. We studied the book in its technical, economic, financial, social, intellectual, cultural and symbolic aspects as well as the numerous human beings - canons,printers, publishers, copyists, bibliophiles, intellectuals ... - who are linked to it.

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