Essays on Labor Market Effets of Unemployment Insurance Design

par Hélène Benghalem

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Francis Kramarz et de Pierre Cahuc.

Le président du jury était Rafael Lalive.

Le jury était composé de Francis Kramarz, Pierre Cahuc, François Fontaine, Xavier Joutard, Arne Uhlendorff.

Les rapporteurs étaient François Fontaine, Xavier Joutard.

  • Titre traduit

    Essais sur les effets des règles d'assurance chômage sur le marché du travail


  • Résumé

    Ma thèse étudie comment le design de l’assurance chômage peut affecter le comportement des demandeurs d’emploi et des employeurs. Dans mon premier chapitre de thèse, nous évaluons l’impact de la taxation des contrats de très courte durée. L’Unédic a introduit en 2013 une majoration des contributions patronales à l’assurance chômage. Afin de limiter l’insécurité et la segmentation sur le marché du travail, plusieurs pays européens ont également décidé de taxer les CDD. Afin d’analyser ce problème, nous avons développé un modèle expliquant le choix de l’employeur entre CDD et CDI, ainsi que la durée des CDD. L’estimation structurelle du modèle permet alors d’étudier les effets de la taxation de contrats inférieurs à 30 jours. Nous trouvons deux effets contraires. D’un côté, les employeurs préfèrent créer des contrats de 30 jours plutôt que des contrats juste en dessous de 30 jours. D’un autre côté, la taxe réduit la durée de tous les contrats plus éloignés du seuil de 30 jours. Ce dernier phénomène pèse de façon importante sur la durée moyenne des contrats, car les créations de contrats très courts sont très nombreuses. Nos résultats montrent en particulier que la taxation des contrats courts augmente le chômage et diminue le bien-être des chômeurs. Dans le second chapitre, j’étudie le design du régime des intermittents du spectacle. En particulier, je mesure l’effet du seuil d’éligibilité sur l’offre de travail des intermittents. Entre 2003 et 2016, les intermittents devaient travailler 507 heures sur les 10 derniers mois pour être éligibles aux indemnités chômage. Ce seuil de 507 heures induit des comportements stratégiques qui peuvent être coûteux pour l’assurance chômage. Pour les intermittents juste en dessous de 507 heures, une légère augmentation du nombre d’heures travaillées implique une augmentation de 60% de leurs revenus grâce aux allocations chômage. Je montre que les individus optimisent en se positionnant juste au-dessus du seuil créant un saut observable dans la distribution étudiée et un trou en-dessous du seuil. Je développe un modèle sans friction a la Kleven et Waseem (2013). Je trouve une élasticité structurelle comprise entre 0.26 et 0.28. Enfin, je détermine l’impact de ce comportement stratégique sur le déficit de l’assurance chômage. Le coût induit est non négligeable puisqu’il représente 27% du déficit annuel. Dans le troisième chapitre, j’examine si les individus comprennent le lien qui existe entre les contributions sociales qu’ils paient et leurs allocations futures. Si les individus comprennent ce lien, les contributions sociales auront moins le caractère d’une taxe, limitant ainsi leurs effets désincitatifs sur l’offre de travail. Pour analyser ce problème, j’explore la discontinuité créée par la période de référence dans les règles d’éligibilité à l’assurance chômage. Intuitivement, lorsqu’un individu s’inscrit à l’assurance chômage, seules les heures incluses dans la période de référence seront utilisées pour déterminer son droit à l’indemnisation. Si les individus ont conscience du lien contribution-allocation, ils ont une forte incitation à faire plus d’heures pendant la période de référence. Pour illustrer ce propos, j’étudie le comportement des intermittents du spectacle. Depuis 2016, les intermittents doivent travailler 507 heures sur une période de référence de 12 derniers mois pour être éligibles aux indemnités chômage. Cette règle implique qu’un an après leur entrée sur le marché de travail, la période de référence va se décaler excluant certaines heures de travail dans le calcul de l’éligibilité. Je montre qu’afin d’éviter cela, un grand nombre d’intermittents atteignent les 507 heures nécessaires à l’éligibilité un an après leur entrée sur le marché du travail, créant un saut observable dans la distribution étudiée. Je développe un modèle dynamique sans friction expliquant le choix de la date d’éligibilité à l’assurance chômage et trouve une élasticité structurelle de 0.52.


  • Résumé

    In my dissertation, I explore several features of UI design in order to shed some light on the impact of UI design on behaviors. Chapter 1 analyzes the consequences of the taxation of temporary jobs of short duration recently introduced in several European countries to induce firms to create more open-ended contracts. In 2013, France introduced a tax equal to 3 percent of gross wages for temporary contracts shorter than one month, and equal to 1.5 percent for those from 1 to 3 months. To evaluate this reform, we provide and estimate a job search and matching. The model is consistent with European legal rules and assumes that employers must remunerate workers until the termination date of their contract. Our results suggest that the taxation of temporary contracts has a negative impact on the labor market of low wage workers. First, it reduces the mean duration of jobs. Second, the tax decreases job creation, increases unemployment and reduces the welfare of unemployed workers. Hence, the taxation of temporary contracts does not achieve its main objective, which is to reduce labor turnover. Chapter 2 takes interest in the eligibility notch of the very disputed arts workers’ UI system in France. For decades, French people working in the arts and entertainment have a special Unemployment Insurance system, designed to protect them in between jobs and offering them the time for creativity. Arts workers can qualify for a period of 8 months of unemployment benefits if they have been working at least 507 hours over the last 10 months (i.e. 13 hours a week). This eligibility notch may trigger moral-hazard behavior, by generating strong incentive to increase labor supply to ensure eligibility. I document that arts workers indeed respond to the eligibility notch. We observe a higher proportion of arts workers on the eligible side of the notch point and at the same time, a hole on the non-eligible side of the notch point. Next, I develop a simple model to estimate hours-of-work elasticities using the bunching approach developed by Kleven and Waseem (2013). My results suggest that arts workers are responsive to the scheme with a structural elasticity of 0.28 for artists and 0.26 for technicians. The impact of this strategic behavior on UI accounts is quantitatively very large. I find that strategic bunching worsens UI deficit by 267 million euros per year, i.e. 27% of the annual deficit. Chapter 3 takes interest in the tax-benefit link. If individuals understand that an increase in taxation in their current earnings may represent an increase in future benefits, financial contributions to Social Security could have less of the character of a tax and the resulting work disincentives could be mitigated. In this case, individuals should respond to the effective tax rate, that incorporates the present value of future benefits. The aim of this chapter is to determine the causal effect of the effective tax rate on labor supply. Using a bunching approach, this paper exploits the “base period” rule. In most UI systems, workers must meet requirements for wages earned or hours worked to be eligible to benefits. These requirements must be fulfilled over a specified period of time prior to the claim referred to as a “base period”. The base period defines the time span over which labor supply contributes to future benefits. If individuals claim UB once the maximum duration of the base period is reached, they will face a higher effective tax rate. Using a rich administrative database on French arts workers, my results suggest that arts workers respond to the incentives created by the base-period rule. We observe a higher proportion of arts workers who manage to be eligible before the maximum duration of the base period rather than after. I then develop a dynamic model where individuals can choose optimally when to claim benefits. I estimate that the elasticity equals 0.52 and is statistically significant.


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