La compagnie de Fractus V (Eastman / Sidi Larbi Cherkaoui) comme foyer de régénération pour les interprètes : récit écologique et micropolitique d'un travail de terrain mené au fil de la création et de la tournée d’une création chorégraphique (2015-2018)

par Martin Givors

Thèse de doctorat en Lettres et arts spécialité Arts du spectacle

Sous la direction de Gretchen Schiller.

Le président du jury était Philippe Guisgand.

Le jury était composé de Julie Sermon, Sarah Andrieu.

Les rapporteurs étaient Philippe Guisgand, Isabelle Ginot.


  • Résumé

    Cette recherche s’élabore depuis un travail de terrain mené avec les artistes du spectacle Fractus V (Cie Eastman / choré. Sidi Larbi Cherkaoui) entre juin 2015 et mai 2018. Au fil du récit de cette traversée, de Barcelone à Anvers puis sur les routes d’Europe, une réflexion s’articule progressivement autour de l’interrogation suivante : dans quelle mesure le processus de création et la tournée du spectacle constituent-ils des expériences régénératrices pour les interprètes qui s’y engagent ? Rite de passage à bien des titres, Fractus V repose sur un désir de renouvellement et d’entre’fertilisation (« cross-fertilization ») partagé par neuf interprètes de cultures chorégraphiques et musicales différentes : les danseurs Sidi Larbi Cherkaoui, Dimitri Jourde, Johnny Lloyd, Fabian Thomé Duten et Patrick ‘Twoface’ Williams Seebacher ; les musiciens Soumik Datta, Kaspy N’Dia, Woojae Park et Shogo Yoshii. Leur modus operandi consiste d’abord en deux gestes : les interprètes s’apprennent les uns les autres des danses et s’essaient ensemble à des écritures collectives. Non sans difficultés, la compagnie naissante esquisse peu à peu les contours d’une micropolitique de création embrassant la nécessité de la fabrique d’un commun tout autant que l’inévitable processus de différenciation des interprètes entre eux. Comment les corps parviennent-ils à diffracter les apprentissages ? À faire « à leur manière » sans faire séparément ? À former une compagnie, voire un chœur polyphonique, plutôt qu’un assemblage d’altérités ? C’est à l’étude des pistes de réponse travaillées par les artistes, ainsi qu’à leurs évolutions dans le temps, que se dédie cette thèse. À cette fin, elle élabore une approche ethnographique, écologique et micropolitique des trajectoires et transformations des interprètes en mobilisant les anthropologies des lignes et des modes de Tim Ingold et de François Laplantine, les micropolitiques affectives de Brian Massumi et de Frédéric Lordon, la philosophie ontogénétique de Gilbert Simondon, ainsi que les études poïétiques en danse contemporaine. C’est aux côtés de cette assemblée d’artistes et de penseurs que se formule, au gré de récits et de réflexions théoriques, une pensée de la régénération comme principe d’une micropolitique écologique de l’être en devenir à l’œuvre au sein d’un processus de création chorégraphique collaboratif.

  • Titre traduit

    The Fractus V’s company (Eastman / Sidi Larbi Cherkaoui)as a regenerative habitat for the performers : an ecological and micropolitical approach of fieldwork moving with and between the rehearsals and touring processes of choreography (2015-2018)


  • Résumé

    This research developed from fieldwork conducted with the performers of the choreographic worked entitled “Fractus V” by the Eastman/Sidi Larbi company between June 2015 and May 2018. The narrative that unfolds from this fieldwork between Barcelona and Antwerp and thereafter along many roads of Europe revolves around the following questions: To what extent does the choreographic process and the tour of the performance constitute regenerative experiences for the performers involved? How are rites of passage understood? “Fractus V” is motivated by a choreographer’s desire for a renewal and cross-fertilizations shared by nine performers of different choreographic and musical cultures. The dancers include Sidi Larbi, Dimitri Jourde, Johnny Lloyd, Fabian Thomé Duten and Patrick ' Twoface ' Williams Seebacher; and musicians Soumik Datta, Kaspy N’Dia, Woojae Park and Shogo Yoshii. Their modus operandi is twofold: the performers learn each others’ dances and then try together to devise collectively. Not without difficulties, the nascent company gradually sketches out the contours of a creative policy embracing the necessity of “commoning” and differentiation. The thesis asks how do you create a polyphonic company respecting one’s idiosyncratic way of moving while not merely creating an assemblage of difference amongst each other? This thesis includes interviews conducted with the performers, as they evolve over the duration of rehearsals and touring. To this end, it develops an ethnographic, ecological and micropolitical approach analyzing the trajectories and transformations of the performers with Tim Ingold’s and François Laplantine’s anthropological approaches, the philosophy of affect of Brian Massumi and Frédéric Lordon, the ontogenetic philosophy of Gilbert Simondon, as well as the poetic studies in contemporary dance. The combination of the “Fractus V” fieldwork and the theoretical discourse mentioned above both contribute to the notion that the regenerative underpins the performer’s ecological approach of becoming through and with collaborative choreographic devising.


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