Vocational training and industrial relations in France and Germany

par Clément Brébion

Thèse de doctorat en Analyse et polique économiques

Sous la direction de Philippe Askenazy et de Christine Erhel.

Le président du jury était Yannick L'Horty.

Le jury était composé de Yannick L'Horty, Lutz Bellmann, Andrew Clark, Héloïse Petit.

  • Titre traduit

    Formation professionnelle et relations professionnelles en France et en Allemagne


  • Résumé

    Cette thèse de doctorat est un recueil de trois essais en économie du travail. Ils analysent de manière comparative des institutions centrales des économies française et allemande. Les chapitres estiment successivement l'ampleur des discriminations à l'égard des représentants du personnel, l'effet de l'apprentissage sur l'insertion professionnelle et l'impact des subventions offertes pour développer ce type de formation. Les principaux résultats sont analysés à la fois du point de vue de la France et de l'Allemagne et offrent des conclusions sur les récentes évolutions institutionnelles des deux pays.Le premier chapitre de cette thèse analyse les trajectoires salariales des représentants du personnel allemands. Cette étude apporte un nouvel éclairage sur le fonctionnement de la négociation dans ce pays. Nous montrons qu'il existe en Allemagne une discrimination stratégique à l'égard des représentants du personnel. Dans le secteur manufacturier, les salariés élus au comité d’entreprise bénéficient d’un surplus de revenus du fait de leur statut. Inversement, dans le secteur des services, la prise de fonction a un effet négatif sur les salaires. Dans les deux secteurs, l'ampleur de ces impacts sur l’évolution annuelle des salaires est d’ 1 à 2 points de pourcentage. Nous montrons en outre que ce sont les représentants syndiqués et politiquement impliqués qui reçoivent la majeure partie de la prime (négative ou positive) dans les deux secteurs. Pour eux, l'ampleur de l'impact est proche de 3 pp. Ces résultats mettent en évidence une détérioration de la qualité de la coopération entre partenaires sociaux dans le pays.Le chapitre 2 compare l’effet des études en apprentissage sur l’insertion professionnelle, en France et en Allemagne, entre 1998 et 2013. Il montre que, dans les deux pays, les apprentis réussissent mieux en sortie d’études secondaires ou supérieures que les étudiants de la voie scolaire standard. Cela est vrai tant à court qu'à moyen terme. En termes de taux de chômage l’année suivant la sortie d’études, le bénéfice est environ 6.75 p.p. plus fort en France qu’en Allemagne. L’analyse causale fournit les résultats principaux. Nous montrons que l’apprentissage favorise les élèves en difficulté scolaire qui quittent l'école à la fin de leurs études secondaires en France. Ce n’est pas le cas en Allemagne. L'explication de ce résultat est double. Tout d'abord, les étudiants de la voie scolaire standard en Allemagne réussissent bien mieux que leurs homologues français. Ensuite, le départ de l’entreprise de formation suite à l’obtention d’un diplôme en apprentissage est près de deux fois plus fréquent en France. Les apprentis non conservés bénéficient cependant du bon signal de leur diplôme sur le marché externe, ce qui n'est pas le cas de leurs homologues allemands. Enfin, à la sortie du supérieur, dans les deux pays, l’apprentissage n’améliore pas l’insertion professionnelle.Le chapitre 3 évalue l'impact d'une importante subvention - l'Indemnité Compensatrice Forfaitaire - offerte aux employeurs d'apprentis en France et qui a été régionalisée entre 2005 et 2014. Au moment de sa régionalisation, elle représentait un quart des dépenses publiques consacrées à l'apprentissage. L'analyse montre que la subvention favorise les stratégies de rotation de la main d’œuvre. Ainsi, on mesure une élasticité limitée mais significativement négative du nombre d'apprentis embauchés aux coûts de formation. Sa valeur est de -0,22. Toutefois, l'impact se fait surtout sentir au niveau de la marge intensive (les entreprises formatrices accueillant davantage d'apprentis) plutôt qu'au niveau de la marge extensive (de nouvelles entreprises qui commenceraient à former). Cela suggère qu’en réponse à une hausse de la prime à l’embauche, les entreprises formeraient au-dessus de leurs besoins en compétences.


  • Résumé

    This PhD thesis is a collection of three essays in labour economics. In a comparative fashion, they analyse key institutions of the French and German political economies. The chapters successively estimate the size of discrimination towards works councilors, the effect of apprenticeship training on labour integration and the impact of subsidies offered to develop this form of training. The main results are analysed from both the perspectives of France and Germany and present conclusions on the recent institutional trajectories of the two countries.The first chapter of this PhD thesis proposes an analysis of wage trajectories of German works councilors. This outcome, I claim, offers a good way to analyse the functioning of bargaining in the country. I find proofs that some strategic discrimination towards works councilors takes place in Germany. In the manufacturing sector, being elected to the works council causes a rise in labour income. Conversely, in the private service sectors, entering office negatively impacts wages. In both sectors, the size of these impacts on yearly pay rise is of about 1 to 2 pp. I further show that unionized and politically inclined councilors receive most of the (negative or positive) premium in both sectors. For them, the size of the impact is close to 3 pp. These results emphasize a decline in the quality of cooperation in the countryChapter 2 compares how well apprenticeship training helps open the door to the labour market in France and Germany between 1998 and 2013. It shows that, on average, apprentices do better in both countries than standard students upon completion of secondary or higher education. This is true both on the short- and medium-run. In terms of the unemployment rate in the year after education, the difference between the two countries is equivalent to about 6.75 pp more for France. Turning to causal claims, I find that apprenticeships advantage low school achievers leaving school upon completion of secondary education in France. The opposite applies in Germany. Explanation for this result is twofold. First, standard students (i.e. the control group) in Germany do much better than their counterparts in France. Second, mobility upon graduation is about double in France but non-retained graduates still benefit from the good signal of their diploma on the external market which is not the case of their German counterparts. I finally find no causal impact of the track on the integration of student’s exiting school after higher education. Chapter 3 evaluates the impact of a large hiring credit – the Indemnité Compensatrice Forfaitaire – offered to employers of apprentices in France and which got regionalized between 2005 and 2014. At the time of its regionalization, it accounted for about a quarter of all public money spent on apprenticeships. The analysis shows that the subsidy fosters turnover strategies. Thus, I find a limited but significantly negative elasticity of the number of apprentices hired to training costs. The point estimate is -0.22. The impact however mostly plays at the intensive margin (training firms taking on more apprentices) rather than at the extensive margin (new firms entering the system). This suggests that training firms may respond to subsidies by training over their needs in skills. Confirming this interpretation, I find that the elasticity of mobility upon graduation to training cost is negative and equal to -0.40.


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