Au croisement des regards. Ancrage territorial, mobilités et négociations identitaires : le cas des Samaritains de Holon (Israël) et de Kiryat Lûza (Palestine)

par Fanny Urien

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Sossie Andezian et de Enric Porqueres i Gené.

Le président du jury était Erwan Dianteill.

Le jury était composé de Erwan Dianteill, William Berthomière, Isabelle Rivoal, Emma Aubin-Boltanski, Christian Décobert.

Les rapporteurs étaient William Berthomière, Isabelle Rivoal.


  • Résumé

    Cette thèse explore les modalités d’articulation entre citoyenneté double, appartenance religieuse et revendications particularistes observées dans le processus de formation de la communauté samaritaine. Proches du judaïsme par la religion mais dont ils se démarquent, à la fois citoyens palestiniens et israéliens mais dont ils se distinguent, les Samaritains, qui constituent une minorité ethno-confessionnelle installée en Israël et en Palestine, manipulent leurs frontières identitaires pour s’ajuster à leur environnement, siège d’un conflit qui dure depuis des décennies. L’examen des reconfigurations territoriales, administratives et politiques depuis la fin du XIXe siècle et la façon dont elles ont induit des déplacements multiformes (géographiques, sociaux, identitaires) pour les Samaritains donne un éclairage sur la manière dont celles-ci affectent leur géographie sociale et symbolique. Par le biais d’un mouvement de va-et-vient volontaire entre les matériaux historiques (textes de voyageurs, rapports d’explorations scientifiques, archives, recensements) et les données recueillies lors de l’enquête ethnographique, cette recherche met en perspective les effets de la production d’un « mythe orientaliste » dans les différentes phases de réajustement – d’ouverture et de fermeture – des frontières de la communauté. Elle s’attachera à analyser comment la construction d’un particularisme samaritain joue un rôle décisif dans le processus d’attribution d’un statut social (économique, de prestige) et administratif (citoyenneté).Au croisement des approches anthropologique et épistémologique, mon ambition est d’approfondir la réflexion sur les formes d’ « authentification savantes » (Ciarcia, 2003) des traditions samaritaines par le regard extérieur et leur réappropriation indigène, imbriquée aux enjeux sociaux et politiques. Ainsi, des écrits littéraires et scientifiques (dans le champ de l’anthropologie physique, de la génétique, de l’histoire et de la philologie) allant du XIXe au milieu du XXe siècle sont mobilisés dans des contextes touristiques et patrimoniaux par différentes catégories d’acteurs. L’analyse des discours prononcés par les représentants samaritains en contexte touristique permet d’appréhender l’investissement local de ces images – et leur circulation – dans les pratiques de valorisation du patrimoine et de resacralisation du lieu saint, le mont Garizim. Dès lors, celui-ci apparaît comme le point de repère symbolique et le support identitaire sur lequel sont projetés des imaginaires collectifs, communautaires, nationaux et transnationaux. Du traitement des modalités d’inclusion des Samaritains aux sociétés israélienne et palestinienne à l’utilisation de la religion comme ressource culturelle en passant par la mobilisation d’un regard orientaliste, cette thèse propose une approche originale du cas samaritain mettant l’accent sur l’articulation entre enracinement et mobilités.

  • Titre traduit

    At the crossroads of looks. Territorial roots, mobility and identity negotiations : the case of the Samaritans of Holon (Israel) and Kiryat Lûza (Palestine)


  • Résumé

    This thesis explores the relation between dual citizenship, religious affiliation and particularist claims observed in the formation process of the Samaritan community. Close to Judaism through religion but from which they stand out, citizens of either Palestine and Israel – where they live as an ethno-confessional minority – from whom they differentiate themselves, the Samaritans adjust their identity according to their environment, the theatre of a decades long conflict. The study of territorial, administrative and political reconfigurations since the late 19th century and how they led to multifaceted movements (geographical, social, identity) among Samaritans, sheds light on how they affect social and symbolic borders. Deliberately alternating between historical material (travellers' texts, scientific exploration reports, archives, censuses) and the data collected during the ethnographic survey, this research puts into perspective the production of an "orientalist myth" and its role in the various phases of readjustment – opening and closing – of the community's borders. It will analyse how the construction of Samaritan particularism played a key part in the process of granting social (economic, prestige) and administrative (citizenship) status, and helps to establish social and symbolic boundaries. At a crossroads between anthropological and epistemological approaches, my ambition is to go further into the forms of "scholarly authentication" (Ciarcia, 2003) of Samaritan traditions from an external perspective as well as their indigenous re-appropriation, intertwined with social and political issues. Thus, literary and scientific writings (in the field of physical anthropology, genetics, history and philology) from the 19th to the mid-20th century are put to use in a context of tourism and heritage according to categories of participants. The analysis of the speeches delivered by Samaritan representatives in a tourism context makes it possible to understand the local investment of these images – and their circulation – in order to highlight local heritage and re sacralise a place of worship, Mount Garizim. For it became the symbolic landmark and the identity bedrock to both national and transnational groups and communities. From the inclusion process of Samaritans in Israeli and Palestinian societies to the use of religion as a cultural resource and the mobilisation of an orientalist perspective, this thesis offers an unusual approach to the Samaritan case, emphasizing the balance between rooting and mobility.


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