Optimal unemployment insurance and on-the-job behaviours

par Laura Khoury

Thèse de doctorat en Analyse et politique économiques

Sous la direction de Luc Behaghel.

Soutenue le 26-09-2019

à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) .

Le président du jury était Camille Landais.

Le jury était composé de Camille Landais, Andrea Weber, Antoine Bozio, Thomas Le Barbanchon.

Les rapporteurs étaient Camille Landais, Andrea Weber.

  • Titre traduit

    Assurance chômage optimale et comportements en emploi


  • Résumé

    Les assurances sociales sont une composante importante de l’État-Providence dansles pays développés. Elles ont été mises en place pour répondre au double objectifd’améliorer l’efficacité, dans un contexte où l’information n’est pas disponible pourtoutes les parties, et d’accroître l’équité en mutualisant les coûts de l’assurance entreles différents types de risques. Si ce principe de mutualisation fait généralementconsensus, la question du niveau optimal d’assurance qui doit être fourni est aucentre du débat politique et scientifique. Cette thèse s’intéresse à la question dela conception optimale de l’assurance chômage, en prenant en compte l’influencedes paramètres de l’assurance chômage sur le comportement des entreprises et destravailleurs avant, pendant ou après le chômage. Ce travail contribue à la littératurede trois façons : i) il attire l’attention sur les interactions entre l’assurance chômageet les comportements en emploi, là où l’accent a surtout été mis sur la réaction desdemandeurs d’emploi aux paramètres de l’assurance chômage pendant l’épisode dechômage ; ii) grâce à de riches données administratives, il révèle empiriquementl’existence et les coûts potentiels de telles réactions comportementales ; iii) il testela validité empirique des arguments théoriques généralement mis en avant commemotifs d’intervention publique sur le marché de l’assurance chômage, notamment lasélection adverse et les défauts d’optimisation individuelle.Le chapitre 1 évalue l’effet d’un programme d’assurance chômage qui permet àcertains demandeurs d’emploi de choisir entre des prestations faibles pendant unelongue période ou des prestations plus élevées pendant une courte période. Noustirons avantage du fait, peu commun dans les régimes d’assurance chômage mandatésà l’échelle nationale, de pouvoir observer un choix entre plusieurs régimes d’assurancepour en comprendre les déterminants et les conséquences. En nous appuyant surun riche ensemble de variables, nous documentons l’existence de sélection adverseet nous relions le choix d’allocations plus élevées à des caractéristiques observablesgénéralement associées à une aversion au risque plus faible ou à une impatience plusforte. Nos résultats révèlent également un aléa moral marqué, qui se traduit pardes épisodes de chômage plus longs pour les demandeurs d’emploi qui optent pourdes prestations plus importantes. Cet impact négatif est encore plus fort pour lesdemandeurs d’emploi avec un risque de chômage initial élevé.Le chapitre 2 montre qu’une augmentation discontinue du niveau des allocations hômage à un seuil d’ancienneté conduit à une planification stratégique de la date dulicenciement économique, afin de maximiser le surplus issu de la fin de contrat. Nousutilisons la méthode dite du bunching pour quantifier cette prolongation de l’épisoded’emploi en réponse à l’augmentation des prestations d’assurance chômage. Lesrésultats suggèrent que cette prolongation est le résultat d’un processus de négociationindividuelle entre le travailleur et l’employeur. Dans ce chapitre, nous soutenonsl’hypothèse selon laquelle les travailleurs obtiennent des prestations d’assurancechômage plus élevées en échange d’une réduction du coût ou du risque associés aulicenciement. Cela peut se traduire par une probabilité moindre de réclamer desdommages-intérêts, une indemnité de départ moins élevée ou un coût réputationelplus faible.Le chapitre 3 analyse l’effet du critère d’éligibilité à l’assurance chômage surdifférentes caractéristiques des périodes d’emploi avant et après le chômage. Cecritère impose d’accumuler un nombre minimum de jours d’emploi pour faire unedemande d’allocation. Ce travail met en évidence une augmentation discontinuedans le taux de sortie de l’emploi au seuil d’éligibilité.


  • Résumé

    Social insurances are an important component of welfare states in developed countries.They have been set up to meet the twofold objective of improving efficiency, in acontext where information is not available to all parties, and enhancing equity bysharing the cost of insurance across risk types. If this general principle achievesconsensus, the question of the optimal level of insurance that should be providedis at the centre of the policy and scientific debate. This dissertation addresses theissue of the optimal design of unemployment insurance (UI), taking into account howUI parameters can affect the behaviour of firms and workers either before, duringor after unemployment. It contributes to the literature in three ways: (i) it drawsthe attention on the interaction between UI design and on-the-job behaviours wherethe focus has mainly been on the response of job-seekers to UI parameters duringunemployment; (ii) using rich administrative data, it empirically reveals the existenceand potential costs of such behavioural responses; (iii) it tests the empirical validityof theoretical arguments usually put forward as a motivation for public interventionin the UI market, namely adverse selection and individual optimisation failures.Chapter 1 assesses the effect of a UI program letting some job-seekers choosebetween low benefits for a long duration or higher benefits for a shorter duration. Iuse this uncommon choice feature in nationally-mandated UI schemes to understandthe determinants of the choice and its consequences. Using a rich set of covariates, Idocument the existence of adverse selection, and relate the choice of the high-benefitoption to observable characteristics generally associated to a lower risk-aversion or ahigher impatience. My results also reveal a high moral hazard cost, as job-seekersopting for higher benefits are predicted to stay unemployed longer. This negativeimpact that is even higher for job-seekers with a high initial unemployment risk.Chapter 2 shows that a discontinuous increase in the level of UI benefits at atenure threshold leads to the strategic scheduling of layoffs in order to maximise thesurplus from separation. I use the bunching methodology to quantify the extensionof the employment spell in response to the increase in UI benefits. Results suggestthat this extension is the result of an individual bargaining process between theworker and the employer. I argue that workers trade higher UI benefits against areduction in the cost or the risk associated to the layoff, through a lower probabilityto claim damages, lower severance payment or a lower reputational cost. Chapter 3 analyses the effect of the UI eligibility criteria imposing a minimumemployment record to claim benefits on pre and post-unemployment outcomes. Ithighlights a separation response through a jump in employment outflows at theeligibility threshold. Exploiting a reform that reduced the minimum employmentrecord, we show that, in some sectors, this separation response translates into ahigher number of contracts whose duration exactly coincides with the new workhistory condition. This suggests that, in some sectors, the change in the UI eligibilitycriteria contributed to shape a new norm regarding the duration of short contracts.It would imply that UI parameters do not only affect the outcomes of job-seekersbefore, during and after unemployment, but also the outcomes of workers who donot experience unemployment. The last part of the chapter evaluates the extensivemargin effect of UI benefits. Receiving UI benefits as opposed to not receiving anybenefit at all has a negative impact on future employment probability, that does notseem to be compensated by an improvement in terms of job quality.


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