Création musicale et collectifs urbains au Burkina Faso : circulations, appropriations et innovations sur la scène musicale de Bobo-Dioulasso

par Alfonso Castellanos Malagon

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Jean-Paul Colleyn.

Le président du jury était Stéphane Dorin.

Le jury était composé de Stéphane Dorin, Sarah Andrieu, Julien Mallet, Dorothea Elisabeth Schulz.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur la transformation des pratiques musicales au Burkina Faso vis-à-vis des circulations médiatiques et migratoires. Dans le contexte ouest-africain contemporain marqué par un flux incessant de contenus culturels globalisés, l’objectif est de saisir l’impact des musiques médiatisées dans les processus de création des musiciens locaux pour comprendre de quelles manières ils retraduisent ce qu’ils captent. Malgré leurs différences, les pièces pour harpe-luth kamalengoni et le chant islamique zikiri font partie des musiques cosmopolites qui ont un public urbain et se nourrissent des différents genres répandus dans la ville de Bobo-Dioulasso. L’hypothèse que je développe est que ces musiques ne relèvent pas de catégories fixes ni même stables, mais constituent des expressions en réinvention perpétuelle, où des opérations de resémantisation se succèdent sans cesse donnant lieu à des interprétations nouvelles, mais ancrées dans un imaginaire partagé. La thèse appréhende ainsi les interrelations entre des pratiques musicales hétérogènes, dans le but d’identifier et d’analyser les mécanismes à travers lesquels les musiciens construisent et diversifient leurs démarches créatives. La mise en examen de procédés de (re)composition et de situations de performance hétéroclites permet d’éclairer les méthodes et les stratégies à l’œuvre dans la production musicale. En même temps, elle montre la perméabilité et la polysémie des catégories utilisées pour définir les musiques, ainsi que la pluralité des rôles des acteurs impliqués. À travers une analyse de ces « jeunes musiques » (Mallet, 2004 ) et de leurs agents, la thèse interroge la façon dont les transformations des pratiques culturelles révèlent des glissements spécifiques des sentiments d’appartenance à des collectifs qui se trouvent dans la ville. Les tensions latentes entre le phénomène de réislamisation en Afrique subsaharienne et les tendances néo-traditionalistes prônant un « retour aux sources » constituent la toile de fond d’où émergent les figures de l’artiste et du cadet social en tant qu’acteurs principaux des processus d’individuation, de contestation et de quête d’autonomie que l’on observe dans la société ouest-africaine urbaine actuelle.

  • Titre traduit

    Musical creation and urban collectives of belonging in Burkina Faso : circulations, appropriations and innovations on the Bobo-Dioulasso music scene


  • Résumé

    This thesis is about the transformation of musical practices in Burkina Faso with regard to media and migratory circulations. In the contemporary West African context marked by an uninterrupted flow of globalized cultural contents, our aim is to grasp the impact of the mediated musics in the creative processes of local musicians to understand the ways in which they retranslate what they capture. Despite their differences, the pieces of kamalengoni harp lute and zikiri Islamic songs are part of cosmopolitan musics that have an urban audience and draw on different widespread genres that circulate in the city of Bobo-Dioulasso. The hypothesis that I develop is that these musics do not fall into hermetic or stable categories, but constitute expressions in continual reinvention, where operations of resignification succeed endlessly giving place to innovative interpretations that are nevertheless linked to a shared imaginary. The thesis thus exposes the interrelations between heterogeneous musical practices in order to identify and analyze the mechanisms through which musicians elaborate and diversify their creative approaches. The review of heterogeneous (re)compositional procedures and performance situations illustrates the methods and strategies entailed in musical production. At the same time, it shows the permeability and polysemy of categories used to define music and the plurality of roles of actors involved. Through the analysis of these “young musics” (Mallet, 2004) and of their agents, the thesis focuses on the ways in which transformations of cultural practices reveal specific shifts of the senses of belonging to collectives that exist in the city. The underlying tensions between the re-Islamization phenomenon in sub-Saharan Africa and the neo-traditional trend based on a “return to the roots” vision constitute the backdrop from which the figures of the artist and the social youngster (“cadet social”) emerge as main actors in the processes of individuation, protest and quest for autonomy that can be observed in today’s urban West African society.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.