Étude comparative du chômage dans la Caraïbe à l’aide de la modélisation EGC : le cas de la Guadeloupe et de Trinité et Tobago, deux économies rentières

par Maurice Bilioniere

Thèse de doctorat en Sciences economiques

Sous la direction de Jean Gabriel Montauban.


  • Résumé

    Le « miracle des années 80 » évoqué par Guengant (1993) fait état d’une forte progression de l’emploi en Guadeloupe à partir des années 1980. Cette progression, fruit de politiques de stimulation économique notamment de mesures de défiscalisation et de politiques de soutien de l’emploi, a été accompagnée simultanément d’une augmentation du chômage relevant d’un paradoxe qui met en exergue l’importance particulière des questions de l’emploi et du chômage sur ce département d’outre-mer (DOM). Des taux de chômage supérieurs à 20%, telles sont les statistiques affichées par celui-ci durant les dernières décennies. Une situation préoccupante en comparaison avec celle de la France hexagonale qui affiche des taux deux fois moins élevés.La Guadeloupe, ce département français dans l'espace caribéen, souvent perçu par ses voisins géographiques comme un territoire prospère. Pour eux il apparaît parmi les plus développés de la région, or la Guadeloupe caracole en tête du chômage. Il suffit d’une mise en perspective avec ces autres territoires du même espace géographique pour se rendre compte de l’écart existant avec ceux ayant les plus faibles taux de chômage de la zone, plus particulièrement Trinité-et-Tobago. Ces deux territoires aux antipodes des niveaux de chômage dans la Caraïbe, qui en apparence sont complètement éloignés ne serait-ce que par leur statut politique, région française pour la Guadeloupe et république indépendante du Commonwealth pour Trinité-et-Tobago, partagent toutefois une singularité commune. En effet, ils font tous deux figures d’exception par leur configuration rentière basée d’un côté sur les ressources naturelles à Trinité-et-Tobago et de l’autre sur le secteur non marchand en Guadeloupe. Sur ce dernier, la transition progressive vers une économie de transferts, fruit de la politique de rattrapage de la France envisagée suite à la départementalisation de 1946 et de son application socio-économique, a placé l’économie dans une configuration de « rente administrative ». Dans le cas de Trinité-et-Tobago, à partir du 20ème siècle l’économie s’est progressivement émancipée de son développement agricole suite à la découverte des ressources hydrocarbures. Dans cette nouvelle configuration, l’économie trinidadienne a été marquée par un boom énergétique durant les années 1970 occasionné par l’augmentation simultanée de sa production de pétrole et le prix du baril au niveau international. Ce type de configuration rentière a été avancée dans la littérature comme une cause potentielle du chômage notamment aux Pays-Bas (Kremers (1986)) ou encore au Ghana (Acheampong et Baah-Kumi (2011)) même si l’ambiguïté demeure (Downes, et al. (2014)). Sans réellement chercher à déterminer l’exactitude de cette relation négative, nous pensons être confrontés à un cas particulier avec deux économies rentières situées dans un même espace géographique mais avec des niveaux de chômage opposés. Tenant compte de ces différents éléments, nous avons décidé d’étudier les moyens d’amélioration de la situation du marché du travail en Guadeloupe dans la perspective d’une comparaison de ce qui se passe avec une autre économie rentière de la Caraïbe où le chômage est nettement plus faible, de façon à tirer des enseignements autres que ceux traditionnels. Parmi les nombreuses causes déjà évoquées pour tenter d’expliquer le niveau élevé du chômage en Guadeloupe, celle-ci, plus originale pourrait-on dire, n’a jamais été étudiée pour cette économie. Nous pensons que le chômage, structurel, provient de l’influence de sa configuration rentière.La problématique du chômage en Guadeloupe nous conduit également à étudier la mobilité sectorielle de la main d’œuvre, qui est avancée comme une voie d’amélioration des conditions du marché du travail dans la Caraïbe.

  • Titre traduit

    Comparative study of unemployment in the Caribbean using CGE modeling : the case of Guadeloupe and Trinidad and Tobago, two rentier economies


  • Résumé

    The "miracle of the 1980s" referred to by Guengant (1993) shows a strong increase in employment in Guadeloupe from the 1980s onwards. This increase, which is the result of economic stimulus policies, in particular tax relief measures and employment support policies, has been accompanied by a simultaneous increase in unemployment, reflecting a paradox that highlights the particular importance of employment and unemployment issues in this overseas department (DOM). Unemployment rate is over 20%, according to the statistics posted by the government over the last few decades. This is a worrying situation compared to that of France, which has rates half as high.Guadeloupe, this French department in the Caribbean region, often perceived by its geographical neighbors as a prosperous territory, among the most developed in the region, is at the head of unemployment list. It is enough to put into perspective with these other territories in the same geographic area to appreciate the gap with those with the lowest unemployment rates in the area, more particularly Trinidad and Tobago. These two territories, which are at the opposite end of the spectrum from the levels of unemployment in the Caribbean, which appear to be completely distant, if only because of their political status, a French region for Guadeloupe and an independent Commonwealth republic for Trinidad and Tobago, nevertheless share a common singularity. Indeed, they both make exceptional figures by their annuity configuration based on natural resources in Trinidad and Tobago on the one hand and on the non-market sector in Guadeloupe on the other. On the latter, the gradual transition to a transfer economy, the result of France's catch-up policy envisaged following the departmentalization of 1946 and its socio-economic application, has placed the economy in a "administrative rent" configuration. In the case of Trinidad and Tobago, from the 20th century onwards, the economy gradually emancipated itself from its agricultural development following the discovery of hydrocarbon resources. In this new configuration, the Trinidad and Tobago economy was marked by an energy boom during the 1970s caused by the simultaneous increase in its oil production and the price of oil per barrel at the international level.The problem of unemployment in Guadeloupe also leads us to study sectoral labour mobility, which is put forward as a way to improve labour market conditions in the Caribbean.


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