Les ouvrières et le mouvement social : retour sur la portée subversive des luttes de chez Lip à l'épreuve du genre

par Lucie Cros

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot et de Sylvie Guigon.

Soutenue le 13-12-2018

à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....) , en partenariat avec Université de Franche-Comté (établissement de préparation) , Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie (Besançon) (laboratoire) et de Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie (laboratoire) .


  • Résumé

    L'objet de cette thèse consiste à appréhender les impacts du mouvement social sur la division sexuée du travail. Elle prend pour cas d'analyse les luttes sociales survenues dans l'entreprise bisontine Lip entre 1973 et 1981. Ces grèves longues, mixtes, rendues célèbres par leurs allures autogestionnaires, sont porteuses d'une dynamique de changement indéniable. Or notre recherche montre que malgré la radicalité des moyens employés par les grévistes, l'émancipation féminine n'a pas eu lieu au cours des luttes. Cela étant, nous montrons que la grève favorise une perception par les ouvrières des inégalités de genre. En comparant les trajectoires féminines et masculines avant, pendant et après la période des luttes, nous mettons en évidence une pérennisation des hiérarchies de genre et de classe, y compris dans l'action militante, même si des logiques de résistances sont repérables à postériori. De fait, les infléchissements biographiques observés marquent un accès à la prise de conscience de la domination masculine, en lien avec les interactions entre les ouvrières et des collectifs féministes. En somme, cette thèse revient sur la portée subversive des luttes de chez Lip, au regard d'un contexte historique spécifique, des trajectoires et des socialisations, et des modalités de production par les femmes d'une mémoire sociale.

  • Titre traduit

    Women workers and social movement : back on the subversive reach of Lip's strikes to the test of gender


  • Résumé

    This PhD dissertation is to seek to understand the impacts of the social movement on the sexual division of work . lt takes for cases of analysis social struggles that have happened in the bisontine company Lip, between 1973 and 1981. Those strikes which were long, made up of men and women, embodying an idea l self-management, carry on a great dynamic force for change. But our search shows that in spite of the radicality of the ways used by the strikers, the women's emancipation didn't take place during the fights. However, the militant commitment favars a perception by women workers of gender inequalities. Comparing women and men trajectories before, during and after the social movement, we highlight an ongoing of gender and class hierarchies, including in militant actions, even though somme resistances are observed. lndeed, the studied biographical disruptions show an access to the awerness of the male domination, also related with the interaction between women workers and feminists movements. At last, this research come back on the subversive reach of Lip's strikes, in view of a particular historical context, trajectories and socialisations, and the way the women participate in the production of a social memory.


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