Balzac et les visages du mal : corps et corporation du crime

par Lauren Bentolila-Fanon

Thèse de doctorat en Langue et littérature françaises

Sous la direction de Fabienne Bercegol et de Andrea Del Lungo.

Le président du jury était Pierre Glaudes.

Le jury était composé de Fabienne Bercegol, Andrea Del Lungo, Christine Marcandier, Dominique Massonnaud.

Les rapporteurs étaient Christine Marcandier, Dominique Massonnaud.


  • Résumé

    Le XIXe siècle a vu s’épanouir de nombreux discours autour du crime sanglant : alors que la médecine cherchait sur et dans les corps les symptômes d’un mal intériorisé, la littérature accueillit avec une admiration teintée d’effroi les figures de la violence, dans une rencontre des peurs archaïques, des traumatismes de l’Histoire (Révolution et Empire) et des nouvelles méthodes épistémologiques. Les étiologies scientifiques comme les romans forgèrent alors des types criminels, le mal se parant d’attributs et de caractéristiques qui placèrent le corps criminel au confluent de la singularité et du partage. Compris comme signe de reconnaissance, la violence se dota alors d’une signalétique propre fonctionnant à la fois comme principe d’exclusion et d’inclusion.Contemporain de telles représentations, Balzac compose une œuvre peuplée de meurtriers et d’assassins en tout genre attestant a minima l’enregistrement des préoccupations du temps. Cette thèse se propose ainsi d’étudier les personnages homicides du romancier à la lumière des théories et des fictions du crime de manière à en évaluer l’influence sur la poétique balzacienne. En effet, la comparaison des romans de l’auteur avec les corpus criminologiques et fictionnels de la première moitié du XIXe siècle vise à déterminer dans quelle mesure et suivant quelles modalités le corps homicide balzacien met en scène une culpabilité oscillant entre marginalisation et fédération.

  • Titre traduit

    Balzac and the faces of evil : criminal bodies and organizations


  • Résumé

    The 19th century saw the flourishing of discourses on bloody crime : as doctors examining bodies inside out were looking for the symptoms of internalized evil, literature contemplated the violent characters with a fear-tinted admiration resulting from the convergence of ancient fears, historical traumas from the French Revolution and the Empire, and epistemological methods. Scientific etiology and novels gave birth to criminal types, and Evil took on attributes and features which defined the criminal body as both one of singularity and share. Violence became recognizable, thus developing characteristics of its own according to the principles of inclusion and exclusion. Balzac saw the developing of these representations, and his work is therefore teeming with criminals and assassins of all sorts who bear witness to the novelist’s acquaintance with the concerns of his time. In the light of the theories and fiction on crime, this thesis offers a study of the novelist's assassins in order to gauge their influence on Balzacian literature. Indeed, a comparison between a scientific and fictional syllabus of the first half of the 19th century shall help one determine how and to what extent the Balzacian criminal embodies a culpability wavering between marginality and association.

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