La fabrique des territoires productifs, l’exemple du SPL Mecanic Vallée

par Martine Bernard Roigt

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Olivier Philippe.

Soutenue le 10-10-2018

à Toulouse 1 , dans le cadre de École doctorale Droit et Science Politique (Toulouse) , en partenariat avec Laboratoire des Sciences Sociales du Politique (Toulouse) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Cette thèse analyse les liens entre des acteurs et le territoire de la Mecanic Vallée. Ce territoire s’est développé à la faveur de la politique des Systèmes Productifs Locaux de la DATAR à la fin des années 90 soutenue par les politiques publiques d’incitation et d’aide au développement local mise en place par l’Etat à partir des années 80 et dans le contexte institutionnel de la décentralisation. Le territoire est situé sur un périmètre restreint à cheval sur trois départements (Lot, Aveyron, Corrèze). Les acteurs auxquels la thèse s’intéresse sont ceux qui ont contribué à la création du SPL Mecanic Vallée (élus, industriels,) ainsi que ceux qui ont fait irruption dans l’arène politique locale (syndicalistes CGT du territoire). La thèse analyse dans un premier temps comment s’est fabriqué le territoire Mecanic Vallée au prisme des transformations de l’action publique. A partir d’une mise en perspective historique elle met en évidence l’évolution des politiques publiques d’aménagement du territoire au centre desquelles l’industrie joue un rôle structurant. Elle analyse les effets de la territorialisation de l’économie et de l’Etat qui ont rendu possible la création de cette nouvelle configuration productive sur des territoires ruraux porteurs de handicaps, peu industrialisés ou marqués par des crises industrielles importantes et une histoire sociale forte. Cette approche permet d’examiner la mise en œuvre d’une politique publique, par le bas et de mettre en évidence le rôle des acteurs de terrain et du leadership politique local. La thèse s’appuie sur les travaux de la sociologie de l’action et des politiques publiques. Elle privilégie ensuite une approche par les acteurs et se focalise sur la manière dont les syndicalistes CGT des entreprises de la métallurgie de la Mecanic Vallée abordent cette nouvelle réalité économique et sociale qui s’impose désormais sur le territoire. Constitue-elle un changement de la réalité sociale et des rapports sociaux en devenir ? L’analyse de cette nouvelle configuration productive et des pratiques syndicales en action met en évidence les ressorts, les solutions d’une tentative de construire une réponse syndicale appropriée à une nouvelle réalité mais aussi les obstacles et les limites de cette démarche. Nous interrogeons le rôle et les motivations des syndicalistes CGT dans cet espace à travers leurs trajectoires personnelles et militantes. La thèse examine enfin comment leur démarche met à l’épreuve la confédération CGT dans la façon dont elle aborde au cours de son histoire les enjeux de la territorialisation de l’économie et de l’Etat.

  • Titre traduit

    The factory of the productive territories : the example of the local productive System (SPL) Mecanic Vallée


  • Résumé

    This PhD dissertation analyses the links between the Mecanic Vallée actors and its territory. This territory developed thanks to the policy of the DATAR Local Productive Systems in the late 90s. It was supported by the incitement and developement public policies granted by the state in the 80s in the institutional context of decentralization.The territory is a restricted area extending over three French Departments (Lot, Aveyron, Corrèze).The actors the analysis is concerned with are the ones who took part in the creation of the Mecanic Vallée SPL (local politicians, industrialists) and those who broke into the political arena (CGT local unionists).First, the dissertation analyses the making of the Mecanic Vallée territory through the prism of the tranformations of public policies. Through a historical perspective, it highlights the evolution of land-use public policies at the centre of which industry has a structural impact . It examines the effects of the territorialization of the economy and the state which made possible the creation of a new productive configuration for disadvantaged rural territories, either endowed with little industry or which experienced major industrial crises and a deep social history. This approach allows us to look at a public policy implementation from below. It highlights the role of not only the grassroots but also the local political leadership. The dissertation draws upon research in Sociology of public action and public policies. Then, the dissertation follows an approach focused on the actors and, to be specific, on the way CGT unionists see this new economic and social reality in the Mecanic Vallée steel factories. We may therefore wonder if it represents a change in the social reality as well as in future social relationships within the territory. Scrutinizing not only this new productive configuration but also the union practices reveals the roots, challenges, and limits of a unionist attempt to adapt and build an appropriate response to a new situation. This dissertation questions CGT unionists' roles and motivations through their personal experience and their trajectories as activists. This dissertation finally highlights how these unionists’ approach actually challenges the way the CGT Union addresses the economic territorialization and state issues.


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