Le rapport à la langue de jeunes "issus" de l'immigration : de l'identité à l'origine

par Sihem Boudjedir

Thèse de doctorat en Psychopathologie clinique

Sous la direction de Marie-Claude Casper.

Le président du jury était Mohamed Lahlou.

Les rapporteurs étaient Malika Bennabi, Laurence Denooz.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur la rencontre du sujet avec les langues et en particulier dans un contexte socio-culturel donné marqué par une pluralité culturelle et linguistique. Elle explore le rapport du sujet à la(aux) langue(s), et plus précisément s’intéresse aux effets de côtoiement des langues sur la construction identitaire. Elle tente d’apporter un éclairage sur ce que la langue, son appropriation, son partage, sa transmission, mobilise sur le plan psychique et ouvre sur ses fonctions comme un héritage familial redoublé sur le plan culturel. Partant du lien étroit entre psychisme et culture et s’appuyant principalement sur les propositions théoriques de la psychanalyse, ce travail de recherche appréhende le sujet dans sa singularité selon une méthode d’analyse clinique d’entretiens de recherche. L’analyse des entretiens montre que dans la parole des sujets rencontrés le rapport à la langue opère un ancrage social et familial. La langue du pays d’où viennent les parents apparaît comme ‘langue d’origine’ ayant une fonction d’‘affiliation’, permettant de créer et donc de maintenir le lien à une origine familiale. En tissant les liens filiatifs dans un mouvement qui les recrée sans cesse, le rapport à la ‘langue d’origine’ inscrit dans la lignée, attitre une place dans l’ordre des généalogies et permet une ouverture vers d’autres affiliations possibles. Le rapport à la langue surgit ainsi comme une fonction qui constitue du ‘familial’ en terme de continuité et fonde une origine extérieure au sujet mais centrale dans sa construction identitaire et son sentiment d’appartenance.

  • Titre traduit

    The relationship between the language and immigrant young people : from the identity to the origins


  • Résumé

    This dissertation focuses on the relations between the subject and languages and in particular in the given socio-cultural context marked by a cultural and linguistic plurality. It explores the link between the subject and language(s) and more precisely, the way languages border on identity construction. We try to clarify the notion of a language, its appropriation, share and transmission from the psychological point of view and its functions such as family heritage from the cultural point of view. This thesis apprehends the subject in its singularity according to the method of clinical analysis of research interviews taking the narrow link between the and the culture for its starting point and is based mainly on the theory of psychoanalysis. The analysis of interviews shows that in the words of the studied subjects the link with the language has an effect on social and family anchoring. The language of the country, that the parents come from, appears as the ‘origin language’ having ‘affiliation’ as its function and enabling to create and maintain the link with the family origins. By establishing the kinship links in a movement that recreates them endlessly, the connection with ‘the origin language’ that is a part of genealogy line, assigns a place in the genealogy order and enables the openness to some other possible affiliations. Thus, the link with the language appears as a function that constitutes ‘family’ in terms of continuity and forms an external origin for the subject, but central for the identity construction and feeling of belonging.

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