L'irruption du jeu dans l'art visuel contemporain (iranien en particulier)

par Sedigheh Etemadi

Thèse de doctorat en Arts visuels

Sous la direction de Germain Roesz.

Le président du jury était Daniel Payot.

Les rapporteurs étaient Jean-François Robic, Khalil M'Rabet.


  • Résumé

    J’avais dix ans. C’était après la guerre et l’Iran était sous embargo. A l’école je n’avais que deux crayons pour écrire mes devoirs, un noir et un rouge. Les deux étaient ornés du symbole d’une marque, un crocodile noir. Cela était aussi un gage de qualité. Mes crayons crocodiles écrivaient bien. J’étais habituée à les voir, mes crocodiles. Puis je passais beaucoup de temps avec ma tante. Elle faisait de la couture. Je jouais avec les restes des tissus. J’étais fascinée par les couleurs et par des formes que je créais avec ces bouts de tissu. J’ai sans doute commencé mes premiers collages à ce moment-là. Plus tard quand je suis devenue peintre, les animaux et les couleurs étaient la base de mes peintures. Parmi ces animaux le crocodile surgissait sans que je sois consciente de la raison de cette apparition. Un jour en réfléchissant je me suis souvenue de mes crayons d’enfance ! Quand j’ai commencé à peindre, les limites et les contraintes en Iran ne me permettaient pas de m’exprimer librement. Alors le jeu d’enfance que j’avais repris dans le style de ma peinture, me rendait celle-ci agréable et ludique. J’avais mes couleurs et le jeu, et j’exprimais ce que je voulais ; j’avais réussi à trouver un langage d’expression ludique et fort et j’en étais ravie. Je n’étais pas la seule à prendre le jeu comme moyen de contourner les limites et la censure. Déjouer les limites par le jeu était le centre de notre travail. La réflexion sur l’irruption du jeu dans l’art visuel contemporain et en particulier en Iran est devenu le sujet central de ma réflexion et de mon interrogation sur les raisons qui nous ont conduit à nous exprimer ainsi. Je l’ai donc choisie comme le sujet de ma thèse. [...]

  • Titre traduit

    The irruption of the game in contemporary visual art (Iranian in particular)


  • Résumé

    I was ten years old. It was after the war and Iran was embargoed. At school I only had two pencils to write my homework, one black and one red. Both were decorated with the symbol of a brand, a black crocodile. It was also a guarantee of quality. My crocodile pencils wrote well. I was used to seeing them, my crocodiles. Then I spent a lot of time with my aunt. She was sewing. I played with the remains of the fabrics. I was fascinated by the colors and shapes that I created with these pieces of fabric. I probably started my first collages at that time. Later when I became a painter, animals and colors were the basis of my paintings. Among these animals the crocodile arose without my being aware of the reason for this apparition. One day while thinking I remembered my childhood pencils! When I started painting, the limits and constraints in Iran did not allow me to express myself freely. Then the childhood game that I had taken in the style of my painter, made me this one pleasant and playful. I had my colors and the game, and I expressed what I wanted; I had managed to find a language of playful and strong expression and I was delighted. I was not the only one to take the game as a way to get around the limits and the censure. Breaking the boundaries through play was the center of our work. The reflection on the irruption of the game in the contemporary visual art and in particular in Iran became the central subject of my reflection and my interrogation on the reasons which led us to express ourselves thus. I chose it as the subject of my thesis. [...]

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