Thèse soutenue

Études expérimentales et numériques d'écoulements tournants à surface libre déformable

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Auteur / Autrice : Yang Wen
Direction : Laurent Martin WitkowskiIvan Delbende
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Mécanique des fluides
Date : Soutenance le 06/12/2018
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences mécaniques, acoustique, électronique et robotique de Paris (2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur (Orsay, Essonne ; 1972-2020) - Fluides, automatique et systèmes thermiques (Orsay, Essonne ; 1997-....)
Jury : Président / Présidente : Stéphane Popinet
Examinateurs / Examinatrices : Jérôme Mougel, Caroline Nore
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédéric Moisy, Benoît Pier
DOI : 10.70675/1c3741b2z3165z4bedza933z1f6e9f3b6d46

Résumé

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Ce travail est une contribution à la compréhension des instabilités dans les écoulements tournants à surface libre déformable. La configuration étudiée est un récipient cylindrique partiellement rempli d'eau ou d'un mélange eau-glycérine, et la rotation est créée par un disque tournant situé au fond du récipient. Ce type d'écoulements est le siège de plusieurs familles d'instabilités en fonction des paramètres (nombres de Froude et de Reynolds, rapport de forme). Ces investigations utilisent des simulations stationnaires et instationnaires à l'aide des deux codes maison ROSE et Sunfluidh en conjonction avec des expériences. L'originalité du travail réside dans la simulation numérique d'écoulements diphasiques avec forte déformation de l'interface et grand rapport de densité, dans l'utilisation de mesures d'élévation de la surface et de vitesse par vélocimétrie Laser-Doppler, et dans la validation croisée entre techniques numériques et expérimentales. L'écoulement de base est tout d'abord décrit en détail. Les solutions stationnaires axisymétriques révèlent la structure de l'écoulement tournant: une région centrale en rotation solide et une cellule toroïdale à sa périphérie, cellule dont l'intensité et la géométries sont caractérisées. Quand on considère des nombres de Reynolds suffisamment grands pour que des couches limites se forment aux parois solides, deux couches supplémentaires apparaissent: une couche interne située au bord de la région centrale, et une couche sous la surface libre qui n'a jamais été décrite auparavant. Cette structuration de l'écoulement s'avère robuste vis-à-vis des changements du nombre de Froude. Des simulations tri-dimensionnelles instationnaires révèlent que l'écoulement moyenné en temps et en espace présente de nombreuses similarités avec les solutions stationnaires axisymétriques, et que la surface reste pratiquement plate alors même que de grosses structures issues d'instabilités tridimensionnelles se sont développées au sein du fluide. Cette approche numérique complète corroborée par des mesures expérimentales de la vitesse apporte des clarifications sur la structure de l'écoulement, qui est comparée aux modèles simplifiés de la littérature. La dynamique de spin-up qui résulte de la mise en rotation d’un fluide à partir du repos est étudiée pour deux configurations, le seau de Newton (Newton's bucket) et l'écoulement à fond tournant. L'élévation de la surface et l'évolution de la vitesse déterminées expérimentalement sont en très bon accord avec les simulations instationnaires axisymétriques. Ces résultats pourront servir de référence (benchmark) pour les simulations instationnaires d'écoulements diphasiques en rotation. Finalement, les ondes de surface tri-dimensionnelles de grande amplitude connues sous le nom de polygônes tournants sont étudiées expérimentalement. Ces ondes sont habituellement observées à grand nombre de Reynolds. En les étudiant en régime plus visqueux, on tente d'élucider le lien entre instabilités de volume et de surface. Par analyse spectrale de la déformation de la surface et par des mesures de vitesses, on montre que la vitesse de phase rapportée à la vitesse du disque est proche de 1/3 pour les polygônes tournants, alors qu'elle est proche de 2/3 pour l'instabilité de volume.