Corporate Governance and Corporate Social Responsibility

par Aymeric Guidoux

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Patricia Crifo.

Le président du jury était Antoine Rebérioux.

Le jury était composé de Patricia Crifo, Édouard Challe.

Les rapporteurs étaient Catherine Casamatta, Patricia Charléty.

  • Titre traduit

    Gouvernance et Responsabilité Sociétale des Entreprises


  • Résumé

    Selon la théorie des parties prenantes, la Responsabilité Sociétal de l’Entreprise (RSE) est la réponse donnée par les entreprises à la pression croissantes des employées, actionnaires, communautés locales, ONG environnementales ou régulateurs afin de prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux de leurs activités. L’enjeu n’est pas une simple compensation des externalités négatives mais une transformation des entreprises pour permettre une croissance durable. Ainsi, la RSE pousse les entreprises à être proactive et à dépasser les attentes règlementaires. Cependant, comment réussir à concilier des objectifs si différents voire opposés ? Alors que de plus en plus d’entreprises intègrent la RSE au cœur de leurs stratégies, les processus de gouvernance semblent être le chainon manquant pour réunir performance économique, sociale et environnementale. Cette thèse présente des arguments empiriques et théoriques de l’impact de la gouvernance à son plus haut niveau, du conseil d’administration au Directeur Général (DG). Après un chapitre d’introduction, le chapitre 2 analyse le lien entre la composition des conseils d’administrations et l’intégration de la RSE dans la stratégie des entreprises. Il s’appuie sur une loi sur la représentation des femmes dans les conseils d’administrations. Adopté en France en 2011, cette loi a entrainé la nomination de nouveaux administrateurs, majoritairement des femmes plus jeunes que leurs prédécesseurs. Pour autant, ce chapitre montre que l’augmentation de la diversité au sein des conseils n’est pas corrélée à variation de la performance financière et extra-financière. Ce chapitre repose sur l’étude des entreprises du SBF 120 de 2009 à 2015. Cependant, si les caractéristiques des administrateurs sont impliquées dans les processus de décisions, la mise en place des stratégies et le management de l’entreprise est confié au soin du DG. Grâce à un système de rémunération avec part variable, le conseil d’administrations s’applique à aligner les intérêts du DG avec les siens. Le chapitre 3 étudie l’efficacité des rémunérations variables basées sur des critères environnementaux ou sociétaux. Il montre que l’impact de ces « Bonus RSE » dépend du modèle de gouvernance de l’entreprise. Chez les entreprises possédant une gouvernance de type actionnarial, les « Bonus RSE » semble n’avoir qu’un impact négatif sur la performance financière. En revanche, pour les entreprises du type partenarial, ces bonus permettent efficacement l’amélioration des performances extra-financières sans diminuer la performance financière. Cette étude empirique se base sur un panel mondial de 3500 entreprises sur la période 2006-2015. Le chapitre 4 propose un modèle théorique permettant d’analyser l’impact de la nature intrinsèque ou extrinsèque des motivations. Basé sur le modèle principal-agent développé par Che et Yoo (2001), ce chapitre analyse différentes incitations pour une entreprise composée de deux agents travaillant sur une tâche « RSE ». Trois scénarios sont étudiés : les deux agents reçoivent une compensation financière, les deux agents sont motivés intrinsèquement, un agent est motivé intrinsèquement et l’autre financièrement. Le modèle montre que le scénario optimal pour le principal dépend du niveau de motivation intrinsèque mais également de l’interdépendance entre les décisions des deux agents. Dans le cas particulier de la rémunération des directeurs d’entreprises, les données empiriques montrent qu’inclure des critères RSE dans la rémunération est plus adapté aux entreprises avec une forte interdépendance décisionnelle. La conclusion retrace le lien qui unit gouvernance et RSE à plusieurs niveaux, et discute de l’implication des réseaux et effets de mimétisme entre entreprise.


  • Résumé

    According to the stakeholders’ theory, Corporate Social Responsibly is the firm’s response to increasing pressure from employees, shareholders, communities, environmental NGOs or regulators to consider the social and environmental consequences of their business activity. What is at stake, is not only a compensation of negative externalities but the adaptation and the participation of firms to a sustainable growth. In that sense, CSR is not just about being efficient but being the best and push firms to be proactive and go beyond legal requirements. But how manage objectives so various and even opposite? While firms start to integrate CSR into their global business strategy, at the top of the decision-making process, corporate governance appears to be the missing link to join economic, environmental and social objectives. This dissertation provides empirical and theoretical evidences of the determining factors involved at the high level of firms’ governance, from the board of directors to the CEO. After an introduction chapter, chapter 2 investigates the link between board composition and integrated CSR strategies. Adopted in 2011, the law targets listed firms and brought about the entrance of new directors, more likely to be women and younger than prior directors. However, we do not find evidence that this diversity is correlated to financial or extra-financial performance. For this chapter, we use a panel composed of French listed companies (SBF120 index) over the 2009-2015 period. If director’s characteristics are involved at the top of the decision making-process, the execution of the strategy and management of the firm is delegated to the CEO. Using variable pay, compensation part determined by performance objectives, the board aligns the CEO’s interests with his own interests. Chapter 3 shows evidence of the effectiveness of CSR based compensation part, labelled under the term “CSR contracting”. We show that the impact of such compensation depends on the governance structure. For firms who focus on shareholder, CSR contracting is more likely to have a negative impact on financial performance and no impact on extra-financial performance. On the contrary, for firms with a stakeholder model of governance, we show that CSR contracting is effective and have a positive impact on the environmental and social performance without impacting the economic results. This empirical work is conducted on a worldwide dataset with 3500 firms over the 2006-2015 period. Chapter 4 provides a theoretical framework to understand the role of governance factor on the efficiency of incentives. We develop a model based on Che et Yoo (2001) model to study the influence of compensation among a team of two managers who have to work on a CSR task. We determine the optimal compensation between three compensation mixes: both agents receive monetary compensations, both agents receive external rewards from their environment, one agent receives monetary compensation and the other receives an external reward. We show that the choice of the optimal compensation scheme depends on the environment outside the firm, i.e. the level of the exogenous reward, and the environment inside the firm through the level of the interdependence between the managers' decisions which corresponds to the capacity of the firm to create cooperation between the agents. Then, using evidence from executive compensation, we apply this model to the relationship between the CEO and the board of directors and find that the adoption of monetary incentives for CSR tasks is more suitable for firms with a high decisional interdependence than for firms with a lower interdependence. In conclusion, from directors’ characteristics to the overall governance organisation, we retrace the link between corporate governance and CSR integrated strategies; a link who could go beyond firm frontiers and include industry ties and peer effects.


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