Le recours aux soins dans la démence : la surmédicalisation en question. Exploitation des données de l’échantillon généraliste des bénéficiaires

par Mathilde Cordier

Thèse de doctorat en Santé publique - sciences économiques

Sous la direction de Nathalie Pelletier-Fleury.

Soutenue le 09-07-2018

à Paris Saclay , dans le cadre de Santé Publique , en partenariat avec Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Villejuif, Val-de-Marne) (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Martine Bungener.

Le jury était composé de Nathalie Pelletier-Fleury, Martine Bungener, Marc Verny, Marie Herr Breget.

Les rapporteurs étaient Marc Verny, Nicolas Sirven.


  • Résumé

    La prise en charge de la démence est un défi pour les cliniciens tant ces patients constituent une population hétérogène. Dans le cadre de cette prise en charge, l’intérêt des antidémentiels (anticholinestérasiques et mémantine) est débattue : l’efficacité clinique semble discutable et les effets indésirables non négligeables. En 2010, des recommandations de bonnes pratiques ont laissé libre choix aux médecins de prescrire ou non ces médicaments. Depuis des questions restent en suspens : 1/ quelle est l’évolution des taux de prescription de ces médicaments depuis ces recommandations, en d’autres termes comment l’expertise clinique des médecins, un des piliers du tryptique de l’evidence based medicine, s’est-elle exprimée ? 2/ quels sont les facteurs qui restent associés aujourd’hui au fait de prescrire ou non ces médicaments ? et 3/ y a-t-il une sur-hospitalisation liée à leurs effets indésirables ?La question de la surmédicalisation est au cœur de notre problématique de thèse. Dans ce travail, nous avons répondu à ces 3 questions posées qui ont constitué nos 3 objectifs. Nous avons pu montrer que les médecins semblaient de moins en moins confiants vis-à-vis des antidémentiels avec une diminution de leur prescription depuis 2010 et des conséquences importantes en termes de coûts évités. Lorsqu’ils continuaient d’être prescrits, ces traitements l’étaient essentiellement chez les patients les plus jeunes ou en meilleur état de santé. Enfin, les anticholinestérasiques, essentiellement la rivastigmine, augmentaient le risque d’hospitalisation via des effets indésirables cardiaques et digestifs. Nos résultats plaident en défaveur de la prescription d’antidémentiels tant du point de vue de la morbidité que des dépenses de santé. La question du point de vue du patient reste posée.

  • Titre traduit

    Seeking Health Care in Alzheimer's Disease : Medical Overuse in Question. Exploitation of Data from the Echantillon généraliste des bénéficiaires


  • Résumé

    Patients with dementia raise therapeutic challenges, as they constitute a heterogeneous population. As part of this management, the interest of antidementia drugs (cholinesterase inhibitors and memantine) is debated: the clinical efficacy seems questionable and the adverse effects appear to be significant. The 2010 recommendations gave to cliniciens the choice to prescribe or not these drugs. Since questions remain unanswered: 1 / what is the evolution of prescription rates of these drugs since these recommendations, in other words how the clinical expertise of cliniciens, one of the pillars the evidence based medicine, is expressed? 2 / what are the factors that remain today associated with prescribing these drugs or not? and 3 / Is there over-hospitalization related to their side effects?The question of medical overuse is a central point of our thesis problem. In this work, we answered these 3 questions which constituted our 3 objectives. We were able to show that cliniciens seemed less and less confident about antidementia drugs with a decrease in their prescription since 2010 and significant consequences in terms of avoided costs. When they continued to be prescribed, these treatments were mainly used in the youngest or most healthy patients. Finally, cholinesterase inhibitors, mainly rivastigmine, increased the risk of hospitalization via cardiac and digestive side effects. Our results argue against the prescription of antidementia drugs both from the point of view of morbidity and health expenditures. The question from the patient's point of view remains.


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