Political economics of gender relations in information and communication technologies in agricultural development. The case of knowledge-based platforms for farmers in Kenya

par Madeleine Jönsson

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Catherine Laurent.

Le président du jury était Faïz Gallouj.

Le jury était composé de Faïz Gallouj, Guy Faure, Cécile Blatrix, George Nyaguti.

Les rapporteurs étaient Guy Faure.

  • Titre traduit

    Économie politique des rapports de genre dans les technologies de l'information et de la communication du développement agricole. Le cas des plateformes de connaissances accessibles en ligne destinée aux agriculteurs au Kenya


  • Résumé

    Face à l’explosion démographique des pays à faible revenu en Afrique sub-saharienne, l’agriculture joue un rôle primordial pour garantir la sécurité alimentaire. Le secteur agricole est de plus la principale source d'emploi dans cette région. Les femmes constituent la principale main-d'œuvre agricole de ces pays. En raison de leur rôle clé dans le secteur agricole, les agricultrices sont prioritaires dans les interventions politiques. Par ailleurs, dans ces pays, le conseil agricole et le partage des connaissances sont nécessaires pour s’adapter à de nouvelles contraintes. Depuis quelques années, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont permis le développement de nouveaux outils visant à améliorer la portée et l’efficacité du conseil. Les gouvernements de ces pays sont cependant confrontés à des critiques concernant l'impact de ces outils, qui peuvent également contribuer à une fracture numérique touchant plus particulièrement les femmes qui travaillent dans les exploitations agricoles familiales.La thèse de doctorat analyse comment les outils TIC tiennent compte des rapports de genre, et de la situation des femmes qui travaillent sur l’exploitation agricole familiale. La thèse est fondée sur le cas du Kenya. Elle est focalisée sur le développement des plateformes de connaissances, un instrument TIC utilisé par le Gouvernement kenyan pour atteindre les objectifs de politiques publiques. Ce pays est emblématique car il fait l'hypothèse que les plateformes peuvent être inclusives des agricultrices.Pour cette recherche, le travail s'appuie sur trois approches d’économie institutionnelle : l’économie féministe, la théorie de la régulation, et l'économie des services. Il présente un cadre méthodologique et conceptuel, développé pour analyser l'intégration des rapports de genre dans les plateformes aux échelles macro, méso et micro.Les résultats montrent que les rapports de genre sont présentés associés à un objectif d'équité pour le Gouvernement Kenyan. L'analyse confirme que les plateformes sont considérées comme de nouveaux outils d'inclusion du système de vulgarisation du gouvernement. La typologie de plateformes développée dans ce travail montre cependant que ces instruments peuvent être une source d'inégalité. Il s'agit en particulier de l'inégalité d'accès pour les agricultrices et de services standardisés qui ne correspondent pas aux attentes de ces femmes. La conjugaison de différentes approches économiques institutionnelles a permis d'analyser comment les évolutions institutionnelles affectent l'inclusion des objectifs d’égalité des sexes dans l’intervention publique et dans le fonctionnement effectif des plateformes. Les résultats présentent des leviers d’action pouvant être pris en considération par les politiques et les concepteurs des plateformes, pour une tenir compte des rapports de genre dans ce système de vulgarisation agricole et éviter d’engendrer de nouvelles discrimination. L'analyse révèle l'importance de disposer d'un espace d'intervention publique et de coordination dans ce nouveau système de conseil agricole basé sur les TICs.


  • Résumé

    Low-income sub-Saharan African countries are confronted with demographic explosion since the last 60 years. Consequently, agriculture plays a key role in ensuring food security. The agricultural sector is also the main source of employment in this region. Women are the major contributing labour force in agriculture in these sub-Saharan African countries. Connected to their key role in the agricultural sector, women farmers are prioritised in policy intervention. Moreover, agricultural extension services are necessary to adapt to different constraints in these countries. Transfer of knowledge is also required to guarantee farm yields and consequently improve small-scale farmers’ livelihoods. Lately, information and communication technologies (ICTs) have enabled the development of new tools, aimed at improving the scope and the effectiveness of advisory services. Policy makers in sub-Saharan African countries are nonetheless confronted with critical questions regarding the impact of these tools, which can also contribute to a ‘digital gender gap’. These issues particularly concern women farmers.This PhD research analyses how ICT tools take into account gender relations, and the situation of women farmers. The thesis is based on the case of Kenya. The dissertation particularly focuses on the development of knowledge-based platforms in agriculture, an ICT policy instrument used by the Kenyan Government to achieve public policy objectives. This country is emblematic because it believes in the assumption that platforms can be inclusive of women farmers’. To answer to this research question, the work is based on three different institutional economic research approaches: feminist economics, the French regulation theory, and economics of services. A conceptual and methodological framework is presented to analyse the inclusion of gender equality in knowledge-based platforms at macro-, meso-, and micro- level.The results provide evidence that gender equality objectives is a fundamental guiding principle to the Government of Kenya. The analysis show that platforms are considered as new tools of inclusiveness in farm advisory services innovation. Observations from a developed platform typology framework show however that platforms can be source of gender inequality. It especially concerns women farmers unequal access to these instruments and the standardised services that they offer. This is essentially related to the institutional nature of the platform. Indeed, as it turns out, a high number of these instruments are based upon complex partnerships, and financed by multi-national corporations and/or foundations from the agrifood industry based in the Northern hemisphere. Combining institutional economic approaches allowed to bring out critical points of inclusion to be considered by policy makers and platform developers. Disregarding these specificities may make these platforms into new vectors of exclusion. Recognising and taking into account the conditions for inclusion can bring to light powerful levers for improving the efficiency of platforms.


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