Manufactures Technophaniques

par Emile De Visscher

Thèse de doctorat en SACRe, design

Sous la direction de Samuel Bianchini et de Roger F. Malina.

Soutenue le 26-11-2018

à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec Équipe d'accueil SACRe - Sciences, arts, création, recherche (Paris) (laboratoire) , École nationale supérieure des arts décoratifs (Paris) (établissement opérateur d'inscription) et de L’Université Paris-Sciences-et-Lettres (laboratoire) .

Le président du jury était Yves Winkin.

Le jury était composé de Samuel Bianchini, Roger F. Malina, Emanuele Quinz, Patrick Renaud.

Les rapporteurs étaient Lynn Hughes, Sophie Houdart.


  • Résumé

    Titre : Manufactures TechnophaniquesSous-titre : Une recherche par le design pour explorer les liens entre régimes technique, esthétique et symbolique dans les procédés de fabrication, stimulant une compréhension et participation collective.Problématique : Dans un contexte d’urgence écologique qui requiert de reconsidérer les impacts de la production matérielle, comment élaborer des outils de fabrication capables d’intéresser et de mobiliser des individus et des collectifs afin de constituer des publics alors parties prenantes de nouvelles formes de manufactures ?Hypothèse :Au-delà des outils de fabrication à échelle locale, accessibles et ouverts qui se développent actuellement dans le champ du design, il est possible d’inventer et de partager des manufactures technophaniques, qui articulent le processus technique, le régime symbolique et l’expérience sensible, afin d’enrôler des individus et des collectifs dans la transformation de nos modes de production et de consommation.Face à l’urgence écologique et la domination d’un système industriel nous rendant consommateurs d’objets dont nous ne maîtrisons ni ne connaissons les provenances et les conséquences, autrement dit les écologies, se pose la question de la compréhension et de l’accès à la technique pour une “response-abilisation” commune. C’est en ce sens qu’une série de mouvements récents se sont développés autour de l’invention d’outils de production ouverts, locaux, visibles et appréhendables, motivés par une volonté de démocratisation et de partage. Mais, malgré la portée et l’importance de ces initiatives, elles sont souvent présentées et traitées comme de simples moyens alternatifs, alors que réside dans cette socialisation de la mise en œuvre des opportunités de transformations fondamentales du rapport à la technique. Dans cette thèse, est proposé d’explorer les conditions d’invention, de développement et de partage de procédés techniques impliquant la pleine prise en compte de leurs régimes esthétiques et symboliques. Cette technicité sensible inscrite dans un réseau de significations culturelles, qualifiée de technophanie par Simondon en miroir à la hiérophanie d’Eliade, permet de puiser dans des imaginaires communs pour intéresser des collectifs et en fournir les clés de problématisation. Réintégrant le geste dans le processus de production, ces “manufactures technophaniques” nous sortent de l’inéluctabilité du progrès technique froid et distant, elles cherchent à nous faire “aimer les techniques à nouveau” pour devenir choses publiques, “res publica”, c’est-à-dire objets capables de fédérer des collectifs concernés par leurs pratiques. L’invention de tels procédés, liant régimes techniques, symboliques, esthétiques, scientifiques, écologiques et pratiques, nécessite une approche propre au design. Il s’agit de rendre appréhendables, au sens perceptif et physique du terme, des réalités habituellement inaccessibles.

  • Titre traduit

    Technophanic workmanship


  • Résumé

    Title :Technophanic ManufacturesSubtitle :A research through design to explore manufacturing processes’ technical, aesthetical and symbolic regimes, stimulating collective understanding and participation.Problem :The current environmental crisis requires to reconsider collectively our material production’s impacts and issues. How can we then create production tools able to engage and mobilise both individuals and collectives, inviting them to take part in the thinking and making of these new production systems?Hypothesis :Looking beyond the current “maker” movement which aims at developing locally accessible and open production tools, this research explores the conditions of “technophanic manufactures” which include not only the efficiency of the process, but also its symbolic and sensible aspects to engage individuals and communities in a production and consumption shift.The environmental crisis demands a closer look at the origin of things. Today, we barely know the provenance of the objects we buy and use on a daily basis, nor how they are made and how much energy they require. We don’t have access to their “ecologies”. This lack of knowledge keeps the environmental issues at stake out of reach, it “de-responsibilisates” us. Recent design movements have developed a more open, small-scale and accessible vision of production processes. They seek to democratize, share, and educate society in a global understanding and participation to the making of things. Though crucial, these movements are limited by the fact that they only develop and present these new inventions as alternative means. The thesis claims that the socialisation of production provides a unique occasion to rethink our relation to technologies and artefacts through narratives. This practice-based design research explores the conditions through which new manufacturing processes fully take into account the symbolic and aesthetic aspects that allow people to endorse the problems at stake, not only through use and efficiency, but also through sensation, imagination and wonder. This cultural approach to technologies has been named by Gilbert Simondon “Technophany”, in direct reference to Mircea Eliade’s “Hierophany”, which described the equally symbolic and efficiently driven relation to tools and processes that many non-Western people have developed and kept alive. These “technophanic manufactures” seek to “make us love techniques again” to become public things, “res publica” - able to enrol communities around the awareness of uses and impacts. To do so, a design approach is necessary, in order to include technical, symbolic, aesthetic, scientific, political, commercial and practical ways of thinking. It seeks to translate hidden realities into accessible and participative experiences.


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