Thèse soutenue

À la lanterne ! Modes d’existence d’un objet banal, entre imaginaire technique et politique. Invention, économie urbaine, publics et circulations du «réverbère», Paris, Barcelone, XVIIIe s.

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Auteur / Autrice : Benjamin Bothereau
Direction : Liliane Hilaire-Pérez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire (option : Histoire des techniques)
Date : Soutenance le 06/12/2018
Etablissement(s) : Paris Sciences et Lettres (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre Alexandre Koyré (Paris)
établissement de préparation de la thèse : École des hautes études en sciences sociales (Paris ; 1975-....)
Jury : Président / Présidente : Valérie Nègre
Examinateurs / Examinatrices : Valérie Nègre, Marco Beretta, Guillaume Carnino, Vincent Denis, Allan Potofsky
DOI : 10.70675/8cc5e21cz26f7z4400zb660z00633d5dee09

Résumé

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Notre culture a banalisé la lanterne publique, objet technique du quotidien urbain. Or, à la fin du XVIIIe s., la lanterne devient un véritable leitmotiv visuel et sémantique révolutionnaire.Innovation technique pour l’éclairage public au XVIIIe s., la lanterne « à réverbères » optimise l’intensité lumineuse en utilisant des artifices, les réflecteurs métalliques concaves (réverbères), afin de rationaliser le chemin optique. Si l’historiographie s’est focalisée sur la lampe d’Argand, nous avons construit notre étude autour du réflecteur, moins noble et peu valorisé. L’émergence de la nouvelle technique est intrinsèquement accompagnée de discours, d´images et de mythes qui structurent son imaginaire. La biographie d’objet est une ressource précieuse pour l’appréhender, par des prismes s’affranchissant de la distinction objet/sujet pour traiter la lanterne comme acteur et interroger ses modes d’existence.Le premier prisme porte sur la genèse de l’objet et l’inscription de son imaginaire technique comme réponse rationalisée au problème d’éclairage. Mais, interroger le sens de la technicité de l’objet n’est pas suffisant, le second prisme étudie la lanterne « en action de rue», soit sa « réticulation spatiale » et son intégration au milieu. Le troisième moment interroge les médiations transformatrices des valeurs initiales de l’objet à travers les circulations techniques (transculturelles) franco-espagnoles, et un champ de media (annonces techniques et cartes de commerce) : elles structurent la zone entre invention, publics et marchés. Enfin, le quatrième moment est consacré à la lanterne politique et ses paradoxes, basculant du double imaginaire de l’administration monarchique et du contrôle policier parisien– ou militaire barcelonais – à l’emblème révolutionnaire. Fidèle à une méthode « au ras de l’objet », nous faisons dialoguer ses fonctions symboliques avec son schème technique, pour faire ressortir les résonances – ou les déphasages– de l’imaginaire politique dans la matérialité. Nous souhaitons ainsi redonner de l’épaisseur à la lanterne, afin de retrouver son sens humain et comprendre son empreinte dans la culture.