Des bakkal à Istanbul. Epiceries de quartier et pratiques marchandes en ville. Encastrement urbain, fabrique du lieu, vitrines morales

par Aziliz Pierre

Thèse de doctorat en Etudes urbaines

Sous la direction de Jean-Pierre Hassoun.

Soutenue le 04-12-2018

à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec École des hautes études en sciences sociales (Paris) (établissement de préparation de la thèse) .


  • Résumé

    Dans les années 1980, l’ouverture à l’international de l’économie turque a profondément transformé le paysage commercial d’Istanbul. Dans ce contexte marqué par une compétition intense et multiforme et l’arrivée de grandes surfaces, les bakkal (« épicier » et « épicerie » en turc) ont été marginalisés. Ils restent cependant toujours présents. Cette thèse repose sur une enquête, réalisée au cours des années 2014 et 2015. Elle est restituée sous la forme de trois études de cas qui ont été observées de façon ethnographique et rapprochée (interviews, observations), mais aussi sous la forme d’une approche relevant de l’anthropologie urbaine qui prend la ville comme objet de recherche. Elle montre qu’au sein des territoires dans lesquels leur commerce est encastré, les épiciers participent au quotidien à la production de la ville à l’échelle locale ce qui finit par donner naissance à des micro-lieux et à une citadinité spécifique à chacun. Celle-ci fait écho à l’éclatement et l’individualisation de cette profession dont l’organisation collective n’est qu’anecdotique. Chacun des commerces étudiés peut être lu comme un théâtre urbain dans lequel la vie familiale, les valeurs de l’épicier et la vie du quartier sont lisibles depuis la rue. L’épicerie s’impose alors comme une vitrine morale diffusant dans la ville un récit intime et territorial sur le micro-lieu qu’il influence.En adoptant le point de vue du bakkal pour regarder Istanbul, il est ainsi possible de voir comment ces acteurs urbains du quotidien participent à la co-construction de la ville en intégrant à leur métier, chacun à leur façon, les transformations urbaines d’Istanbul dans leurs variations locales que ce soit la gentrification, le sentiment de perte du quartier ou la régénération urbaine, ainsi que certains débats politiques (la consommation d’alcool, la pression de quartier ou les usages de l’espace public) ayant lieu aux échelles métropolitaines et nationales.

  • Titre traduit

    The bakkal in Istanbul. Corner shops and shopkeepers’ practices in the city. Urban embeddedness, place-making, moral showcases


  • Résumé

    In the 1980s, the opening of the Turkish economy to international markets led to a substantial change in Istanbul’s retail landscape. In this environment characterised by fierce and multifaceted competition and the rise of large-scale retailers, the bakkal (‘grocer’ and ‘grocery store’ or ‘corner shop’ in Turkish) were marginalised. Nevertheless, they still exist.This PhD thesis is based on fieldwork conducted in 2014 and 2015. It takes the form of three case studies and used ethnographic and microscopic methods (interviews, observations), combined with an urban anthropological approach which looks at the city as a research object.This study shows that, in the places in which their shops are embedded, the bakkal contribute to the daily production of the city at a local level, which leads to the creation of micro-spaces and the development of a personal relationship with the city. This reflects the fragmentation and individualisation of this profession whose members rarely organise themselves collectively. Each of the shops which have been studied can be seen as an urban theatre in which family life, the values of the storekeeper and neighbourhood life are readable from the street. As such, the corner shop establishes itself as a ‘moral showcase’ which propagates an intimate and territorial narrative in the micro-space it influences.Looking at Istanbul from the bakkal’s perspective, one can observe how these daily-life urban actors participate in the co-construction of the city by incorporating into their trade, in an individual way, the local expressions of urban transformation processes in Istanbul, be they gentrification, the feeling of loss of neighbourhood or urban regeneration, as well as certain national and metropolitan political debates (alcohol consumption, neighbourhood watching or the use of public spaces).


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