Être sikh en diaspora : mobilité transnationale, politique de reconnaissance et reconfigurations identitaires chez les sikhs britanniques

par Christine Moliner

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et historique

Sous la direction de Denis Matringe.

Soutenue le 18-06-2018

à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec École des hautes études en sciences sociales (Paris) (établissement de préparation de la thèse) .


  • Résumé

    Minorité ethno-religieuse originaire du Nord-Ouest de l’Inde, les sikhs ont une longue histoire migratoire qui prend naissance pendant la colonisation britannique. Cette thèse s’intéresse à la manière dont les sikhs de la diaspora, et particulièrement ceux de Grande-Bretagne, ont contribué de manière décisive à définir les contours de l’identité sikhe contemporaine.Pour ce faire, nous nous intéressons à la genèse coloniale du discours identitaire dominant, développé par l’élite sikhe réformiste dans la deuxième moitié du 19e siècle, qui repose sur l’élaboration de frontières socio-culturelles rigides séparant les sikhs des non-sikhs et sur la création d’une communauté unie et distincte, dotée d’un univers symbolique autonome, de rites propres et d’une histoire particulière. Cette notion normative d’une communauté sikhe monolithique s'est trouvée consolidée en Grande-Bretagne sous l'effet des politiques publiques et de décennies de mobilisations communautaires pour le turban. La politique sikhe de reconnaissance repose sur l’idée d'exceptionnalisme des sikhs, de leur contribution importante à la société britannique et d’une relation historique privilégiée avec les anciens colonisateurs. Cependant, l’étude de la pluralité des appartenances socio-religieuses – en particulier sectaires et de caste - révèle la diversité des manières d’être sikh en diaspora et bat en brèche les prétentions du leadership à parler au nom de « la » communauté sikhe.

  • Titre traduit

    Being Sikh in the Diaspora : transnational mobility, politics of recognition and identity narratives among British Sikhs


  • Résumé

    As an ethno-religious minority originating from the North-West of India, the Sikhs have a long migration history, starting during the colonial period. This dissertation focuses on how the Sikh diaspora, particularly British Sikhs, have decisively shaped contemporary Sikh identity narratives.Sikh dominant identity narrative was shaped in a dialogic relation between the colonizers and Sikh intellectual elite in the 19th century and it relied on rigid boundaries between Sikhs and non-Sikhs. Sikh reformists strived to create a unified and distinct community, with its own rituals, symbols and collective memory. This normative definition of a homogeneous community has been strengthened in post-colonial Britain, under the influence of public policies towards immigrant minorities and of Sikh politics of recognition. The latter draws on the idea that Sikhs represent a model minority, entertaining a priviliged relationship with the British.However, the diversity of socio-religious practices and belonging observed during fieldwork highlights that, despite Sikh leadership claims to represent a homogenous community, there remains a plurality of ways to be a diasporic Sikh.


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