Les aidants familiaux : de leur reconnaissance à la fraternité

par Isabelle Robineau

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Roberto Poma.

Soutenue le 09-01-2018

à Paris Est , dans le cadre de CS - Cultures et Sociétés , en partenariat avec LIS - Lettres Idées Savoir (laboratoire) et de Lettres, Idées, Savoir (laboratoire) .

Le président du jury était Laurent Visier.

Le jury était composé de Monique Castillo, Patrick Savidan, Bertrand Quentin.

Les rapporteurs étaient Emmanuel Hirsch.


  • Résumé

    Plus de quatre millions de personnes en France accompagnent un proche âgé dans la vie quotidienne. La moitié d’entre elles sont les enfants qui aident leur parent dit « dépendant » en raison d’un problème de santé. Longtemps confinés dans l’enceinte domestique, les aidants familiaux font l’objet depuis une vingtaine d’années d’une prise de conscience par notre société. En effet, leur investissement quotidien, s’il permet de maintenir à domicile leur aîné, peut toutefois porter atteinte à leur propre vie sociale et à leur propre santé. Les aidants familiaux ont besoin d’être soutenus eux-mêmes et ne se sentent pas suffisamment reconnus.Cette thèse a pour objet d’appréhender le monde des aidants familiaux et de la personne âgée dite dépendante à partir de la dimension morale des normes sociales de reconnaissance mises en évidence par Axel Honneth. Les problématiques des aidants ont été identifiées à partir de trois sphères de reconnaissance que sont l’amour, le droit et la solidarité. Celles-ci ont été considérées comme autant de sources d’injustices.Toutefois, « Aider autrui » peut apporter un lot de gratifications morales, en dépit d’une relation asymétrique engageant celui qui aide. L’implication des aidants familiaux auprès de leurs aînés donne corps à la solidarité de proximité basée sur le don.  Bien qu’ils n’en soient pas toujours conscients, les aidants participent au bien commun, en dépit d’une doxa familialiste injonctive présente dans les politiques de la vieillesse de notre pays.La thèse se centre sur l’engagement des aidants pour contredire la vision individualiste et marchande sur laquelle repose la société libérale. L’exemple des aidants permet de penser le lien social sur d’autres critères que la compétitivité et la performance. Ainsi la solidarité de proximité qu’ils incarnent auprès de leurs parents vulnérables s’inscrit dans les valeurs véhiculées par le mouvement du care.  Elle permet de réinvestir notre devise républicaine à travers la fraternité et de placer au cœur du débat politique un nouvel esprit du soin de l’autre et du soin de la collectivité dans notre démocratie.

  • Titre traduit

    Caregivers : from recognition to fraternity


  • Résumé

    More than four million people in France care for a close family member in their daily life. Half of them are children helping their “dependent” relatives due to health problems.Confined to the home for long periods, caregivers have been taken into account by societal choices for the last twenty years. Indeed, their daily investment provides invaluable home-based care, but it can sometimes takes its toll on the caregiver as the family investment can affect their own state of health and social life. Caregivers themselves need support and often feel insufficiently recognized.This thesis focuses on discovering the world of carers for family members and for the elderly known as dependents, starting from the moral aspect of social standards of recognition highlighted by Axel Honneth.Caregivers’ issues have been identified on the basis of the three spheres of recognition that are love, legal relationships and social relationships. They have been considered as many sources of injustice.However, “helping others” can bring its share of moral rewards, despite the unbalanced relationship imposed on the helper. Caregivers’ involvement with their elders are often a source family solidarity based on giving. Not always consciously, caregivers can contribute to a common good, despite an injunctive “familialistic doxa” of the current old-age policies in our country.  The thesis emphasizes the helpers’ commitment with the aim of refuting the individualistic and mercantile vision of the free market society. The example of helpers allows us to consider the social bond by other criteria than competitiveness and performance. The local solidarity that the givers embody next to their vulnerable parents are in line with values conveyed by the care movement.It enables us to reinvest in the motto of fraternity, a foundation of the French Republic, and examines a new spirit of caregiving to others and to community, one that is at the heart of our Democracy’s political questions.


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