L'avortement en France à l'époque moderne. Entre normes et pratiques (mi-XVIe - 1791)

par Laura Tatoueix

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Anna Bellavitis et de Sylvie Steinberg.

Soutenue le 09-11-2018

à Normandie , dans le cadre de École doctorale histoire, mémoire, patrimoine, langage (Mont- Saint- Aignan, Seine-Maritime) , en partenariat avec Université de Rouen Normandie (Etablissement de préparation de la thèse) et de Groupe de recherche d'histoire (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime) (laboratoire) .


  • Résumé

    Cette thèse de doctorat vise à combler un vide historiographique en proposant une synthèse sur l’avortement en France à l’époque moderne. Pratique interdite, confinée au secret, elle apparaît pourtant dans de nombreuses sources. Il s’agit tout d’abord d’interroger les discours sur l’avortement afin de comprendre les conditions de possibilité d’une telle pratique. L’avortement est, à cette époque, un terme polysémique, employé dans des contextes variés. Dans le champ médical, on s’interroge sur l’animation du fœtus, sa viabilité ; dans le champ juridique, il n’est pas distinct de l’infanticide, mais cette indistinction pose problème aux juristes. Et pour la première fois en 1791, le code pénal en fait un crime spécifique. Ce travail analyse cette évolution en questionnant les différents discours dans des domaines qui s’entrecroisent : médecine, droit, théologie. Cette thèse s’intéresse donc à la criminalisation de l’avortement volontaire mais aussi à la façon dont s’organise sa répression. En effet, l’avortement apparaît dans les archives judiciaires mais toujours associé à d’autres crimes, dans le cadre de procès pour « recel de grossesse et suppression de part », ou encore dans le cadre de l’affaire des Poisons à Paris à la fin du XVIIe siècle. Ce travail interroge les difficultés posées par la répression de l’avortement volontaire, ainsi que les biais engendrés par cette association à d’autres catégories criminelles. Cette étude porte enfin sur les pratiques elles-mêmes et appréhende l’avortement comme un phénomène social. Ce travail privilégie une approche par les acteurs/trices en s’intéressant aux femmes qui avortent et aux relations à leur entourage : mari ou amant, parents, etc. Une attention particulière est également portée à la question du secret, de la rumeur et de la dénonciation dans des communautés villageoises et urbaines, et enfin aux personnes à qui elles s’adressent pour avorter, aux savoirs sur l’avortement, à l’accessibilité de ces savoirs ainsi qu’à leur transmission.

  • Titre traduit

    Abortion in early modern France. Norms and practices (mid-XVIth c-1791)


  • Résumé

    This PhD thesis aims at filling an historiographical void by proposing an overview of abortion in early modern France. Though it is a secret and forbidden pratice, abortion appears in many sources. First, this work questions speeches about abortion in order to understand the conditions that enable its existence. At this time, abortion is a polysemous word that is used in a wide range of contexts. In the medical field the animation or viability of the fœtus generates multiple debates. Abortion is considered as a crime, but not separated from infanticide in the Law, which raises multiple questions. And for the first time in 1791, the penal code considers abortion as a specific crime. This work analyzes this evolution by questioning different speeches held about abortion in different but connected fields : medicine, theology, law. Consequently this thesis analyzes the criminalization of abortion as well as its punishment. As a matter of fact, abortion appears in judicial archives but is always associated with others crimes – in trials for « suppression de part et recel de grossesse », or in the context of the repression of poisoners led by the police in Paris since the end of the XVIIth century. The repression itself presents difficulties that this work analyzes, as well as the bias generated with its connection to other criminal categories. This study finally deals with the practices themselves and examines abortion as a social phenomenon. I mostly consider the actors and actresses of abortion and specifically the women who abort and their relatives (husband or lovers, parents, etc.,). I also pay special attention to secret, rumor and denunciation in the context of urban and rural communities, and finally to the persons women solicit to get an abortion, to knowledge, to access to this knowledge as well as its transmission.


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Informations

  • Sous le titre : L'avortement en France à l'époque moderne. Entre normes et pratiques (mi-XVIe - 1791)
  • Détails : 1 vol. (539 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 494-529. Index
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