Révéler le contenu latent du code source : à la découverte des topoi de programme

par Carlo Ieva

Thèse de doctorat en Informatique

Sous la direction de Souhila Kaci.


  • Résumé

    Le développement de projets open source à grande échelle implique de nombreux développeurs distincts qui contribuent à la création de référentiels de code volumineux. À titre d'exemple, la version de juillet 2017 du noyau Linux (version 4.12), qui représente près de 20 lignes MLOC (lignes de code), a demandé l'effort de 329 développeurs, marquant une croissance de 1 MLOC par rapport à la version précédente. Ces chiffres montrent que, lorsqu'un nouveau développeur souhaite devenir un contributeur, il fait face au problème de la compréhension d'une énorme quantité de code, organisée sous la forme d'un ensemble non classifié de fichiers et de fonctions.Organiser le code de manière plus abstraite, plus proche de l'homme, est une tentative qui a suscité l'intérêt de la communauté du génie logiciel. Malheureusement, il n’existe pas de recette miracle ou bien d’outil connu pouvant apporter une aide concrète dans la gestion de grands bases de code.Nous proposons une approche efficace à ce problème en extrayant automatiquement des topoi de programmes, c'est à dire des listes ordonnées de noms de fonctions associés à un index de mots pertinents. Comment se passe le tri? Notre approche, nommée FEAT, ne considère pas toutes les fonctions comme égales: certaines d'entre elles sont considérées comme une passerelle vers la compréhension de capacités de haut niveau observables d'un programme. Nous appelons ces fonctions spéciales points d’entrée et le critère de tri est basé sur la distance entre les fonctions du programme et les points d’entrée. Notre approche peut être résumée selon ses trois étapes principales : 1) Preprocessing. Le code source, avec ses commentaires, est analysé pour générer, pour chaque unité de code (un langage procédural ou une méthode orientée objet), un document textuel correspondant. En outre, une représentation graphique de la relation appelant-appelé (graphe d'appel) est également créée à cette étape. 2) Clustering. Les unités de code sont regroupées au moyen d’une classification par clustering hiérarchique par agglomération (HAC). 3) Sélection du point d’entrée. Dans le contexte de chaque cluster, les unités de code sont classées et celles placées à des positions plus élevées constitueront un topos de programme.La contribution de cette thèse est triple: 1) FEAT est une nouvelle approche entièrement automatisée pour l'extraction de topoi de programme, basée sur le regroupement d'unités directement à partir du code source. Pour exploiter HAC, nous proposons une distance hybride originale combinant des éléments structurels et sémantiques du code source. HAC requiert la sélection d’une partition parmi toutes celles produites tout au long du processus de regroupement. Notre approche utilise un critère hybride basé sur la graph modularity et la cohérence textuelle pour sélectionner automatiquement le paramètre approprié. 2) Des groupes d’unités de code doivent être analysés pour extraire le programme topoi. Nous définissons un ensemble d'éléments structurels obtenus à partir du code source et les utilisons pour créer une représentation alternative de clusters d'unités de code. L’analyse en composantes principales, qui permet de traiter des données multidimensionnelles, nous permet de mesurer la distance entre les unités de code et le point d’entrée idéal. Cette distance est la base du classement des unités de code présenté aux utilisateurs finaux. 3) Nous avons implémenté FEAT comme une plate-forme d’analyse logicielle polyvalente et réalisé une étude expérimentale sur une base ouverte de 600 projets logiciels. Au cours de l’évaluation, nous avons analysé FEAT sous plusieurs angles: l’étape de mise en grappe, l’efficacité de la découverte de topoi et l’évolutivité de l’approche.

  • Titre traduit

    Unveiling source code latent knowledge : discovering program topoi


  • Résumé

    During the development of long lifespan software systems, specification documents can become outdated or can even disappear due to the turnover of software developers. Implementing new software releases or checking whether some user requirements are still valid thus becomes challenging. The only reliable development artifact in this context is source code but understanding source code of large projects is a time- and effort- consuming activity. This challenging problem can be addressed by extracting high-level (observable) capabilities of software systems. By automatically mining the source code and the available source-level documentation, it becomes possible to provide a significant help to the software developer in his/her program understanding task.This thesis proposes a new method and a tool, called FEAT (FEature As Topoi), to address this problem. Our approach automatically extracts program topoi from source code analysis by using a three steps process: First, FEAT creates a model of a software system capturing both structural and semantic elements of the source code, augmented with code-level comments; Second, it creates groups of closely related functions through hierarchical agglomerative clustering; Third, within the context of every cluster, functions are ranked and selected, according to some structural properties, in order to form program topoi.The contributions of the thesis is three-fold:1) The notion of program topoi is introduced and discussed from a theoretical standpoint with respect to other notions used in program understanding ;2) At the core of the clustering method used in FEAT, we propose a new hybrid distance combining both semantic and structural elements automatically extracted from source code and comments. This distance is parametrized and the impact of the parameter is strongly assessed through a deep experimental evaluation ;3) Our tool FEAT has been assessed in collaboration with Software Heritage (SH), a large-scale ambitious initiative whose aim is to collect, preserve and, share all publicly available source code on earth. We performed a large experimental evaluation of FEAT on 600 open source projects of SH, coming from various domains and amounting to more than 25 MLOC (million lines of code).Our results show that FEAT can handle projects of size up to 4,000 functions and several hundreds of files, which opens the door for its large-scale adoption for program understanding.


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