Des gravats dans la ville : Pour une approche matérielle de la démolition

par Laetitia Mongeard

Thèse de doctorat en Géographie, aménagement et urbanisme

Sous la direction de Vincent Veschambre.

Soutenue le 17-12-2018

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Environnement, ville, société (Rhône) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Lydia Coudroy de Lille.

Le jury était composé de Sylwia Kaczmarek, Omar Merabet.

Les rapporteurs étaient Sabine Barles, Pierre Bergel.


  • Résumé

    Tandis que la ville se renouvelle sur elle-même, les opérations inhérentes à ce phénomène produisent des quantités de déchets au moins équivalentes à celles des déchets ménagers dans le cas français. Parmi ces déchets figurent les gravats, visibles tantôt sous forme de montagnes sur les chantiers emblématiques, tantôt en tas informes en dépôt sauvage. L’enjeu du devenir de ces pondéreux est pris en compte par un cadre réglementaire qui impose leur valorisation. Du côté de la construction urbaine, ces déchets sont de plus en plus appréhendés comme gisement potentiel constituant une alternative aux ressources naturelles, dans des approches en termes de métabolisme territorial et d’économie circulaire. À travers le cas de l’agglomération lyonnaise, cette thèse considère le processus de production de ces gravats constitués comme matières premières secondaires. La démolition – objet principalement des sciences de l’ingénieur et en creux des sciences humaines et sociales dont la géographie – est appréhendée par sa matérialité, par le biais du suivi des gravats à partir d’un échantillon de chantiers. Considérant tour à tour la production des gravats, leur circulation et l’organisation et le fonctionnement du système en jeu, la thèse interroge les modalités et conditions de la participation de ces matériaux à la construction urbaine. Loin de faire l’objet, comme d’autres déchets, de filières de traitement institutionnalisées pour répondre au cadre réglementaire, les gravats relèvent d’un statut de déchet faible parce que potentiel et leur valorisation dépend de pratiques, tant techniques que spatiales – essentiellement de proximité – dès le début du chantier de démolition. La démolition, garante du devenir de ses matériaux, apparaît alors comme déterminante, menée aujourd’hui par un secteur entier dédié à la « déconstruction » et soumis à de forts enjeux d’adaptation à un contexte économique global pour une activité ancienne très ancrée dans son territoire. La participation des gravats à la construction urbaine passe par ailleurs par des valorisations basées sur une forte logique de proximité spatiale mais relevant d’enjeux distincts et potentiellement concurrent rendant nécessaire une structuration et hiérarchisation des matériaux comme des usages qui peuvent en être faits. Enfin, le système de transformation des gravats en matières premières secondaires se constitue actuellement, présentant alors l’aspect d’une filière dont l’enjeu sera probablement de coordonner les acteurs et pratiques existantes.

  • Titre traduit

    Rubble in the city : Towards a material understanding of demolition


  • Résumé

    While the city is renewing itself upon its own foundations, the process and operations inherent in this phenomenon produce a quantity of waste equivalent, if not superior, to domestic waste in the case of France. Among this demolition waste, we find rubble, piled up in mountains on emblematic work sites or shapeless piles on the side of the road in unauthorised dumps. The issue of the future of these heavy materials is regulated within a framework that demands their reuse. In urban construction, waste tends to be seen more and more as a possible deposit, an alternative to natural ressources, thinking in terms of territorial metabolism and circular economy. By studying the case of the Lyonnais conurbation, this thesis studies the process of production of this rubble, a potential secondary raw material. Demolition - an issue mainly associated with engineering science and to a lesser extent with social science and humanities including geography - is comprehended in its materiality, through the monitoring of rubble, based on a sample of work sites. Considering in turns the production of rubble and its flow, as well as the organisation and functioning of the system brought into play, this thesis examines how demolition waste can participate in urban construction. Unlike other waste, that are subjected to institutionalised treatment to fit the legal frame, rubble is considered a relative, inert waste, whose reuse depends on technical and spatial practices - mainly on a local level - from the very beginning of the demolition process. This demolition process is therefore decisive since it is responsible for the future of these materials. That process relies on a whole sector dedicated to “deconstruction”, facing challenges to adapt to a global economic context while dealing with an old activity, deeply rooted on a local level. The use of rubble in urban construction also involves reuses based on proximity. However, the implementation of a clear structuring and hierarchisation of the materials, as well as what can be done with them, seems necessary considering the sometimes conflicting interests at stake. The system transforming rubble into secondary raw materials is currently developing ans shows that its main goal will be the coordination of actors and already existing practices.

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