Travail de représentation et rapport au politique dans le syndicalisme policier

par Benjamin Pabion

Thèse de doctorat en Sciences politiques

Sous la direction de Nathalie Dompnier et de Sophie Béroud.

Soutenue le 25-06-2018

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Triangle, action, discours, pensée politique et économique (Lyon) (équipe de recherche) , Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de Triangle : action- discours- pensée politique et économique / TRIANGLE (laboratoire) .

Le président du jury était Lilian Mathieu.

Le jury était composé de Nathalie Dompnier, Sophie Béroud, Arnaud Mias, Christian Mouhanna.

Les rapporteurs étaient Jean-Michel Denis, Arnaud Mias.


  • Résumé

    La Police Nationale est l’une des professions les plus syndiquées en France, avec un taux de syndicalisation proche des 70%. Pourtant, les recherches sur le militantisme et les mouvements sociaux pensent souvent les policiers comme les instruments de la répression, comme le bras armé de l’État, mais bien plus rarement comme des travailleurs soumis, comme d’autres, à des pressions de leur hiérarchie et à des difficultés professionnelles. A partir de ce constat, et grâce à une enquête socio-ethnographique, cette thèse questionne l’organisation et le fonctionnement du syndicalisme policier. Après une mise en perspective historique permettant de présenter les modalités de construction et d’évolution du syndicalisme policier, l’analyse porte sur le travail syndical de représentation et le rapport au politique. Nous montrons ainsi que les syndicalistes policiers articulent un important travail de service aux adhérents (en participant notamment aux commissions administratives paritaires qui gèrent les carrières des fonctionnaires) et des formes de mobilisations plus conflictuelles. Comme dans d’autres milieux, les syndicalistes policiers sont soumis à une logique de professionnalisation, mais les permanents syndicaux sont accompagnés, dans leur travail, par un important réseau de militants et délégués qui contribuent à entretenir la proximité avec les travailleurs. En mobilisant et en questionnant le concept bourdieusien de champ, nous interrogeons enfin les relations entre le champ syndical policier et le champ politique. Les syndicalistes policiers entretiennent un rapport ambivalent et très circonstancié au politique, entre rejet, mise à distance et appropriation. Notre démarche ethnographique permet de saisir les logiques de différenciation des pratiques en fonction des acteurs, et plus particulièrement en fonction du niveau de responsabilité. Ainsi, si l’évitement du politique est la règle générale, elle est appliquée avec bien plus de rigueur au niveau départemental qu’au niveau national.

  • Titre traduit

    Representation process and relation to politics in police unionism


  • Résumé

    The French National Police force is one of the most unionised professions in the country: close to 70%. Yet most of the scientific research on activism and social movements only considers police officers as a entities within the state repression system, and rarely as workers who experience, as any others, pressures from their management and professional struggles. Based on these observations, and using a socio-ethnographic survey, our thesis aims to question the organization and running of French police unionism. After a brief analysis of the historical process of construction and evolution of police unionism, we examine the unions representation work and its relation to politics.We notably demonstrate that police unionists articulate an important work of service to their paying members (by participating in the joint administrative commissions which manage the careers of civil servants) and forms of more conflicting mobilizations. As in other environments, police unionists are subject to a logic of professionalization, but the union officials are accompanied in their work by a large network of activists and representatives who contribute to maintaining proximity with the workers.Mobilizing and questioning Bourdieu's concept of “field”, we finally examine the relations between the police union field and the political field. Police unionists entertain an ambivalent and very circumstantial relationship to politics, caught between rejection, distanciation and appropriation. Our ethnographic approach allows us to grasp the logic of practice differentiation by stakeholder, and more particularly by level of responsibility. Thus, if avoiding politics is the general rule, it is applied much more rigorously at the local level than at the national level.


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