Santé psychologique au travail des femmes avec un passé de cancer du sein : une approche comparative et dyadique

par Marie Saramago

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Fabienne Lemétayer.

Le président du jury était Francis Guillemin.

Le jury était composé de Fabienne Lemétayer, Véronique Christophe, Anne-Marie Étienne.

Les rapporteurs étaient Véronique Christophe, Anne-Marie Étienne.


  • Résumé

    Introduction : L’augmentation croissante de la survie après un cancer du sein conduit de plus en plus à accompagner ces femmes vers un retour à la vie active. Ce travail de thèse vise un double objectif. Il s’agira tout d’abord d’étudier la santé mentale au travail des femmes ayant un passé de cancer du sein en ayant recours à une approche comparative avec un groupe contrôle. Plus spécifiquement, nous tenterons de mettre à jour les stresseurs influant sur le burnout d’une part et les ressources impactant le bien-être psychologique au travail d’autre part. Le second objectif s’intéresse au couple et à la santé mentale au travail de chacun de ses membres en ayant recours à une approche dyadique et comparative.Méthode : Au total, 308 personnes ont été interrogées (88 femmes avec un passé de cancer du sein et 20 conjoints ; 100 femmes sans passé de cancer et leur conjoint). Tous ont complété des mesures évaluant leur santé mentale au travail (burnout et bien-être psychologique au travail), leurs ressources personnelles et relatives au travail (auto-efficacité, optimisme, expressivité émotionnelle, détachement psychologique du travail), des stresseurs (charge de travail, conflit vie professionnelle vie privée), leurs manifestations anxio-dépressives, leur satisfaction de vie et leur satisfaction de leur relation de couple. Résultats : Les résultats de la première étude ont montré que les femmes avec un passé de cancer ont des scores de burnout plus élevés que les femmes n’ayant pas ce vécu. Pour autant, ces scores se sont révélés en deçà des seuils critiques pour les deux groupes. Par ailleurs, cette première étude a permis d’identifier un effet modérateur des manifestations anxieuses sur la relation entre le conflit vie professionnelle-vie privée et le burnout dans le groupe clinique. Dans ce même groupe, et comparativement au groupe contrôle, la deuxième étude a permis de mettre à jour le sentiment d’efficacité personnelle comme la variable ressource la plus prédictive du bien-être psychologique au travail global et de ses composantes. Par ailleurs, la troisième étude a permis de montrer l’effet médiateur du sentiment d’appartenance à son environnement professionnel qui protègerait le groupe clinique de l’impact de la charge de travail sur le burnout. Enfin, dans les deux dernières études, et contre toutes attentes, les analyses causales auprès des couples des deux groupes ont révélé une sensibilité accrue du conjoint dont la compagne a été concernée par un cancer à sa satisfaction de sa relation de couple, ainsi qu’une influence tant au niveau de la détresse émotionnelle que des ressources de sa compagne sur sa santé mentale au travail.Conclusion : En contexte professionnel, les femmes ayant un passé de cancer du sein de ce travail de thèse se sont révélées en capacité de mobiliser des ressources pour se protéger du burnout et pour promouvoir et entretenir leur bien-être au travail. En revanche, leurs conjoints sont apparus plus sensibles à la situation de leur couple et aux signaux de leur compagne. Des recommandations en termes d’accompagnement du couple, durant la période de l’après-annonce de la rémission, seront discutées et suggérées.

  • Titre traduit

    Mental health issues at work of breast cancer survivors : a dyadic and comparative approach


  • Résumé

    Introduction : An increasing number of people surviving the cancer lead more and more to assist them in order to return to active working life. This study had two objectives. First, we investigated the mental health at work of women survivor of breast cancer using a comparative approach with a control group. More specifically, we identified stressors that affect burnout and resources that impact psychological well-being at work. The second objective focused on the couple and the mental health at work of each of its members using a dyadic and comparative approach. The main objective of this research wereto identify what positively affects well-being at work, while considering the possible partner’s influence in the context of return to work after cancer. Method: 308 adults were interviewed (88 women affected by a history of breast cancer and 20 spouses, 100 women without cancer experience and their spouse). They completed measures of mental health at work (burnout and psychological well-being at work), personal and work-related resources (self-efficacy, optimism, emotional expressivity, psychological detachment at work), stressors (workload, work-family conflict), anxiety and depression, life satisfaction and satisfaction with their relationship. Results: Results of the first study showed that women with a history of cancer have higher burnout scores than women who do not have this experience. However, these scores were below the critical thresholds for both groups. In addition, this first study identified a moderating effect of anxious manifestations on the relationship between work-family conflict and burnout in the clinical group. In this same group, and compared to the control group, the second study identified self-efficacy as the most predictive resource of psychological well-being at work and its components. In addition, the third study showed the mediating effect of feeling of belonging to professional environment it would protect the clinical group from the impact of the workload on burnout. Finally, in the last two studies, and contrary to expectations, the causal analyzes revealed an increased sensitivity of the spouse whose woman was affected by cancer to his satisfaction with his relationship, as well as an influence at the level of partner’s emotional distress and resources on his mental health at work.Conclusion: In a professional context, women with a history of breast cancer in this thesis work proved to be able to mobilize resources to protect themselves from burnout and to promote and maintain their well-being at work. Moreover, their spouses appeared more sensitive to the situation of their couple and signals of their partner. Recommendations in terms of support for the couple, during the period after the announcement of the remission, will be discussed and suggested.


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