Un prophète à Tophet : August Strindberg relit Jérémie

par Ana Berlogea

Thèse de doctorat en Théologie

Sous la direction de Elena Di Pede et de Miruna Runcan.

Le président du jury était Anca Maniutiu.

Le jury était composé de Elena Di Pede, Miruna Runcan, Ion Tomuș, Ioan Brancu, Ioan Robu, Anca-Maria Rusu.

Les rapporteurs étaient Ion Tomuș.


  • Résumé

    Un geste accompli au cours d’une représentation théâtrale et un geste prophétique peuvent-ils se rejoindre ? Un texte dramatique peut-il avoir lui-même vocation « prophétique », dans le sens où il éveille la conscience de ses destinataires, leur montrant le chemin de la vie et de la mort ? Telle est la question au centre de cette recherche. Pour l’aborder on propose d’étudier la manière dont l’auteur dramatique suédois August Strindberg (1849-1912), un des pères du théâtre moderne, reçoit et relit dans son dernier écrit pour le théâtre, La Grand-route (1909), la prophétie de Jérémie à Tophet (Jr 7, 31.32 ; 19, 6.11.12.13.14). Proclamant la parole divine essentiellement à Jérusalem à la fin du 6ème siècle av. J. C., Jérémie est aussi envoyé par Dieu à Tophet, pour poser un acte prophétique particulier – qui unit le geste à la parole pour renforcer cette dernière : Jérémie doit briser un vase pour annoncer la destruction de Jérusalem (19,11-12). Dans le dernier drame strindbergien, un prédicateur arrive dans une ville nommé Tophet, où il reçoit un vase japonais qui devient urne funéraire. Associé à un discours critique envers les perversions d’une société matérialiste, l’objet devient signe de la fin tragique d’un homme, associée au destin de sa ville, Hiroshima. À travers l’analyse comparative de la mission des sujets, des fonctions du lieu et du vase, objet empreint de la vie humaine, la thèse traite de la relation entre théâtre et prophétie, domaines abordés utilisant l’analyse performative et les principes de la grammaire narrative et structurale.

  • Titre traduit

    A prophet Tophet : August Strindberg interprets Jeremiah


  • Résumé

    Can a gesture made during a theatrical performance and a prophetic gesture be compared? Can a dramatic text itself have a "prophetic" vocation, in the sense that it awakens the consciousness of its audience? This is the central question of this research. To approach it, we propose to study the way in which the Swedish playwright August Strindberg (1849-1912), one of the fathers of modern theatre, interprets in his last drama, The Great Highway (1909), the prophecy of Jeremiah. Proclaiming the divine word essentially in Jerusalem, at the end of the 6th century BC, the prophet Jeremiah is also sent to Tophet (Jr 7: 31.32; 19, 6.11.12.13.14), a place that alone symbolizes the perversion of the Israelites (Jr 19:1-20:2). It is here that Jeremiah is invited to perform a prophetic act, which unites gesture with words to strengthen the latter: Jeremiah must break a vessel to announce the destruction of Jerusalem. In Strindberg’s drama, a preacher arrives in a town calls Tophet, where he receives a Japanese vase in order to turn it into a funeral urn. Associated to a critical speech against a materialistic society, the object becomes a sign of a merchant’s tragic life, linked to the destiny of his hometown, Hiroshima. Through a comparative analysis, that focuses on the mission of the hero, the functions of the place and of the vase – an object imprinted of man’s life and choices, the theses addresses the relationship between theatre and prophecy. The two domains are approached through a performative analyse, but also with the help of narrative and structural grammar.

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