Esthétique du politique dans le cinéma de Jean-Luc Godard de 1969 à 2014.

par Guillaume Deheuvels

Thèse de doctorat en Lettres et arts spécialité Arts du spectacle -

Sous la direction de Didier Coureau.

Le président du jury était Antoine de Baecque.

Le jury était composé de Nicole Brenez, Fabienne Costa.

Les rapporteurs étaient Antoine de Baecque, Gérard Leblanc.


  • Résumé

    La présente thèse se propose de faire une lecture esthétique du politique dans le cinéma de Jean-Luc Godard de 1969 à 2014, en essayant de démontrer que l'esthétique du politique dans son cinéma s'exprime par un renouveau de la pensée dialectique de l'image.Cette conception de la dialectique godardienne de l'image est influencée par la philosophie althussérienne des « Appareils idéologiques d'Etat » et constitue un profond renouvellement des concepts hégéliens et marxistes de la dialectique, au sens où la dialectique godardienne de l'image est une dialectique sans synthèse, qui se caractérise par une pensée du troisième plan développé à partir du rapprochement inédit de deux images, qui entretiennent un rapport à la fois « lointain et juste » sur le mode de la métaphore surréaliste et du collage.La période du Groupe Dziga Vertov représente chez Godard un foyer de réflexions esthétiques et politiques, ainsi que d'expérimentation, où il met en place véritablement cette pensée politique et dialectique de l'image, qu'il va ensuite approfondir dans les autres périodes : initiation de la dialectique entre image et son dans la période du Groupe Dziga Vertov ; dialectique entre image et langage influencée par les systèmes de la télévision et de la publicité, dialectique de la technique vidéo et du cinéma dans la période Sonimage, images dialectisées dans l'esthétique de la relève et la pensée du contre-champ et du hors-champ dans les Histoire(s) du cinéma, esthétique dialectique de la mise en ruine dans l'exposition Voyage(s) en Utopie, esthétique dialectique du désastre dans Adieu au langage et Trois désastres..Ces différentes esthétiques dialectiques de l'image se retrouvent d'une période à l'autre, si bien que ces périodes entretiennent des rapports d'interaction différentielle sur le mode de la dialectique godardienne.Du reste la pensée dialectique godardienne nous conduit à dépasser l'approche traditionnelle que les études universitaires ont des rapports entre les différentes périodes de l'œuvre de Jean-Luc Godard – période du Groupe Dziga Vertov (1969-1972), période du Groupe Sonimage (1972-1979), période des Histoire(s) du cinéma, période Péripheria, période de la collaboration avec Fabrice Aragno et Nicole Brenez… –, conçus en termes soit de rupture, soit de continuité. En réalité, de 1969 à 2014, tout se passe comme si la filmographie de Jean-Luc Godard progressait de façon dialectique et hélicoïdale à la manière de la philosophie de l'histoire de Giambattista Vico, fondée sur des moments de ruptures et de continuités, et faisant de l'esthétique du politique, une esthétique de la complexité, qui repose sur une série d'« images-pensées » et une pensée dialectique et rhizômatique ouverte.La pensée esthétique et politique de Godard est comprise dans cette tension dialectique entre un mouvement vers l'avant et un regard rétrospectif ouvrant le champ des possibles d’un véritable socialisme cinématographique

  • Titre traduit

    Aesthetics of politics in Jean-Luc Godard's cinema from 1969 to 2014.


  • Résumé

    The present thesis proposes to make an aesthetic reading of politics in Jean-Luc Godard's cinema from 1969 to 2014, by trying to demonstrate that the aesthetics of politics in his cinema is expressed by a renewal of the dialectical thought of the image. This conception of the Godardian dialectic of the image is influenced by the Althusserian philosophy of the "ideological apparatuses of state" and constitutes a profound renewal of the Hegelian and Marxist concepts of dialectics applied to the cinematographic paradigm, in the sense that the godardian dialectic of the image is a dialectic without synthesis, which is characterized by a thought of the third shot developed from the unusual rapprochement of two images that maintains a relationship both « far and right » in the mode of surrealist aesthetics of metaphor and collage.The period of the Dziga Vertov Group represents in Godard’s filmography a space of aesthetic and political reflections, as well as of experimentation, where it really sets up this political and dialectical thought of the image, which it will then deepen in the other periods: initiation of the dialectic between image and sound in the period of the Dziga Vertov Group; dialectic between image and language influenced by the television and advertising systems, dialectic of video technique and cinema in the Sonimage period, images dialectised and political thought of the reverse shot and off-screen in the History (s) of cinema, dialectical aesthetics of ruining in the exhibition Voyage (s) in Utopia, dialectical aesthetics of disaster in Farewell to language and Three disasters …These different dialectical aesthetics of the image are found from one period to another, so that these periods maintain relations of differential interaction on the mode of Godardian dialectic. Moreover, Godard's dialectical thought leads us to question the traditional approach that the university studies have to the relations between the different periods of the work of Jean-Luc Godard (period of the Dziga Vertov Group (1969-1972), period of the Sonimage group (1972-1979), period of the History (s) of the cinema, period Peripheria, period of the collaboration with Fabrice Aragno and Nicole Brenez ...), conceived either in terms of rupture or continuity.In reality, from 1969 to 2014, everything happens as if the filmography of Jean-Luc Godard progressed dialectically and helically in the manner of the philosophy of history of Giambattista Vico, defined by moments of rupture and continuity and making the aesthetics of politics an aesthetics of complexity, based on a series of "thought-images" and an open dialectical and rhizomatic thought.Godard's aesthetic and political thought is included in this dialectical tension between a forward movement and a retrospective gaze opening the field of possibilities of a true cinematographic socialism.

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