Esthétique et politique du cyborg : le syndrome de l'alchimiste

par Thomas Brunel de Montméjan

Thèse de doctorat en Arts (Histoire, Théorie, Pratique)

Sous la direction de Bernard Lafargue.

Le président du jury était Bernard Andrieu.

Le jury était composé de Bernard Lafargue, Terezinha Petrucia da Nóbrega, Bernard Claverie.

Les rapporteurs étaient Bernard Andrieu, Terezinha Petrucia da Nóbrega.


  • Résumé

    À en croire Chris Hables Gray nous sommes tous devenus des cyborg citizen. La science-fiction regorge de ces corps fantasmés de cyborgs aux allures de dieux antiques parcourant les espaces intersidéraux ou bien voyageant dans le temps. Toujours plus beaux, performants, rapides et intelligents que l'homo sapiens sapiens, les êtres humains du futur sont généralement divisés en deux catégories : ceux qui ont évolué et ceux qui sont toujours aussi limités que l'homme actuel, « obsolètes » pour employer le mot de néo-mutants comme Lukas Zpira ou Stélarc. Tantôt machine anthropomorphe aux airs de dieu omnipotent, tantôt cerveau synthétique omniscient, l'I.A. renvoie en partie à « la fin », au double sens du terme, de l'humanité. Le cyborg, la fin de l’homme ou un homme meilleur ? Ces « intentions mélioristes » qui laissent sceptique un David Le Breton sont perceptibles dans le cinéma, la littérature ou le jeu vidéo. Le corps s’altère. Humain, trop humain, surhumain, posthumain ? Au travers des progrès scientifiques, tant de la génétique que des technologies de l'information, le corps humain lambda se retrouve trié sur le volet à la naissance par des politiques eugénistes dissimulées sous des propos de luttes contre les maladies à la manière d'un Bienvenue à Gattaca, puis propulsé dans les mondes virtuels, pénétrant des royaumes, jusqu'à présent fictifs, sur une base quotidienne par le biais des technologies qui l'entourent. Le rêve des body hacktivistes est une hétérotopie futuriste, où chacun est libre de choisir sa mutation et où La Mouche de David Cronenberg pourrait côtoyer un Na'vi d'Avatar sans que personne ne s’étonne de ces corps de freaks qui ne sont plus simplement des corps de cyborgs à l'aspect humain mais des corps de monstres à l'esprit humain. Ces biocyborgs sont paradoxalement plus humains que nous. Quelle part restera-t-il de notre corps charnel dans le corps futur ? Y-a-t-il encore une place pour l'homo sapiens sapiens dans le futur ou bien sera-t-il forcé d'abandonner son corps ? À en croire Paul Virilio ou Jean Baudrillard, la disparition du corps est inévitable. Après avoir mis en évidence l’histoire et la généalogie du cyborg, du mythe fictionnel à sa réalisation actuelle, cette thèse se demandera « qu’est-ce que vivre en cyborgs aujourd’hui ? »

  • Titre traduit

    Aesthetic and politic of the cyborg : “The alchemist's syndrome”


  • Résumé

    According to Chris Hable Gray we all are cyborg citizen now. Science-fiction is full of fantasy bodies looking like ancient gods wandering through space and time, always more beautiful, capable of more performances, faster and smarter than homo sapiens sapiens, generally beings of the future belong to two types: those who evolved and those that remained as limited as present humans, « obsolete » to quote the word of neo-mutants like Lukas Zpira or Stélarc. Some are anthropomorphic almighty god-like machines, others all-knowing synthetic brains, A.I. partly refers to « the end » of Humankind in its double meaning. Is the cyborg the end of man or a better human? Those intended enhancements which puzzled David Le Breton are seen in films, literature or video games. The body alters itself. Human, too human, superhuman, posthuman? Through scientific progress both in genetic and in mass media, the everyday human body finds himself screened at birth by eugenic policies hidden under motives like fight against diseases, as depicted in Gattaca and then thrown into virtual worlds on a daily base, entering kingdoms, fictive so far, using the surrounding technologies. The Body Hacktivist's dream is a futuristic heterotopia, where everyone is free to choose his mutation and where the David Cronenberg's Fly could walk alongside a Na'vi from Avatars surprising no one by their freaks bodies, ultimately: not cyborg bodies looking like humans but freak bodies implanted with human souls. Those biocyborgs are paradoxically more human than we are. What part of our carnal body will remain? Does homo sapiens sapiens have a future or will he need to shed away his body ? If we follow Paul Virilio or Jean Baudrillard, the vanishing of the body is inescapable. After bringing out the history and genealogy of the cyborg, from fictional myth to actual realisation, this thesis will endeavour to show “what is living as a cyborg nowadays?”


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