L'École coloniale : la formation des cadres de la France d'outre-mer, 1889-1959

par Timothy Collier

Thèse de doctorat en Histoire du droit

Sous la direction de Éric Gasparini et de Jean-Louis Mestre.

Le président du jury était Éric Gojosso.

Le jury était composé de Éric Gojosso, Carine Jallamion, François Quastana, Florence Renucci, Alexandre Deroche, Michel Ganzin.

Les rapporteurs étaient Carine Jallamion, François Quastana.


  • Résumé

    Alors que la Troisième République se dote d’un imposant empire colonial, la création de l’École Coloniale, à l’issue de divers tâtonnements, procède d’une double volonté. D’une part, il s’agit de rationaliser le recrutement et la formation des fonctionnaires coloniaux. D’autre part, il s’agit d’inscrire le rapide développement des « savoirs coloniaux » dans un cursus de qualité. La rencontre de ces deux impératifs devait se mettre au service d’une mission de cohésion du projet colonial français. Convaincues que la colonisation constitue un phénomène maîtrisable, les têtes pensantes de l’école souhaitent ériger leur institution en véritable pôle de recherche sur les « sciences coloniales », le « retour sur expérience » et « l’expertise de terrain » de ses anciens élèves devant alimenter l’émergence d’une authentique doctrine coloniale. Étant entendu que celle-ci serait appelée, à son tour, à orienter les grandes décisions de la politique française outre-mer. L’étude des profils des dirigeants, aux personnalités souvent assurées, des enseignants – universitaires ou praticiens – et des 4513 élèves de l’établissement met en lumière la grande diversité de tous les hommes, et des quelques femmes, qui ont consacré leur vie, chacun à leur manière, à « l’œuvre coloniale française ». L’analyse des discours et des mécanismes de production des « savoirs coloniaux » renseigne sur la manière dont les « experts » en colonisation se sont efforcé de concilier des idéaux républicains et « humanistes » avec les exigences d’une entreprise fondée sur la domination

  • Titre traduit

    The Ecole coloniale, 1889-1959


  • Résumé

    As the Third Republic acquired an imposing colonial empire, the creation of the Colonial School, after several unsuccessful attempts, met two requirements. On the one hand, it was necessary to rationalise the recruitment and training of colonial civil servants. On the other hand, it was essential to organise the rapidly-growing body of “colonial knowledge” into a quality syllabus. The conjunction of these two requirements was expected to contribute to the coherence of the French colonial project. The theorists of the Colonial School were convinced that colonisation was a manageable phenomenon. They therefore wanted to turn the school into a real research centre for colonial science. The “feedback” and “field expertise” of its former students were expected to form the basis for a real colonial doctrine which would, in turn, shape the great political decisions of the French government concerning its overseas territories. The study of the profiles of its leaders, who often had strong personalities, of its teachers, who were academics or professionals, and of the 4513 students of the school emphasises the great diversity of all the men - and of the few women - who devoted their lives, each in his or her own way, to the “French colonial enterprise”. The analysis of discourse and of the production mechanisms of “colonial knowledge” sheds new light on how colonisation “experts” tried to reconcile republican and “humanistic” ideals with the requirements of a domination-based project

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