La dimension réelle du père dans le passage à l'acte dans un contexte de décompensation psychotique et son rapport à la pulsion invocante

par Olga Lucia Medina Tamayo

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Anne Bourgain.

Le président du jury était Pascale Molinier.

Le jury était composé de Pascale Molinier, Jean-Daniel Causse, François Sauvagnat, Jean Bourdiau, Gilbert Fabre, Marie-Jean Sauret.

Les rapporteurs étaient Jean-Daniel Causse, François Sauvagnat.


  • Résumé

    La pulsion invocante traverse l’oeuvre de Jacques Lacan, bien qu’il n’ait jamais vraiment développé ce thème : son objet est la voix, au moment même où cette dernière fait défaut : notre hypothèse est que le sujet passe à l’acte au moment où la voix se tait, il n’y a pas de cogito. Intriquée à la pulsion scopique, la pulsion invocante a pour signature le silence. Le passage à l’acte procède d’un « je ne pense pas », du langage et non des affects que le sujet subirait. Cette thèse envisage la dimension réelle du père dans le passage à l’acte, en cas de décompensation psychotique, dans son rapport à la pulsion invocante. Des lois ont été établies pour différencier les actes des sujets désignés fous, psychotiques, de ceux des autres pauvres, faibles et criminels, ce qui précise le cadre de l’expertise mentale qui n’est pas étranger à notre recherche. Les textes des lois de 1838 et de 1990 ont été modifiés non tant pour assurer une meilleure protection des patients que pour des raisons sécuritaires. Ainsi, les différents modes d’hospitalisation ont été révisés : hospitalisation libre, hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), hospitalisation d’office (HO) … jusqu’à la notion récente de soins sous contrainte. Notre thèse commence par revisiter ces aspects historiques pour situer le contexte des passages à l’acte qui seront ensuite analysés à la lumière de l’enseignement de Lacan. Nous envisageons la voix comme une tentative de substitution à la forclusion duNom du Père, la voix venant suppléer et compléter le silence de l’Autre. Pour ce faire, nous développons plusieurs illustrations cliniques. Dans le cas de Juan, nous montrons comment le travail thérapeutique lui a permis de ne pas entrer dans le silence et de rechercher son nom en s’adressant à nous. Le travail de la parole empêche le passage à l’acte. Le roman de Duras, La pluie d’été, permet d’entendre la pulsion invocante comme l’écho de la voix de l’Autre et sa résonance corporelle. Avec Seth, la voix du père et celle du diable se confondent, pacte d’alliance entre les pères terribles interdicteurs et les figures féminines. Avec Mme X, nous approchons mieux les aspects de la formule de Lacan : dans la psychose, la voix sonorise le regard. Nous pouvons ensuite prendre la mesure de ce qui se passe pour Chris qui ne supporte pas la voix. La question de l’envers de l’auto-punition est abordée avec la patiente Médée. Nous prenons alors appui sur Gabriel Garcia Marquez avec chronique d’une tentative mortifère annoncée. Nous tentons enfin de comprendre le déclenchement de la psychose chez Telfusa, que les voix selon ses dires accompagnent constamment, même quand elle parle. Le traitement se présentera ainsi : non à Juana la folle mais oui à la liberté. Cette thèse tente de mettre en évidence la valeur propre à la parole introduite par la psychanalyse en éclairant la clinique de l’acte dans le champ des psychoses.

  • Titre traduit

    The dimension of the Real of the father in the passage to the act, in a context of psychotic decompensation and its relation to the invocative drive


  • Résumé

    The invocative drive goes through the work of Jacques Lacan, although he never really developed this theme: its object is the voice, at the very moment when it is lacking: our hypothesis is that the subject passes to the act when the voice is silenced, there is no cogito. Intricate to the scopic drive, the invocative drive has the silence as a signature. The passage to the act proceeds from a "I do not think", from language and not from affects that the subject would suffer. This thesis considers the dimension of real of the father in the passage to the act, in a psychotic decompensation case, in his relation to the invocative drive. Laws have been established to differentiate the actions of the designated as crazy, psychotic subjects from those of the poor, weak and criminals, which specifies the framework of mental expertise that is not foreign to our research. The texts of the laws of 1838 and 1990 were modified not so much to ensure a better protection of the patients as for security reasons. Thus, the various modes of hospitalization were revised: free hospitalization, hospitalization at the request of a third party, duty of hospitalization ... until the recent concept of duty of care. Our thesis begins by revisiting these historical aspects to situate the context of passage to the act which will then be analyzed in the light of Lacan's teaching. We envision the voice as a tentative to substitute for the foreclosure of the Name of the Father, the voice supplies and completes the silence of the Other. To do this, we develop several clinical illustrations. In the case of Juan, we show how the therapeutic work allowed him not to go into silence and look for his name by addressing to us. The work of speech prevents the passage to the act. Duras' novel, Summer Rain, allows us to hear the invocative drive as the echo of the voice of the Other and its bodily resonance. With Seth, the voice of the father and the devil are confused, a pact of alliance between the terrible interdicting fathers and the female figures. With Mrs. X, we are getting closer to the aspects of Lacan's formula: in psychosis, the gaze sounds. We can then take inconsideration what happened to Chris who cannot stand the voice. The question of the reverse side of self-punishment is discussed with the patient Medea. We then rely on Gabriel Garcia Marquez with a chronic of a deadly attempt announced. Finally, we try to understand the outbreak of psychosis in Telfusa, whom the voices according to her constantly accompany her, even when she speaks. The treatment will be like this: no to Juana the Crazy but yes to freedom. This thesis attempts to highlight the proper value of the word introduced by psychoanalysis, by illuminating the clinical practice of the passage to the act in the field of psychosis.

  • Titre traduit

    La dimension réal del padre en el pasage al acto, en un momento de descompensación psicotica y su relacion con la pulsión invocante


  • Résumé

    La pulsion invocante atraviesa la obra de Jacques Lacan, aunque él nunca desarrolló realmente este tema: su objeto es la voz, en el momento mismo en que ella falta: nuestra hipótesis es que el sujeto pasa al acto cuando la voz se calla, no hay cogito. Intrincada a la pulsión escópica, la pulsión invocante tiene como firma, el silencio. El pasaje al acto procede de un "yo no ienso", del lenguaje, y no de un afecto del cual sufriría el sujeto. Esta tesis considera la dimensión real del padre en el pasaje al acto, en caso de descompensación psicótica, en su relación con la pulsión invocante. Se han establecido leyes para diferenciar los actos de los sujetos designados como locos, psicóticos de los actos de los pobres, débiles y criminales lo que especifica el marco de peritaje psicológico que no es ajeno a nuestra investigación. Los textos de las leyes de 1838 y 1990 se modificaron no tanto para garantizar una mejor protección de los pacientes como por razones de seguridad. Por lo tanto, se revisaron los diversos modos de hospitalización: hospitalización libre, hospitalización por pedido de un tercero (HDT), hospitalización de oficio (HO) ... hasta el concepto reciente de obligación de tratamiento. Nuestra tesis comienza revisando estos aspectos históricos para ubicar el contexto de los pasajes del acto, que luego será analizado a la luz de la enseñanza de Lacan. Vislumbramos la voz como un intento de sustitución a la forclución del Nombre del Padre, la voz que viene a suplir y completar el silencio del Otro. Para hacer esto, desarrollamos varias ilustraciones clínicas. En el caso de Juan, mostramos cómo el trabajo terapéutico le permitió no quedarse en el silencio y buscar su nombre dirigiéndose a nosotros. El trabajo de la palabra impide el paso al acto. La novela de Duras, lluvia de verano, nos permite entender la pulsión invocante como el eco de la voz del Otro y su resonancia corporal. Con Seth, la voz del padre y el diablo se confunden, un pacto de alianza entre los padres terribles que prohíben y las figuras femeninas. Con la Sra. X, nos estamos acercando a los aspectos de la fórmula de Lacan: en la psicosis, la voz sonoriza la mirada. Podemos enseguida tomar en consideración lo que le sucede a Chris que no soporta la voz. La cuestión del reverso del autocastigo la abordamos con la paciente Medea. Nos apoyamos en Gabriel García Márquez con crónica de un intento de muerte anunciado. Finalmente, intentamos de comprender el desencadenamiento de la psicosis en Telfusa, a quien las voces, según ella, la acompañan constantemente, incluso cuando habla. El tratamiento se presenta asi: no a Juana la loca, y si a la libertad. Esta tesis trata de poner en evidencia el valor propio de la palabra introducida por el psicoanálisis, esclareciendo la clínica del acto en el campo de las psicosis.

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