Relations entre les indicateurs socio-économiques, les événements de vie et les comportements alimentaires d’adultes français

par Wendy Si hassen

Thèse de doctorat en Santé et Santé Publique

Sous la direction de Serge Hercberg.

Soutenue le 18-10-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de Institut Galilée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Université Paris 13 (Etablissement de préparaton) .

Le président du jury était Pierre Lombrail.

Le jury était composé de Marie Zins, Pierre Arwidson, François Mariotti, Caroline Méjean.

Les rapporteurs étaient Serge Briançon, Pedro Manuel Marques-Vidal.


  • Résumé

    Aujourd’hui, de fortes inégalités sociales de santé persistent entre les individus les plus favorisés socio-économiquement et ceux vivants dans des situations moins favorables, et l’alimentation y contribue fortement. Bien que les disparités sociales de nutrition soient bien documentées, notamment en ce qui concerne le niveau d’études, les connaissances relatives à l’influence indépendante des différents indicateurs socio-économiques sur l’alimentation et notamment ses dimensions comportementales sont insuffisantes. Par ailleurs, les mécanismes sous-jacents des disparités en nutrition sont encore mal compris. Parmi les déterminants individuels, nous manquons de connaissances sur l’influence du parcours de vie des individus sur leurs comportements alimentaires. Dans ce contexte, les objectifs de cette thèse étaient d’analyser les associations entre les facteurs socio-économiques et les comportements alimentaires, abordés sous différentes dimensions : apports en nutriments, prise des repas principaux, et pratiques de snacking (i.e. prises alimentaires différentes des repas principaux). Il s’agissait également d’évaluer l’influence d’événements de vie professionnels sur les comportements alimentaires. Les résultats montrent que les individus ayant la position socio-économique (PSE) la plus favorisée ont des apports plus élevés en nutriments recommandés (fibre, vitamine C, B9, magnésium, etc.). Le niveau d’éducation semble être un déterminant majeur des apports nutritionnels et modifie les associations entre revenus et apports en nutriments. Bien que les individus de PSE moins favorisée soient moins susceptibles d’avoir des prises de snacking, la qualité nutritionnelle de ces prises est moindre. Par ailleurs, le passage à la retraite est associé à des apports alimentaires moins favorables à la santé (qualité globale, lipides, sodium, acides gras saturés…), en particulier chez les hommes ayant les plus bas revenus avant la retraite (diminution de l’apport en produits laitiers et augmentation de l’apport en lipides). L’ensemble de ces résultats soulignent l’importance des déterminants socio-économiques ainsi que des événements de vie professionnels sur les comportements alimentaires et la nécessité de mieux adapter les politiques nutritionnelles de santé en fonction des sous-groupes de la population et des périodes et événements de la vie.

  • Titre traduit

    Associations Between Socioeconomic Indicators, Life Events and Dietary Behaviours in French Adults


  • Résumé

    Strong health inequalities remain between socio-economically advantaged individuals and those of lower socioeconomic position. Diet appears to be an important modifiable factor, which contributes to health inequalities. Although social disparities in nutrition have been well documented, the independent influences of the different socioeconomic indicators on diet – in particular its behavioural dimensions – have not been deeply investigated. In addition, the pathways underlying these disparities are still poorly understood. Among individual determinants, there is a lack of knowledge regarding effects of life course on dietary behaviours.The objective of this Ph.D. thesis was to investigate the associations between socioeconomic factors and dietary behaviours, expressed in terms of nutrient intakes and snacking practices. The influence of occupational life events on dietary behaviours was also assessed.The results showed that individuals with high socioeconomic position (PSE) had higher intakes of recommended nutrients (fibre, vitamin C, folate, magnesium, etc.). Education appears to be a major determinant of dietary intakes and modifies the associations between income and dietary intakes. Although individuals with low socioeconomic position are less likely to snack, the nutritional quality of their snacks is lower. Moreover, retirement was associated with unhealthier dietary intakes (overall diet quality, lipids, sodium, saturated fatty acids,...), particularly in men with the lowest income before retirement (decrease in intake of dairy products and increase in intake of lipids).The results underline the importance of socioeconomic determinants and life events on dietary behaviours. The identification of life periods and events leading to changes in dietary behaviours enables on one hand to improve knowledge regarding pathways underlying socioeconomic inequalities in health related to nutrient and food intake, and on the other hand to determine target populations for interventions. Adapting nutritional public interventions among social subgroups of the population and throughout the entire life is key to improve dietary behaviours.

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