Le corps malléable, une révolution symbolique : transformations esthétiques et sociales du corps en France et en Allemagne, de 1900 à la fin de l'entre-deux guerres

par Julien Segol

Thèse de doctorat en Lettres et sciences humaines. Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Martin Kaltenecker et de Inge Baxmann.

Le président du jury était Isabelle Moindrot.

Le jury était composé de Martin Kaltenecker, Inge Baxmann, Isabelle Moindrot, Pierre-Henry Frangne, Hervé Lacombe, Évelyne Grossman.

Les rapporteurs étaient Pierre-Henry Frangne, Hervé Lacombe.


  • Résumé

    Le sens symbolique du corps, autour de 1900, change : son inscription sociale collective et sa valeur pour l’individu se transforment. On assiste dans les premières décennies du vingtième siècle à l’érosion d’un monde d’hier devant les audaces de pionniers réformateurs de la vie et des avant-gardes artistiques (danseurs, chorégraphes, metteurs en scène), qui repoussent les limites de ce que peut un corps – non seulement les normes de la morale, du bienséant, mais aussi l’inédit, lié à la possibilité de techniques nouvelles. Comment, dès lors, se traduit l’évolution du sens du corps ? A quoi ressemble le corps moderne par rapport à celui du dix-neuvième siècle – dans les façons d’être, mais aussi les façons d’être affecté et de s’exprimer ? Quelle incidence, enfin, a le changement de sens du corps sur la façon de concevoir le rapport à son propre corps comme à celui d’autrui ? Deux tendances sous-tendent le principe de malléabilité dans le bouleversement des formes de vie et des stratégies d’individuation de la société moderne, par-delà leurs disparités : la première correspond à une transposition de la pensée fonctionnaliste et de la fétichisation capitaliste de l’objet sur le corps, alors que la seconde cherche, au contraire, à ressaisir le corps sous l’aspect de la vie organique pour articuler matière et esprit dans une perspective vitaliste, davantage unitaire. Notre enquête suit le développement de ces deux tendances pour montrer comment elles s’articulent dans les deux sphères sociale et esthétique jusque dans l’entre deux-guerres.

  • Titre traduit

    The malleable body, a symbolic revolution


  • Résumé

    Around 1900 the symbolic meaning of the body around 1900 changes : its collective social meaning, as well as its individual value, evolve. During the first decades of the 20th century, the world of yesterday erodes while daring reformers of life and avant-garde artists (dancers, choreographers, stage directors) try to push the limits of what a body can – not only the moral norms, of the decorous, but also the unprecedented of new possibilities brought by new technologies. What does this evolution of the meaning of the body result into? What does the modern body look like, as opposed to the 19th century – in the ways of being, of feeling and expressing oneself? How does that change affect the way of perceiving the body, the other’s and mine? Two tendencies underlie the principle of malleability in this upheaval of the forms of life and of the strategies of individualization within modern society, beyond their disparities: on the one hand, a transposition of the functionalist thought and fetish for the object induced by capitalism onto the body; on the other, an opposite tendency to take hold of the body as an organic living form, as an attempt to articulate matter and spirit in a more unitary and vitalist perspective. We will follow the development of both these tendencies and show how they develop within the social and aesthetic spheres until the end of the interwar period.

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