Grammar of Mauritian adverbs

par Shrita Hassamal

Thèse de doctorat en Sciences du langage - linguistique

Sous la direction de Anne Abeillé.

Soutenue le 07-07-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de Ecole doctorale de Sciences du Langage (Paris) , en partenariat avec Laboratoire de linguistique formelle (Paris) (équipe de recherche) et de Université Paris Diderot - Paris 7 (établissement de préparation) .

Le président du jury était Olivier Bonami.

Le jury était composé de Anne Abeillé, Olivier Bonami, Viviane Déprez, Sibylle Kriegel, Tonjes Veenstra.

Les rapporteurs étaient Viviane Déprez, Sibylle Kriegel.

  • Titre traduit

    Grammaire des adverbes en mauricien


  • Résumé

    Le mauricien est un créole à base française avec un lexique d’origine française pour au moins 90%, sans statut officiel et de graphie récente (Hookoomsing 2004, Police-Michel et al 2011). À part l’étude générale de Baker (1972), les principales études syntaxiques portent sur le domaine nominal (Guillemin 2011, Alleesaib 2012) ou verbal (Henri 2010) ou sur les deux (Syea 2012). Cette thèse est consacrée aux adverbes qu’il convient de distinguer des autres catégories, dans une langue avec peu de morphologie flexionnelle et dont les autres catégories sont aussi invariables, à part les verbes qui peuvent avoir deux formes (forme longue (FL) et forme courte (FC))(Corne 1982, Henri & Abeillé 2008, Henri 2010) et certains noms qui peuvent agglutiner l’article (Bonami & Henri 2010). Nous montrons que les adverbes ont une syntaxe particulière qui se distingue de celle des adverbes du français: la plupart sont post verbales et certains se comportent syntaxiquement comme des compléments et non comme des ajouts, en déclenchant la FC du verbe. Du point de vue méthodologique, nous nous basons d’abord, sur le seul dictionnaire unilingue en mauricien, le DiksionerMorisien (Carpooran 2011) pour avoir une première base de données, puis sur les œuvres littéraires de Virahsawmy, sur le journal Lalit et sur les intuitions d’informateurs mauriciens pour tester nos hypothèses. Ensuite nous avons recours à des expériences de type psycholinguistique pour étudier les adverbes comparatifs en mauricien et en français. Dans un premier temps nous avons établi une liste de propriétés pour définir la catégorie Adverbe et pour la distinguer des autres catégories ; des prépositions (anba ‘sous’), des marqueurs TMA (ti [passé]), des pronoms (zordi ‘aujourd’hui’) et des adjectifs (agogo ‘en abondance’). Nous avons alors créé une autre base de données en ôtant de la première liste les mots que nous n’analysons pas comme adverbe et en ajoutant d’autres qui n’y figuraient pas. Ensuite, nous décrivons la formation lexicale des adverbes du mauricien qui sont majoritairement des hérités du français (vit ‘vite’). Il y a aussi des innovations du mauricien, créées par recatégorisation (mari qui vient du nom français ‘époux’ et qui est devenu l’adverbe ‘très’ en mauricien) ou par réduplication (anba-anba ‘sournoisement’). Le deuxième chapitre est consacré à une classification sémantique des adverbes; nous distinguons douze principales classes distinguables par des critères syntaxiques et sémantiques; les adverbes d’énonciations, modaux, connecteurs, évaluatifs, les adverbes d’habitude, aspectuels, temporels, les adverbes de domaine, locatifs, les adverbes de manière, les adverbes de degré et les adverbes sensibles au focus. Ensuite, nous faisons une étude syntaxique de ces classes. Nous montrons que les adverbes du mauricien peuvent avoir plusieurs fonctions: tête de phrase attributive, extrait, ajout à un verbe ou une autre catégorie et complément de verbe. En plus de la position des adverbes dans la phrase et de leur possibilité d’extraction dans les constructions clivées, l’alternance verbale en mauricien offre un critère supplémentaire pour déterminer la fonction des adverbes. Puis, nous consacrons les deux prochains chapitres à une étude approfondie de la classe des adverbes de degré (Kennedy & McNally 2005). Les adverbes de degré incluent aussi les adverbes comparatifs et nous avons réalisé une expérience avec des locuteurs natifs pour tester la distribution de pli et plis ‘plus’ en mauricien. Comme ces comparatifs de supériorité viennent du français plus prononcé /ply/ et /plys/ (sans compter la forme de liaison /plyz/), nous faisons aussi une étude expérimentale pour tester leur distribution en français. Nous concluons que la distribution de pli et plis en mauricien est en partie un héritage du français. Finalement, nous présentons la syntaxe des adverbes en mauricien dans le cadre HPSG qui est une théorie linguistique basée sur des contraintes (Sag et al. 2003).


  • Résumé

    Mauritian is a French-based creole with at least 90% of its lexicon inherited from French. It has no official status and a recent standardised written form (Hookoomsing 2004, Police-Michel, Carpooran & Florigny 2011). Apart form the general study of Baker (1972), most syntactic studies concern the nominal domain (Guillemin 2011, Allesaib 2012) or the verbal domain (Henri 2010) or both (Syea 2012).This dissertation is devoted to the study of adverbs, which is important to distinguish from other categories, especially in such a language with little morphology, and where the other categories are also invariable, apart from verbs that may have two forms (a long form and a short form) (Corne 1982, Henri & Abeillé 2008, Henri 2010) and nouns that may agglutinate the article (Bonami & Henri 2010). We also show that Mauritian adverbs have a particular syntax that differentiates them from French adverbs: most of the adverbs occur post-verbally and some are syntactic complements and not adjuncts, triggering the verb short form. On the methodological level, initially, we rely on the unique unilingual dictionary available in Mauritian, the Diksioner Morisien (Carpooran 2011) to obtain a first database of adverbs, and then on the literary works of the contemporary author Dev Virahsawmy, on articles from the online journal of the political party Lalit (www.lalitmauritius.org) and on the intuitions of Mauritian informants, to test our hypotheses. We also made use of more formal experimental methods to study and compare comparative adverbs in Mauritian and French.At first, we established a list of properties to define the category Adverb and to differentiate them from the other categories in Mauritian, namely prepositions (anba ‘under’), TMA markers (ti [past], pronouns (zordi ‘today’) and adjectives (agogo ‘in abundance’). Thereby, we created a new database of 428 adverbs after removing words that we do not analyse as adverbs, and adding others that were not in the list. Then, we described the lexical formation of Mauritian adverbs that are mostly French inheritances (vit ‘fast’). There are, however, some Mauritian innovations, created by recategorisation (for e.g. mari comes from the French noun mari ‘husband’ and has become a degree adverb ‘very’ in Mauritian) or by reduplication (anba-anba ‘sneakily’).The second chapter of the dissertation is devoted to a semantic classification of the adverbs; we distinguish twelve main semantic classes distinguishable by syntactic and semantic criteria; speech-act adverbs, modal adverbs, connectives, evaluatives, habitual adverbs, aspectual adverbs, domain adverbs, locatives, manner adverbs, degree adverbs and focus sensitive adverbs. Then, we studied these semantic classes of adverbs from a syntactic perspective. We show that Mauritian adverbs may function in several ways. They may be heads of copular sentences, fillers in sentence initial position, adjuncts to a verb or to another category or complements to a verb. In addition to the position of adverbs in a sentence and their possibility to be extracted in clefted constructions, the verbal alternation between a long form and a short form offers an additional criterion to determine the function of adverbs in Mauritian. The last two chapters are devoted to a detailed study of the class of degree adverbs (Kennedy & McNally 2005), including comparative adverbs (as…as, more, less). We developed experimental methods to test the distribution of pli and plis in Mauritian with native speakers. Then, since these superiority comparatives come from French plus pronounced /ply/ and /plys/ (apart from the liaison form /plyz/), we experimentally tested the distribution in French. We conclude that the distribution of Mauritian pli and plis is partly an inheritance of French. Finally, we sketch representations of the syntactic functions of Mauritian adverbs in HPSG, a formal constraint-based framework (Sag et al. 2003).

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.