Transmettre au coeur d'une mutation industrielle : approche sociale clinique du sujet de la connaissance

par David Faure

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Florence Giust-Desprairies.

Le président du jury était Fritz Böhle.

Le jury était composé de Florence Giust-Desprairies, Fritz Böhle, Jean-Yves Rochex, Gilles Herreros, Christine Delory-Momberger.

Les rapporteurs étaient Jean-Yves Rochex, Gilles Herreros.


  • Résumé

    Les processus de transmission sont à la fois cruciaux pour la pérennisation des savoirs mais souvent occultés par une représentation dominante du savoir comme innovation. Cette recherche étudie les processus contemporains de la transmission au travail dans une approche sociale clinique en sciences humaines et sociales. Nous repérons des figures historiques de la transmission qui montrent que sa conception évolue en étroite corrélation avec la société et les représentations du temps. Actuellement, le sujet au travail est requis dans un processus de « subjectivisation » où il engage ses capacités subjectives pour faire face à l’incertitude. Nous posons que les difficultés rencontrées dans la transmission au travail aujourd’hui sont issues de l’activité d’explicitation et d’objectivation comme un processus long qui détermine les formes du travail. Ce faisant, les liens au collectif sont fragilisés et rendent plus difficile la transmission.L’étude empirique se base sur une intervention dans une entreprise produisant de l’électricité à l’occasion d’un chassé-croisé entre deux générations, dans un contexte de transformation de l’outil industriel. Cette recherche étudie ces processus de transmission à partir d’une compréhension de l’activité de connaître comme subjectivation. Les apports conjoints de la phénoménologie de Michel Henry, de la psychanalyse de la relation d’objet et de la sociologie de la connaissance de Karl Mannheim nous permettent de proposer la notion de « corps subjectif collectif » comme instance où s’articulent sujet individuel et collectif au travail et qui porte les processus de transmission. L’étude de terrain montre le rôle joué par cette instance ainsi que la crise qui résulte de sa fragilisation, à partir de laquelle peuvent être interprétés les difficultés relationnelles entre générations. Enfin, la thèse met en évidence l’existence d’idéologies de la connaissance opposées, selon qu’elles s’appuient sur le corps subjectif collectif ou sur les représentations qui permettent la circulation de connaissances explicitées et dessinent un nouveau modèle d’apprentissage.

  • Titre traduit

    Transmission processes in an industrial change : clinical and social approach of the knowledge subject


  • Résumé

    Transmission processes are very important to keep knowledge developped by organizations but are often neglected because of a dominating conception of knowledge as innovation. This research studies contemporary transmission processes using a clinical and social theory and methodology. We identify historical figures of transmission showing their dependency with the evolutions of society and time conceptions. The subject at work is today involved in a situation of « subjectivization », requiring all his capacities as a subject to face risk and uncertainty. We say that these difficulties are linked to an intense activity of elicitation and objectivation of knowledge in a long historical development determining the work forms. The relations between people are thus made vulnerable making transmission a problem. The case studied here is based on an intervention in an organisation producing electricity that is engaged in a demographical transition. We propose to understand knowledge acquisition in the perspective of subjectivation, relying on the philosophy of Michel Henry, object relation theory in psychoanalysis and the knowledge sociology of Karl Mannheim. We define the concept of « collective subjective body » as a support for transmission processes. Our study shows that this « body » gets vulnerable, producing a crisis in transmission and relational problems between young and elder workers. We show that « knowledge ideologies » are at work, opposing workers refering to the collective subjective body and people, mostly managers, who refer to a model of explicit knowledge making its free circulation possible and the roots of a new model of learning.

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