Mémoire autobiographique et Soi chez des sujets présentant un état mental à risque de psychose

par Célia Mam-Lam-Fook

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Pascale Piolino.

Le président du jury était Fabrice Berna.

Le jury était composé de Pascale Piolino, Fabrice Berna, Stéphane Raffard, Jean-Louis Nandrino, Marie-Odile Krebs.

Les rapporteurs étaient Stéphane Raffard, Jean-Louis Nandrino.


  • Résumé

    La mémoire autobiographique est vue comme un ensemble d'informations et de souvenirs personnels permettant de construire un sentiment d'identité. Elle se développe progressivement et apparaît très sensible aux pathologies neurodéveloppementales. La mémoire autobiographique est intimement liée au Soi lui permettant d'encoder et de récupérer toutes ses représentations et expériences. Ainsi, le Soi se constitue d'aspects explicites comprenant la mémoire autobiographique mais également d'aspects plus implicites relatifs aux expériences corporelles du sujet. L'atteinte des aspects implicites et explicites du Soi pourrait rendre compte de certains symptômes psychotiques et des difficultés d'adaptation des patients atteints de schizophrénie. La schizophrénie est une pathologie neurodéveloppementale qui débute à la fin de l'adolescence mais qui pourrait puiser son émergence dans des stades bien plus précoces. Le premier épisode psychotique qui signe l'entrée dans la phase active de la maladie est généralement précédé par une phase « prodromique » où des symptômes cliniques sont présents à un niveau infraliminaire du seuil de psychose. Ces sujets sont qualifiés de sujets à ultra haut risque de psychose (UHR). Les troubles du Soi sont bien documentés dans la schizophrénie, néanmoins très peu de données sont disponibles concernant les sujets UHR. Le but de cette thèse est multiple : (i) mesurer l'impact des anomalies neurodéveloppementales sur la mémoire autobiographique, (ii) objectiver des déficits de la mémoire autobiographique dès la phase prodromique, (iii) évaluer l'ensemble des composantes du Soi afin d'investiguer leurs interactions et l'impact des anomalies développementales sur celles-ci. Nous avons ainsi effectué trois études. Notre première étude a investigué le lien entre le poids des anomalies neurodéveloppementales et la mémoire autobiographique en comparant deux pathologies neurodéveloppementales, une à début tardif : la schizophrénie, et l'autre à début précoce : les troubles du spectre autistique. Nous avons pu mettre en évidence un pattern de performances similaires entre les deux populations bien que les mécanismes responsables des troubles en mémoire autobiographique apparaissent distincts. Dans notre deuxième étude, nous avons comparé les performances autobiographiques de patients atteints de schizophrénie par rapport à celles de sujets UHR. Nos résultats révèlent un déficit de la mémoire autobiographique aussi sévère chez les sujets UHR que chez les patients atteints de schizophrénie mettant ainsi en évidence une atteinte de cette fonction en amont du premier épisode psychotique. Dans la lignée de ces résultats, nous avons conduit une troisième étude. Le but étant de situer la mémoire autobiographique dans un contexte plus large, celui du Soi, tout en intégrant une composante développementale. Nous avons élaboré et proposé une batterie d'investigation examinant différents aspects du Soi implicites et explicites, combiné à l'évaluation d'anomalies du neurodéveloppement. Celle-ci a été administrée chez des sujets UHR en comparaison à des patients atteints de schizophrénie. Au final, nos résultats révèlent un impact de la charge neurodéveloppementale sur les différents aspects du Soi, la pertinence d'investiguer au sein d'un même protocole ces différents aspects et la présence d'anomalies du Soi déjà présents chez les sujets UHR, constituant potentiellement des marqueurs prédicteurs de transition psychotique et permettant d'améliorer la détection précoce de ces sujets et leur prise en charge.

  • Titre traduit

    Autobiographical memory and Self in individuals with an at risk mental state : transdisciplinary approach


  • Résumé

    Autobiographical memory is delineated as a set of personal information and experiences to build a sense of identity. It develops gradually and appears very sensitive to neurodevelopmental disorders. Autobiographical memory is intimately linked to the self, enabling it to encode and retrieve all its representations and experiences. Thus, the self is constituted of explicit aspects including autobiographical memory but also by more implicit aspects relating to the subject's body. Implicit and explicit self-aspects alterations may account for certain psychotic symptoms and adaptation difficulties in patients with schizophrenia. Schizophrenia is a neurodevelopmental disorder that begins at the end of adolescence but which could emerge in much earlier stages. The first psychotic episode that signs the beginning of the active phase of schizophrenia is usually preceded by a "prodromal phase" during which clinical signs are present at a sub-threshold level. Individuals experiencing these signs are considering as Ultra High Risk of psychosis (UHR). Self-disorders are well documented in schizophrenia, however very little is known regarding UHR subjects. The aim of this thesis is multiple: (i) to measure the impact of neurodevelopmental anomalies on autobiographical memory, (ii) to objectify autobiographical memory deficits in the prodromal phase, (iii) to evaluate all the self-components in order to investigate their interactions and the impact of developmental anomalies. We have conducted three studies. Our first study investigated the relationship between neurodevelopmental anomalies and autobiographical memory by comparing two neurodevelopmental disorders, one with late onset: schizophrenia and the other with early onset: autism spectrum disorders. Results revealed a pattern of similar performances between the two populations although the mechanisms responsible for autobiographical memory impairment do not appear the same. In our second study, we compared the autobiographical performances of patients with schizophrenia compared to those of UHR subjects. Our results highlighted a deficit of autobiographical memory as severe in UHR subjects as in patients with schizophrenia, thus revealing an impairment of this function upstream of the first psychotic episode. In line with these results, we conducted a third study. The aim was to situate the autobiographical memory in a wider context, the multi-componential Self, while integrating a developmental component. We developed and proposed a battery investigating different self-components, combined with the assessment of neurodevelopmental anomalies. This battery was administered in UHR subjects compared to patients with schizophrenia. Finally, our results reveal an impact of neurodevelopmental abnormalities on the different self-aspects, the relevance of investigating these different self-aspects within the same protocol and the presence of self-abnormalities already present in the UHR subjects, constituting potentially predictive marker of psychotic transition and improving the early detection of these subjects and the development of healthcare and reinsertion programs.

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