Relations entre potentiel intellectuel, anxiété et dépression chez l'enfant

par Solen Kermarrec

Thèse de doctorat en Sciences cognitives

Sous la direction de Sylvie Tordjman.

Soutenue le 22-11-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Cognition, comportements, conduites humaines (Boulogne-Billancourt) , en partenariat avec Université Paris Descartes (1970-2019) (établissement de préparation) et de Laboratoire Psychologie de la Perception / LPP - UMR 8242 (laboratoire) .

Le président du jury était Michel Botbol.

Le jury était composé de Sylvie Tordjman, Michel Botbol, Maud Besançon, Catherine Weismann-Arcache, Todd I. Lubart.

Les rapporteurs étaient Maud Besançon, Catherine Weismann-Arcache.


  • Résumé

    Les enfants et adolescents à haut potentiel intellectuel peuvent présenter des troubles psychologiques très variés, justifiant une prise en charge spécialisée dans un lieu de soin pédopsychiatrique. Parmi ces éventuels troubles, l’anxiété et la dépression sont des motifs fréquemment invoqués par les parents. Afin de mieux comprendre les caractéristiques et les spécificités des troubles anxieux et dépressifs dans la population des enfants et adolescents à haut potentiel, nous avons réalisé une revue de la littérature des études épidémiologiques menées sur l’anxiété et la dépression chez des enfants et adolescents à haut potentiel intellectuel. Les résultats sont variables et parfois même contradictoires. Des biais méthodologiques (absence de consensus dans la définition du haut potentiel intellectuel, biais d’évaluation des troubles anxieux ou dépressifs, faible taille des effectifs) peuvent expliquer, en partie, les résultats contradictoires observés. Nous avons ensuite mené une étude exploratoire avec pour objectif principal de comparer les troubles anxieux et dépressifs dans des groupes d’enfants avec ou sans haut potentiel intellectuel, en tentant de tenir compte de ces biais. Notre étude a donc été réalisée dans de larges cohortes d’enfants à haut potentiel intellectuel et non à haut potentiel intellectuel, à partir de différentes sources d’observation (évaluation parentale, auto-évaluation par l’enfant et évaluation pédopsychiatrique). Concernant les troubles anxieux, les résultats de l’étude 1 suggèrent que les enfants à haut potentiel global (QIT130) seraient plus anxieux que les enfants non à haut potentiel global (QIT<130) selon le diagnostic psychiatrique à la CIM-10 ou au DSM-5. Par ailleurs, selon l’auto-évaluation par l’enfant en utilisant le questionnaire R-CMAS, les enfants présentant un haut potentiel verbal (ICV130) se percevraient plus anxieux que les enfants ne présentant pas de haut potentiel verbal (ICV<130), alors que les enfants présentant un haut potentiel perceptif (IRP130) se percevraient moins anxieux que les enfants ne présentant pas de haut potentiel réceptif (IRP<130). Un ICV élevé aurait donc un effet négatif sur l’anxiété ressentie par l’enfant, alors qu’un IRP élevé aurait un effet protecteur de l’anxiété. Concernant les troubles dépressifs, les résultats de l’étude 2 montrent que, selon l’évaluation des parents, les enfants ayant un haut potentiel verbal (ICV130) présenteraient plus de trouble dépressif que les enfants ne présentant pas de haut potentiel verbal (ICV<130). Selon l’auto-évaluation par l’enfant en utilisant le questionnaire MDI-C, les enfants à haut potentiel global (QIT130), mais aussi les enfants à haut potentiel en mémoire de travail (IMT130) ou en vitesse de traitement (IVT130) se décriraient moins dépressifs au score total du MDI-C que les enfants non à haut potentiel. Enfin, les résultats de l’étude 3 sur les corrélations entre les scores au R-CMAS et au MDI-C viennent confirmer les effets protecteurs de l’IRP pour l’anxiété, ainsi que de l’IMT et IVT pour la dépression mis en évidence dans les études 1 et 2. Ces résultats devront être confirmés dans des études ultérieures qui rechercheront à mieux comprendre les mécanismes des effets protecteurs et négatifs de certaines dimensions et domaines intellectuels.

  • Titre traduit

    Relationship between child's intellectual potential, anxiety and depression


  • Résumé

    Gifted children and adolescents may present a wide range of psychological disorders, justifying specialized care in a child psychiatric care facility. Among these disorders, anxiety and depression are frequently cited by parents. To better understand the characteristics and specificities of anxiety and depressive disorders in the population of gifted children and adolescents, we have conducted a review of literature on epidemiological studies of anxiety and depression in gifted children and adolescents. There are some discrepant results. Methodological biases (lack of consensus in the definition of giftedness, bias of anxiety or depression assessment, small sample sizes) may explain, in part, the observed contradictory results. Then, we conducted an exploratory study with the main objective of comparing anxiety and depressive disorders in gifted and non gifted children and adolescents, trying to account for these biases. Our study has therefore been carried out in large samples of gifted children and non gifted children using different sources of observation (parental assessment, child self-assessment and child psychiatric assessment). Concerning anxiety disorders, the results of study 1 suggest that gifted children (Total IQ130) would be more anxious than non-gifted children (Total IQ <130) according to the ICD-10 and DSM-5 criteria. In addition, according to the child's self-assessment with R-CMAS, children with high verbal potential (VCI130) would perceive themselves to be more anxious than children with no high verbal potential (VCI<130), whereas children with high perceptual reasoning (PRI130) would perceive themselves to be less anxious than children with no high perceptual reasoning (PRI <130). High VCI would thus have a negative effect on anxiety perceived by the child, whereas high PRI would have a protective effect on anxiety. Concerning depressive disorders, the results of study 2 show that, according to the parents' assessment, children with high verbal potential (VCI130) would have more depressive disorder than children with no high verbal potential (VCI< 130). According to child self-assessment using MDI-C, gifted children (Total IQ130), but also children with high potential in working memory (WMI130) or in speed processing (PSI130), would describe themselves less depressive on the total score of MDI-C than non-gifted children. Finally, the results of study 3 analyzing the correlations between the R-CMAS and MDI-C scores confirm the protective effects of PRI on anxiety, and WMI or PSI on depression as highlighted in studies 1 and 2. Future studies are requested to confirm these results and to better understand the mechanisms of the protective and negative effects of certain intellectual dimensions and domains.

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