De l'hospitalisation à l'institutionnalisation des soins de longue durée dans le grand vieillissement : étude clinique, psychopathologique et projective du « travail de dépendance »

par Céline Racin

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Benoît Verdon.

Soutenue le 30-11-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Cognition, comportements, conduites humaines (Boulogne-Billancourt) , en partenariat avec Université Paris Descartes (1970-2019) (établissement de préparation) .

Le président du jury était Françoise Neau.

Le jury était composé de Benoît Verdon, Françoise Neau, Joëlle Lighezzolo, Jean-Marc Talpin, Marcela Gargiulo, Agata Zielinski.

Les rapporteurs étaient Joëlle Lighezzolo, Jean-Marc Talpin.


  • Résumé

    À partir d'une étude longitudinale menée auprès de 25 personnes hospitalisées en service gériatrique de soins de suite et de réadaptation, et revus quatre mois après leur sortie à leur domicile habituel ou en Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, cette thèse se propose d'explorer l'expérience sensible et singulière des hommes et des femmes qui rencontrent, sur le chemin du vieillissement et de la vieillesse, la nécessité de soins de longue durée, qui inscrit la perspective d'un devenir placé sous le signe de la dépendance. La signification subjective spécifique que revêt la dépendance pour les individus concernés est examinée à l'aune des travaux en psychologie clinique et psychopathologie orientés par les études psychanalytiques sur le vieillissement et sur le handicap. La thèse étudie leur valeur heuristique, en articulation avec les éthiques du care, pour dégager les fondements métapsychologiques de la problématique de dépendance et ses enjeux en termes de dispositifs thérapeutiques. La thèse revient notamment sur les ambiguïtés relatives à la notion d' « institutionnalisation » et propose une problématisation conceptuelle du travail psychique en situation de dépendance, appelé « travail de dépendance », à partir de laquelle est analysé le matériel clinique recueilli pendant le processus de recherche, sur la base d'entretiens cliniques, d'épreuves projectives (Rorschach et Thematic Apperception Test), d'une évaluation de la dépression et d'une évaluation des ressources cognitives. Il apparaît que le caractère de « crise » inhérent à ce moment de passage questionne les modalités de préparation à la sortie de l'hôpital, et notamment la fonction psychique assurée par le projet d'institutionnalisation. L'analyse des résultats montre combien l'investissement des objets du care relève chaque fois d'une véritable création personnelle, à laquelle le type d'organisation psychopathologique, l'intensité des problématiques de perte et de passivité, ainsi que le poids des opérations défensives mobilisées pour y faire face, confèrent une coloration singulière. De manière notable, le traitement de ces problématiques reste saisi dans une intrication des registres psychosexuel et anaclitique, qui dément l'idée selon laquelle l'acuité de la question narcissique abolirait sensiblement la conflictualité liée à la sexualité infantile. Se saisissant du contraste repéré entre la souffrance psychique amplement constatée chez les personnes rencontrées et l'absence, par ailleurs, de décompensation dépressive ou psychiatrique manifeste, la thèse questionne les ressorts subjectifs du consentement au projet d'institutionnalisation des soins de longue durée, et les écueils d'une mobilisation défensive, à visée anti-dépressive, susceptible de s'abîmer dans l'adaptation conformiste ou la (pseudo)normalité discrète. Il en ressort qu'une attention particulière doit être portée à la façon dont le processus de l'annonce du projet d'institutionnalisation est susceptible d'opérer sur la temporalisation nécessaire à l'appropriation subjective de l'expérience.

  • Titre traduit

    From hospitalisation to long-term care institutionalisation in the elderly : clinical, psychopathological and projective study of "dependency work"


  • Résumé

    This thesis analyses the singular experience of elderly men and women who face up to dependency and needs for long- term care supports or services. This analysis is based on a longitudinal study conducted with 25 men and women, hospitalised in geriatric units, and met again four months after the end of their hospitalisation, at home or in nursing home. The specific subjective meaning of dependency for the concerned subjects is examined from clinical psychology and psychopathology works, especially from psychoanalysis contributions on ageing and disability, related with ethics of care. This thesis draws out the meta-psychologic basis of the dependency issue and its stakes in terms of therapeutic settings. In particular, it comes back on the notion of "institutionalisation" and its ambiguities. It also proposes a conceptual problematisation of the psychic work mobilised in the dependency process, called "dependency work". This specific problematisation constitutes the analysis framework of the clinical data we collected for this thesis, on the basis of interviews, projective methods (Rorschach and Thematic Apperception Test), depression scale and cognitive assessment. It appears that the "crisis", that transition from hospital to long-term care may cause for elderly subjects, questions the way hospital discharge is prepared and particularly the psychic function performed by the institutionalisation project. The analysis of our results highlights how important is the involvement of a genuine singular process of creation in the adjustment of long-term care supports in the ageing; this process of creation depends on personality organisation, on the strength of loss and passivity issues, and on the quality of defence mechanisms. It is worth noting that the psychic reorganisations at work in these issues are based on the intertwining of psycho-sexual and anaclitic levels. Therefore, narcissistic crisis does not erase infantile sexuality conflicts in ageing. Besides, we clearly identify a contrast between the psychic suffering largely observed in our subjects and the absence of depressive or psychiatric decompensation. This contrast leads us to study the subjective motivations of elderly subjects to consent to long-term care institutionalisation, and the pitfalls of defensive mechanisms, mobilised against depression, which may trigger conformist adaptive or pseudo-normal responses. Consequently, an outcome of this thesis is that we have to pay special attention to the implications of the announcement process of long-term care project on the necessary temporalisation for elderly subject who experiments this situation to subjectively appropriate it.

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Informations

  • Sous le titre : De l'hospitalisation à l'institutionnalisation des soins de longue durée dans le grand vieillissement : étude clinique, psychopathologique et projective du « travail de dépendance »
  • Détails : 2 vol. (VI-532-XXXV, 129 p.)
  • Annexes : Bibliogr., 35 p.
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