L'intercompréhension entre langues distantes. Quelles pratiques ? Quelle formation ? Le cas d'une Haute école spécialisée bilingue en Suisse

par Dorothée Ayer

Thèse de doctorat en Didactique des langues et des cultures

Sous la direction de Valérie Spaëth.

Soutenue le 08-03-2017

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Équipe d'accueil Didactique des langues, des textes et des cultures (Paris) (laboratoire) .


  • Abstract

    Ce travail doctoral s’intéresse à la pratique de l’intercompréhension dans un contexte officiellement bilingue, à savoir une Haute école spécialisée en Suisse. Les langues utilisées dans les échanges entre membres de l’école (enseignants, étudiants, employés) sont l’allemand et le français, selon le principe du « chacun parle sa langue », calqué sur les pratiques de l’administration fédérale suisse. Les langues en présence sont distantes, par opposition aux langues proches ou voisines. Ce mode de communication nécessite de la part des participants des compétences réceptives dans la langue partenaire ainsi que des compétences communicationnelles pour interagir dans un contexte bilingue.Cette étude se donne comme objectif de comprendre comment les participants à une réunion bilingue choisissent la/les langue(s) pour communiquer. La question est de savoir si le principe de s’exprimer chacun dans sa langue est respecté ou si une langue domine les échanges. Le cas échéant, divers paramètres influencent le choix de la langue. Des réunions de cette école ont été enregistrées de manière à observer la répartition de l’utilisation des langues en contexte de communication professionnelle. Ce corpus de réunions a été complété par des entretiens semi-directifs, menés auprès de membres de l’école.L’institution propose des cursus en allemand et en français et par là, encourage le bilinguisme des étudiants. La communication bilingue fait également l’objet d’un enseignement dans le cadre d’un cours de langue bilingue, réunissant des étudiants francophones et germanophones. À l’inverse de la pratique de l’intercompréhension, les apprenants s’expriment dans la langue cible. Un tel cours soulève des questions quant à l’approche adoptée par les enseignants pour favoriser l’apprentissage et quant aux stratégies de communication développées par les étudiants. La portée de ce cours observé sur trois années, a été étudiée grâce aux documents de cours, à des enregistrements effectués par les étudiants et les textes réflexifs de ceux-ci.Afin d’assurer le succès de la communication dans ce contexte bilingue, les interlocuteurs, natifs et non-natifs, adaptent leur discours et mettent en place des stratégies, tout en puisant dans leur répertoire plurilingue, que ce soit en contexte professionnel ou en contexte d’apprentissage.

  • Alternative Title

    Intercomprehension between distant languages. What practicies, what training? The case of a bilingual university of applied sciences in Switzerland


  • Résumé

    This doctoral research is interested in the practice of intercomprehension in an officially bilingual context: a department of a university of applied sciences in Switzerland. The languages used in exchanges between members of the school (lecturers, students, employees) are German and French, according to the ‘each speaks their own language’ principle, based on the practices of the Swiss federal administration. Languages in presence are distant, in contrast with the languages from the same family. This communication mode requires from the participants receptive skills in the other language as well as general communicative competence to interact in a bilingual context.The objective of this study is to understand how the participants in a bilingual meeting choose the language(s) in which to communicate. The question is whether the ‘each speaks their own language’ principle is respected or if one language dominates the meetings. In this case, various parameters influence the choice of the language. Several meetings at this department were recorded in order to observe the distribution of languages used in a professional communication context. This corpus of meetings was supplemented by semi-structured interviews with members of the department.The institution offers degree programmes in German and in French and in that way encourages bilingualism in the students. Furthermore, bilingual communication is also the objective in a bilingual language module, uniting French- and German-speaking students, in which, contrary to the practice of intercomprehension, learners expresses themselves in the target language. Such a module questions the pedagogic approach adopted by lecturers and the communication strategies developed by students. The impact of this module, observed over three years, was studied using module documents, audio-visual recordings of student performance and reflexive texts written by the students. To ensure the success of communication in this bilingual context, the interlocutors, both native and non-native speakers, adapt their speech and use strategies, while mining their multilingual repertoire, in professional or educational contexts.


  • Résumé

    Diese Doktorarbeit untersucht die Praxis der Interkomprehension im offiziell zweisprachigen Kontext einer Schweizer Fachhochschule. Die von den Lehrpersonen, Studierenden und Mitarbeitenden verwendeten Sprachen sind Deutsch und Französisch. Sie werden nach dem Prinzip "jeder und jede spricht die eigene Sprache" angewendet, analog zur Praxis in der Schweizer Bundesverwaltung. Deutsch (germanische Sprache) und Französisch (romanische Sprache) stammen nicht aus dem gleichen Zweig der indogermanischen Sprachfamilie und sind folglich nicht nah verwandt. Diese Art zu kommunizieren verlangt von den Teilnehmenden deshalb ausgeprägte rezeptive Kompetenzen in der Partnersprache sowie auch kommunikative Kompetenzen, um in diesem zweisprachigen Kontext interagieren zu können.Diese Studie hat zum Ziel zu verstehen, wie die Teilnehmenden an einer zweisprachigen Sitzung ihre Sprache(n) wählen, um zu kommunizieren. Es soll aufgezeigt werden, ob das Prinzip "jeder und jede in der eigenen Sprache" respektiert wird oder ob eine Sprache den Austausch beherrscht. Verschiedene Parameter beeinflussen hier die Sprachwahl. Um die Verteilung der Sprachverwendung im beruflichen Kontext zu untersuchen, wurden Sitzungen aufgezeichnet. Dieser Korpus wurde mit Leitfadeninterviews ergänzt, die mit Mitarbeitenden der Fachhochschule geführt wurden. Die Schule führt Sprachkurse in Deutsch und Französisch durch und fördert so die Zweisprachigkeit der Studierenden. Die zweisprachige Kommunikation wird auch im Rahmen eines zweisprachigen Sprachkurses mit deutsch- und französischsprachigen Studierenden vermittelt. Im Gegensatz zur Praxis der Interkomprehension drücken sich die Lernenden hier aber in der Zielsprache aus. Bei so einem Kurs interessieren einerseits die von den Lehrpersonen verwendeten Methoden und andererseits die von den Studierenden entwickelten Kommunikationsstrategien. Die Wirkung dieses Kurses wurde über drei Jahre hinweg mit Hilfe der Kursunterlagen, von Audioaufnahmen und Lernreflexionstexten der Studierenden untersucht. Um in diesem zweisprachigen Kontext erfolgreich zu kommunizieren, passen die Sprechenden, ob Muttersprachler oder nicht, ihren Diskurs an. Sie legen sich Strategien zurecht und schöpfen aus ihrem mehrsprachigen Repertoire, sei es nun im beruflichen oder im Lernkontext.



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