La monnaie et son association avec les biens réels : théories et projets de réforme bancaire

par Jonathan Massonnet

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Jean-Luc Bailly et de Sergio Rossi.

Le président du jury était Alvaro Cencini.

Le jury était composé de Jean-Michel Servet, Dominique Torre.

Les rapporteurs étaient Alvaro Cencini, Xavier Bradley.


  • Résumé

    Le problème de l’association de la monnaie et des biens réels n’est toujours pas résolu dans la littérature instituée, qui reste marquée par une dichotomie de la sphère monétaire et de la sphère réelle. La monnaie y est habituellement considérée comme une grandeur marchande, une entité extra-économique ou le résultat d’une génération spontanée de la part du système bancaire. Elle serait alors échangée contre des biens réels ou des actifs financiers, ce qui interdit formellement de saisir l’idiosyncrasie qui permettrait de la déterminer dans un modèle. Déterminer la monnaie requiert alors de remonter à la production des biens réels, quand le paiement des salaires témoigne de l’union d’une monnaie-forme et d’un produit-fond. Dans ce cadre, la monnaie est un flux circulaire instantané (une grandeur positive et négative à la fois), que la banque émet sur demande des entreprises, et dans laquelle se loge le produit. Les travailleurs reçoivent ainsi le produit de leur travail sous une forme monétaire, l’association de la monnaie et des biens réels se traduisant par le revenu, qui restitue le pouvoir d’achat de la monnaie et la mesure économique. La valeur étant une relation entre la monnaie et les biens réels, elle est créée par le paiement des salaires et détruite à l’occasion de la dépense de consommation. Développée à l’origine par Bernard Schmitt, la théorie des émissions est le point fixe à partir duquel relire de manière critique les analyses classique, néoclassique, circuitiste et postkeynésienne. L’analyse classique distingue le concept de monnaie des supports monétaires, mais reste minée par une conception physique de la valeur, qui l’empêche de rapporter correctement le circuit. Cet échec est aussi celui de l’analyse circuitiste, qui pèche par une lecture physique du circuit et confère aux banques une capacité de création métaphysique. L’analyse néoclassique ne parvient pas à intégrer la monnaie à la théorie de la valeur-utilité en considérant la monnaie comme une grandeur nette, dont la valeur est déterminée par l’échange. De façon apparentée, l’analyse postkeynésienne prône, malgré le principe de la demande effective, une conception patrimoniale de la monnaie, qui laisse l’offre globale et la demande globale indéterminées. S’interdisant d’associer la monnaie et les biens réels formellement, l’ensemble de ces analyses laisse la valeur de la monnaie et la mesure économique inexpliquées, tout en étant miné par un principe conservatif, qui interdit de restituer l’augmentation de la richesse sociale. L’association de la monnaie et des biens réels doit finalement se retranscrire dans la réalité, par une réforme adaptée des structures bancaires, qui détonne ici des stratégies de ciblage monétaire et de ciblage d’inflation, du Bank Charter Act, du Plan for the Establishment of a National Bank de David Ricardo, des plans de couverture intégrale, ainsi que des propositions de libéralisation monétaire (à la Friedrich Hayek notamment).

  • Titre traduit

    Money and its association with real goods : theories and banking reform plans


  • Résumé

    The problem of the association of money with real goods is still unsolved in the established literature, which remains affected by a dichotomy between the monetary and the real sectors. Money is traditionally seen as a commodity, an extra-economic entity, or the result of a spontaneous creation of the banking system. It is notably considered as if it were a positive magnitude, which prevents understanding the peculiarity of money that would allow it to be integrated in an economic model. Integrating money in economic theory requires taking into account production, when the payment of wages associates money as a numerical form with real goods. In this framework, money is issued by banks as an instantaneous flow (a positive and a negative magnitude at the same time), which is demanded by firms for the monetization of production. Wage earners receive the product of their labour in a monetary form, the association of money with real goods giving rise to income, which provides value to money and the homogeneity of real goods. Since value is a relation between money and real goods, it is created by the payment of wages and destroyed by consumers’ spending. Originally developed by Bernard Schmitt, the theory of money emissions is the starting point for a critical analysis of Classical, Neoclassical, and Post-Keynesian theories, as well as for the theories of monetary circulation. Classical theory distinguishes between the concept of money and the things in which money is reified, but remains undermined by a physical view of value, which leaves the monetary circuit indeterminate. This failure is also present in the theories of monetary circulation, which have a physical view of the monetary circuit and give banks the metaphysical power of creating value out of nothing. By considering money as a net quantity whose value is seen as a relative price, neoclassical theory fails to integrate money within the theory of value. Post-Keynesian theory, despite the principle of effective demand, retains a net-asset-view of money, which leaves global supply and global demand indeterminate. By ignoring the association of money with real goods, these different theories leave the value of money and the measure in economics unexplained and are undermined by a conservation principle, which logically prevents the explanation of the net increase of national wealth. The association of money with real goods is finally translated in the realm of economic policy through a coherent reform of the banking system, which clashes with the Bank Charter Act, the Plan for the Establishment of a National Bank (by David Ricardo), full-reserve banking, as well as the proposal for monetary liberalization.

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Informations

  • Sous le titre : La monnaie et son association avec les biens réels : théories et projets de réforme bancaire
  • Détails : 1 vol. (437 p.)
  • Notes : Thèse soutenue en co-tutelle.
  • Annexes : Bibliographie p. 416-437
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