Infection du donneur par le CMV et transplantation rénale : impact sur la réponse immunitaire spécifique et sur la survie des greffons

par Philippe Gatault

Thèse de doctorat en Sciences de la Vie et de la Santé

Sous la direction de Christophe Baron.

Soutenue le 31-01-2017

à Tours , dans le cadre de École doctorale Santé, Sciences Biologiques et Chimie du Vivant (Centre-Val de Loire) , en partenariat avec SST/12/EA 4245 - CDG - Cellules dendritiques et greffes (équipe de recherche) .

Le président du jury était Matthias Büchler.

Le jury était composé de Catherine Gaudy-Graffin, Lionel Couzi.

Les rapporteurs étaient Alain Le Moine, Dany Anglicheau.


  • Résumé

    Introduction : l’infection par le cytomégalovirus (CMV) humain est la plus fréquente des infections après greffe d'organe. Des effets indirects à long terme sont fortement suspectés mais restent encore largement incompris. Notre travail de thèse s’est intéressé à mieux comprendre les conséquences de l’infection du donneur par le CMV sur la réponse immunitaire du receveur et sur le devenir de son greffon. Résultat : nous avons initialement rapporté que l'infection du donneur (D+) par le CMV est un facteur de risque indépendant de perte de fonction du greffon rénal particulièrement si le receveur est également séropositif avant la greffe (D+R+ comparé aux D+R-). Le risque est fortement majoré en cas de mésappariement complet en HLA de classe I entre le receveur et son donneur. Puis nous avons analysé le rôle du greffon infecté dans le développement de la réponse lymphocytaire anti-CMV. Nous avons rapporté pour la première fois que la superinfection CMV entraine une augmentation du nombre de LT CD8 répondeurs spécifiques du CMV à distance de la transplantation, à condition que le donneur et le receveur partagent des identités HLA-I. De plus nous avons montré chez le sujet D+R- que l'expansion des lymphocytes T CD8 anti CMV restreints par le HLA-A2 nécessite l'expression de ce HLA par le donneur. Ces résultats ensemble indiquent le rôle des cellules du donneur dans l’inflation des LT CD8 anti-CMV à distance de la greffe. Dans un troisième travail, nous avons montré qu’un polymorphisme du gène de Programmed Cell Death 1 (PD-1.3) influe sur la survie des greffons rénaux et pulmonaires D+, les patients porteurs de l’allèle variant A ayant un meilleur pronostic que les patients homozygotes GG. Nos données indiquent aussi que les patients homozygotes AA ont un plus grand nombre de lymphocytes anti-CMV producteurs d'IFN-ɣ, suggérant que ce polymorphisme pourrait être associé à une dysfonction de la réponse immunitaire spécifique anti-CMV. Conclusion : ensemble ces données suggèrent pour la première fois que la qualité de la réponse lymphocytaire cytotoxique anti-CMV pourrait être importante pour contrôler la réplication virale dans le greffon et les lésions induites par cette dernière. Ainsi nous proposons deux mécanismes à l’origine du développement des lésions liées à l'infection à CMV dans le rein: défaut de reconnaissance des cellules allogéniques infectées en cas de mésappariement complet en HLA de classe I et une dysfonction LT CD8 anti-CMV.

  • Titre traduit

    Donor CMV infection and solid organ transplantation : impact on CMV specific immune response and graft survival


  • Résumé

    Background: cytomegalovirus (CMV) is the leading cause of viral infection after solid organ transplantation. Despite a large body of literature, the effects of chronic cytomegalovirus (CMV) infection on graft outcome remain controversial.Results: we first reported that donor CMV infection (D+) was an independent risk factor of kidney graft loss, especially in pretransplant infected recipients (R+). In addition, we observed that full HLA-I mismatching was an important determinant of this risk. In a second study, we focused on effect of donor CMV infection on anti-CMV specific immune response. We reported that CMV superinfection greatly increased the number of anti-CMV IFN-ɣ-producing T cells, provided that donor and recipient shared at least one HLA-I identity. Then in D+R- HLA-A2-expressing recipients, we compared the number of anti-CMVpp65 CD8+T cells restricted by HLA-A2 depending on whether the donor expressed or not HLA-A2. Patients who received non-HLA-A2 kidneys developed very few anti-CMVpp65 T-cells restricted by HLA-A2 as compared to those who received an HLA-A2-expressing kidney. This result indicated that presentation of CMV peptides by donor cells was crucial to stimulate the expansion of pp65-specific memory CD8 T cells. Finally, we established that a SNP in the Programmed Cell Death 1 gene (PD-1.3) influenced D+ kidney and lung transplants survival, while it was also associated with the level of anti-CMV specific T-cell response. Conclusion: taken together, these data suggest that anti-CMV specific immune response is pivotal to control infection within the graft and prevent subsequent organ damages. We propose two mechanisms to explain effect of donor CMV infection on graft outcome: (1) inability of anti-CMV CD8 T cells to recognize donor-infected cells in case of full HLA-I mismatching, (2) dysfunction of anti-CMV CD8 T cells after transplantation in some patients, highlighted by our genetic study.


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