Ethnographie des pratiques numériques des personnes à la rue

par Marianne Trainoir

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Pascal Plantard et de Bertrand Bergier.

Soutenue le 18-12-2017

à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Éducation, langages, interactions, cognition, clinique (Nantes) , en partenariat avec Université Bretagne Loire (COMUE) et de Centre de Recherche sur l'Education, les apprentissages et la didactique (laboratoire) .

Le président du jury était Marc-Henry Soulet.

Le jury était composé de Laurence Arenou, Julie Denouel.

Les rapporteurs étaient Thierry Piot, Francis Jauréguiberry.


  • Résumé

    La question « SDF » est étudiée au sein de deux paradigmes : l’approche critique qui insiste sur les phénomènes de domination sociale et l’approche interactionniste qui souligne les adaptations successives que les individus mettent en oeuvre. Ces adaptations sont étudiées à travers des situations particulières dans lesquelles l’identité de sansdomicilese construit et une carrière se dessine. Cette carrière est abordée soit comme une carrière de désocialisation dont la clochardisation constitue l’horizon, soit comme une carrière de survie dont le maintien de soi forme la perspective quotidienne et biographique. Dans ce cadre, les travaux menés sur les questions de la « sortie » et du « chez soi »ouvrent la voie à une approche renouvelée du maintien de soi au-delà de la gestion de la « face » en situation. C’est dans cette perspective que s’inscrit notre ethnographie des pratiques numériques comme supports pratiques du maintiende soi. L’expérience de l’errance est traversée par un certain nombre d’épreuves rassemblées dans une lutte pour le maintien de soi. Ainsi, le maintien de soi est à la fois une préoccupation quotidienne et une question biographique englobant les temporalités passées, présentes et futures. Il se travaille dans le quotidien de la survie mais aussi dans le travail de mémoire, de présentation, d’expérimentation et de projection de soi. Si la lutte contre la déprise est un travail essentiellement invisible, les pratiques numériques, observées dans l’écologie de l’activité, offrent une entrée pourl’observation et l’analyse. Ainsi, les pratiques numériques supportent, dans le quotidien de la survie, les démarches d’accès aux droits et la négociation de marges d’autonomie. Elles sont également un support des sociabilités familiales etamicales. Les pratiques numériques, à l’interface entre le privé et le public permettent aux personnes à la rue de s’aménager des temps et des espaces pour se soucier d’elles-mêmes. Enfin, notre recherche montre que les pratiques numériques constituent un support ambivalent, tantôt habilitant, tantôt disqualifiant. En effet, le support ne s’actualise pas nécessairement positivement et peut, au contraire, se retouner contre le sujet, alimentant l’émiettement identitaire et renforçant les sentiments de solitude et d’indignité.

  • Titre traduit

    Ethnography of the digital practices of the people in the street


  • Résumé

    Homelessness is studied within two paradigms: the critical approach, which emphasizes the phenomena of social domination and the interactionist approach that underlines the successive adaptations that individuals implement. Those adaptations are studied through particular situations within which the "homeless" identity is built and a career takes shape. That career is looked at either as a un-socialization career or as a survival career in which self-preservation forms a daily and biographical perspective. In this context, working on issues such as "Getting off the streets" and "Home" paves the way for a renewed approach to self-preservation beyond situational facework. In this perspective, our ethnography of digital practices forms a practical support for self-preservation. Our fieldwork within social support structures shows that all the people surveyed, despite their heterogeneity, experience wandering as an intimate and social experience, and as a form of extreme precariousness which is lived between street and assistance, and marked by a self-weakening and an alteration of the capacity to look to the future. This experience is punctuated by many trials, gathered in a struggle for self-preservation. Self-preservation is then both a daily concern and a biographical question encompassing past, present and future temporalities. It is a work in the daily reality of survival but also through a memory work, selfpresentation, self-experimentation and self-projection. If the struggle against disengagement is almost invisible, digital practices offer a new approach for observation and analysis. Digital uses make it possible to access to rights and margins of autonomy. They also support friendship and family links. Between private and public life, digital uses allow homeless people to set up times and spaces to care about themselves. Eventually, our study also shows that digital uses create an ambivalent form of support: sometimes enabling, sometimes disqualifying. Indeed, it can turn against the subject, feeding identity crumbling and strengthening the solitude and unworthiness feelings


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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2017 par Université Rennes 2 [diffusion/distribution] à Rennes

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Informations

  • Sous le titre : Ethnographie des pratiques numériques des personnes à la rue
  • Détails : 1 vol. (411 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 367-394. Annexes. Liste des entretiens. Table des figures
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