Le tanji coréen-modèles et métamorphoses d'un défi urbain

par Haeju Kwon

Thèse de doctorat en Architecture

Soutenue le 10-03-2017

à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2015-....) , en partenariat avec Institut parisien de recherche Architecture, urbanistique, société (laboratoire) et de Institut parisien de recherche Architecture, urbanistique, société (laboratoire) .

Le président du jury était Catherine Maumi.

Le jury était composé de Κριστιάν Πεντελαχόρ ντε Λοντίς, Marie-Hélène Fabre, Nathalie Lancret, Christian Moley.

Les rapporteurs étaient Rémi Papillault.


  • Résumé

    Le tanji est d'abord construit sur des terrains vagues, pour ensuite servir au réaménagement du territoire : il remplace brutalement le modèle de l’habitation basse. La structure urbaine existante perd ainsi l’occasion d’évoluer de façon séquentielle et logique et finit par disparaître. Développés comme outils de modernisation du logement, les tanji interrompent ainsi la modernisation de la structure urbaine.Or, cette étude essaye de réévaluer la structure urbaine des quartiers d’habitations basses et de trouver le moyen d’y intégrer le tanji. Cela suppose que ce dernier change, et ce changement a sans doute déjà commencé, car on voit apparaître de petits tanji parmi les habitations basses. L’échelle de ce nouveau modèle correspond mieux à la structure existante. Cependant, le petit tanji fonctionne lui aussi comme un système fermé, et le problème de la circulation entre les deux types de logements existants persiste. Dans un tel contexte, le golmok, une ruelle piétonne encore présente dans le tissu urbain existant, apparait comme un espace intermédiaire susceptible d’améliorer le flux urbain.Ainsi, dans la première partie, la question principale est de comprendre comment le tanji est devenu un modèle de logement représentatif de la classe moyenne. Celle-ci a quitté les quartiers d’habitations basses pour les tanji, y laissant les classes populaires et défavorisées, et causant une ségrégation sociale manifeste. Dans les quartiers d’habitations basses, faute de capital, les petites maisons particulières sont transformées illégalement en petits logements collectifs de rapport ; l’infrastructure n’y est pas non plus réaménagée. En parallèle, le modèle de l’habitation basse n'évolue pas de manière spontanée pour autant.La deuxième partie cherche à déterminer comment faire évoluer la structure urbaine et quelle est la potentialité du tissu urbain d’habitations basses face au tanji. En fait, depuis le début du 20e siècle, la modernisation du tissu urbain a été réalisée selon l’ancien modèle japonais de composition des îlots, et répond difficilement aux enjeux de la ville actuelle : les rues sont très étroites, les parcelles très réduites, et les logements petits et modestes. Il en résulte une dépréciation naturelle de leur valeur immobilière et un frein à leur évolution spontanée. Dans cet environnement, le golmok représente un espace potentiel grâce auquel ces habitations basses possèdent encore certaine valeur.Dans la troisième partie, la question est de définir si le tanji peut s’intégrer dans la structure urbaine. L’insertion de petits tanji au milieu des habitations basses présente de vraies possibilités de communiquer avec le voisinage et d’ouvrir le tanji. En fait, le grand tanji est considéré comme un plan d’urbanisme qui aménage le quartier et même la ville. Mais, le petit tanji peut devenir un simple modèle de logements, libérant les barres et les tours enfermées dans le tanji et les réintégrant dans la ville. Si, par ailleurs, le tanji ouvert bénéficie du flux des golmok, le tissu urbain évoluera vers un modèle d’îlot ouvert à la coréenne.Finalement, plus la ville est dense, plus il faut l’ouvrir. Pour une véritable urbanisation, il est nécessaire de dégager plus d’espaces intermédiaires, ce qui conduit à la problématique centrale de cette thèse : comment restructurer le tanji ?

  • Titre traduit

    The korean tanji-models and transformations of the urban challenge


  • Résumé

    During urbanization, it is essential to develop a model of collective housing that adapts to the urban structure. Such a model can be applied easily and abundantly, and can thus respond to population growth. However, today in Seoul one can find a refutation: a large apartment complex called tanji. Although it is a heterogeneous element in the urban structure, it is considered successful: thus it is extensively applied in the city. Despite being isolated from its neighborhood, it works by creating its own independent environment. At the perimeter of the tanji, a sudden urban discontinuity appears. Concerning the evolution of the urban structure, it is not a successful model. Moreover, it has standardized the life of the individual, making Seoul’s urban landscape monotonous.At first, the tanji is built in vacant land, and subsequently it is utilized for the redevelopment of all other problematic urban fabrics. The urban structure thus cannot evolve sequentially and logically, and finally disappears. This process is also brutal, ignoring the lives of original inhabitants. Nonetheless, this process is repeated because there is no multiple dwelling-house model that corresponds well to low-rise housing. In other words, there is no motor for the spontaneous evolution of this urban fabric. Thus, the success of the tanji is partially due to the defects of the existing urban structure. Indeed, as a tool for modernizing housing, tanjis finally interrupt the modernization of the urban structure.Thus, this study reassesses the urban structure of low dwellings, and seeks a way to integrate the tanji into this. Change is now beginning: small tanjis appear in the low-rise residential area. But since tanjis belongs to a closed system, there is no real flow between the areas: in the existing urban fabric, pedestrian alleys (golmoks) act as intermediate space.Thus, the first part asks “How can the tanji become a successful model?” As the principal housing of the middle class, it will separate them from the underprivileged, who remain in lower housing. If capital is not invested, small houses are transformed illegally into small collective housing for rent. Nor is the infrastructure being redesigned. Thus, the low dwellings cannot evolve spontaneously.The second part asks, “Is it possible to develop logically the urban structure instead of the simple replacement by tanji?” and “What is the potentiality of the urban fabric of low dwellings as an alternative to the tanji?” In fact, the modernization of the urban fabric continued throughout the 20th century, influenced by the old Japanese model for urban blocks, which cannot meet today's demands, thus causing declining real estate values. Spontaneous evolution is thus difficult, yet the golmok is a potential space that gives these low dwellings a certain value.The third part asks, “Can the tanji fit into the urban structure?” This begins with the appearance of small tanjis, so that those among lower housing can communicate better with their neighborhood. In fact, big tanjis are considered rather as town plans that develop the neighborhood and even the city. Small tanjis can become a simple type of housing, as apartment blocks enclosed in the tanji can be freed and reintegrated into the city. In addition, open tanji can bring the flow of golmoks, thus evolving toward Korean-style open blocks.Eventually, intensive urbanization requires more intermediate space. Finally, the central problem is now how to respatialize the tanji.Keywords : History and formation of city – Seoul Metropolitan – Urban morphology and urban tissue – Urban landscape – Collective housing : Tanji – Gated community – Intermediate space


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