La résilience dans l’humanitaire, un concept pour penser autrement la gouvernance des catastrophes socio-climatiques

par Camille Raillon

Thèse de doctorat en Sciences Politiques

Sous la direction de Yves Palau.

Soutenue le 24-04-2017

à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Organisations, marchés, institutions (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Laboratoire Interdisciplinaire d'étude du Politique Hannah Arendt (Créteil) (laboratoire) et de Laboratoire Interdisciplinaire d'Etude du Politique Hannah Arendt Paris-Est (laboratoire) .

Le président du jury était François Mabille.

Le jury était composé de Yves Palau.

Les rapporteurs étaient Hélène Tessier, Benoît Lallau.


  • Résumé

    La resilience dans l’humanitaire. Un concept pour penser autrement la gouvernance des catastrophes socio-climatiques. Le concept de resilience integre l’espace humanitaire au debut du XXIe siecle. Il a pour point de depart l’ambition affichee par les ONG d'ameliorer l’impact de leurs activites sur les populations les plus vulnerables. Si le concept de resilience est ne dans les sciences physiques, son integration au milieu du XXe siecle dans de multiples domaines de recherche : environnement, economie, psychologie et politique, le dote aujourd’hui de diverses interpretations et definitions. Au travers de ses racines multiples, cette integration est, par deduction, limitée par la complexite a trouver une definition, des indicateurs et une methodologie satisfaisante permettant de mesurer et donc d’ameliorer l’aide apportee aux victimes. En nous focalisant sur la gestion des catastrophes socio-climatiques, a savoir celles liees aux activites humaines sur les ecosystemes et aux phenomenes climatiques extremes, nous avons fait le choix d’interroger le sens et la portee de ce concept dans l’humanitaire. En d’autres termes, aux cote;s de ses aspects theoriques, comment apprehender la resilience pour penser autrement la gouvernance des catastrophes socio-climatiques ?Notre etude en 2014 sur l’evolution des trajectoires de vie de 144 foyers dans le Delta des Sundarbans au sud du Bangladesh, met en lumiere une typologie de ces differentes capacites, suite aux cyclones Sidr 2007 et Aila 2009. Par ailleurs, nos resultats avancent l’idee que, si la resilience est une capacite endogene, elle interagit avec deux autres termes complementaires et polemiques qui ont integre l’espace humanitaire entre le milieu et la fin du XXe siecle : la vulnerabilite et l’adaptation des societes. Nous soutenons que, si ces trois termes sont dissociables et parfois meme contradictoires, leur chevauchement permet une analyse plus fine des capacites des foyers au sein des collectivites et des services ecosystemiques locaux. Ce qui nous permet de mettre en avant que le concept de resilience s’apprehende dans l’humanitaire comme une notion integratrice vulnerabilite, resilience et adaptation au service d’une approche systemique de la gouvernance des catastrophes.Nous defendons que la resilience puisse aussi etre apprehendee comme une approche systemique qui bouscule le modele humanitaire, puisqu’il ne s’agit plus seulement pour repondre aux catastrophes de s’inspirer du modele classique urgence, rehabilitation et developpement mais bien de gerer tout au long du cycle d’un projet la confusion et les perceptions contradictoires de la crise et des risques. L’integration de la resilience concourt ainsi a; une modelisation de l’aide basee sur les aspects fonctionnels, structurels et operationnels de l’organisation avec une vision plus integree des systemes socio- ecologiques, a savoir la capacite des foyers a rebondir couplee a celle des services ecosystemiques locaux.Au travers des multiples polemiques qui traversent l’idee de resilience, nous assistons, si ce n’est a un bouleversement profond du paradigme humanitaire, a un enrichissement de la pensee sur la gouvernance des catastrophes et sur les modeles de l’aide qui les accompagnent. Des lors, nous posons notre question de recherche, en quoi le concept de resilience s’apprehende dans l’humanitaire a une approche systemique et a des modeles complementaires de l’aide integres dans la relation durable societe-environnement ?

  • Titre traduit

    Resilience and humanitarian aid.A concept to think in a different way the governance of the disasters


  • Résumé

    Resilience in humanitarian. A concept to think differently about the governance of socio-climate disasters.The concept of resilience integrates the humanitarian space in the early 21st century. Its starting point is the ambition of the NGOs to improve the impact of their activities on the most vulnerables populations. If the concept of resilience was born in the physical sciences, its integration in the mid 20th century in multiple research areas: environment, economy, psychology and politics, endows it today with various interpretations and definitions. Through its multiple roots, this integration is by deduction, limited by the complexity to find a definition, indicators and adequate methodology to measure and therefore improve assistance to victims. By focusing on managing socio-climate disasters, namely those related to human activities on ecosystems and extreme climate events, we have chosen to question the meaning and scope of this concept in humanitarian. In other words, the side of its theoretical aspects, how to understand resilience to think differently about the governance of socio-climate disasters?We put forward the idea that resilience is a concept. In the sense that resilience is a general idea that helps to organize knowledge on multiple and complex rebounds capacity of an entity following a shock. Our study in 2014 on the evolution of life histories of 144 homes in the Delta of the Sundarbans in Southern Bangladesh highlights a typology of different capacities following the cyclones Sidr 2007 and Aila 2009. Furthermore, our results argue the idea that if resilience is an endogenous capacity, it interacts with two additional terms and controversies that have integrated the humanitarian space between the middle and late 20th century: the vulnerability and adaptation of societies. We argue that if these three terms are severable and sometimes contradictory, their overlapping enables a more detailed analysis of issues and local socio-ecological dynamics. This allows us to point out our first hypothesis: the concept of resilience is apprehended in humanitarian as an integrating concept serving a systemic approach to disasters governance.Finally, we defend that resilience can also be seen as a systemic approach that challenges the humanitarian model. Since it is not only taking inspiration from the classical model like planning, development, and quality control to answer to disasters, but to be able to model the confusion and conflicting perceptions of the crisis and risks. The integration of resilience contributes to a modeling aid, based on functional, structural and historical aspects of the organization with a more integrated vision of the socio-ecological systems.Through many controversies that cross the idea of resilience, we are witnessing, if this is not a profound change of paradigm in humanitarian, to an enrichment of the thought on governance of disasters, and the models of helps that goes with them. Therefore we ask our research question, how the concept of resilience is apprehended in humanitarian to a systemic approach and innovative models of assistance that emphasize an integrated relationship society-environment?


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Communautés d’Universités et d'Etablissements Université Paris-Est. Bibliothèque universitaire.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.